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Billet de blog 1 février 2025

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Seconde lettre ouverte à Enzo Traverso

Tu n’as pas répondu à la première lettre ouverte que je t’avais envoyée le 15 novembre 2023, soit quelques semaines après le pogrom islamiste en terre d’Israël. Ce que je regrette vivement.

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Cher ami,

Tu n’as pas répondu à la première lettre ouverte que je t’avais envoyée le 15 novembre 2023[1], soit quelques semaines après le pogrom islamiste en terre d’Israël. Ce que je regrette vivement. Peut-être n’avais-tu pas trouvé le temps pour cela. Tes occupations professionnelles et les manifestations quotidiennes contre Israël, à l’Université Cornell, sise aux États-Unis, État de New York, t’ont sans doute empêché de me répondre. Depuis cette date, tu as eu par contre tout le temps de rédiger ton récent ouvrage, intitulé Gaza devant l’histoire publié chez Lux éditions, octobre 2024. Sa parution laisse supposer que le sujet que tu avais traité dans l’entretien accordé à Médiapart (le 5 novembre 2023), continue de t’intéresser. Il te poursuit, dirais-je. Tu y réitères en effet des positions que tu avais défendues lors de l’entretien avec Médiapart, cette fois-ci en les approfondissant.

Je ne m’empêcherai donc pas de t’envoyer ce second courrier puisque, précisément, tu reviens toi-même à ce sujet.

Dans ce nouvel ouvrage, tu avoues avec honnêteté ton incompétence et ton manque de connaissance de la réalité. « Je ne suis pas un spécialiste du Moyen-Orient, du conflit israélo-arabe ou de la Palestine. Je n’ai pas la prétention d’analyser cette guerre, d’en décrire les acteurs, les perspectives et la dimension géopolitique » (p. 10). Tu as parfaitement raison. Tes raisonnements indiquent que tu connais assez mal l’histoire d’Israël et la réalité de ce pays aujourd’hui. Pour autant, tu écris et donc produis, de nombreuses erreurs d’analyses que, si cela peut te rassurer, tu partages avec quelques autres mouvement et groupe politiques : les Insoumis, les Npa(s)…, beaucoup d’universitaires et ce qu’on appelle encore, abusivement, des intellectuels.

Dans ton livre, tu cites les noms de nombreux auteurs (essayistes, journalistes, universitaires…) : Gilbert Achcar, Benjamin Barthe, Sylvain Cypel, Didier Fassin, Jean-Pierre Filiu, Ilan Halevi, Nicole Lapierre, Nonna Meyer et bien d’autres encore. On connait la plupart d’entre eux pour ne pas beaucoup apprécier Israël, l’existence même d’Israël. Es-tu allé voir du côté de vrais historiens, je pense ici à Georges Bensoussan et Nathan Weinstock (ancien membre de la IVe Internationale) que tu ne cites pas ? Cela t’aurait évité d’enfiler tant de perles historiques et la diffusion, entre autres, de l’origine faussée de la Nakba (le cataclysme, la calamité, le désastre…) entretenue par certains (Edward W. Said), à savoir que « les Palestiniens ont été dépouillés de leurs terres et expulsés par centaines de milliers, alors qu’Israël prétendait avoir repris une terre appartenant aux Juifs par décret biblique » (p. 105). L’histoire est un peu plus compliquée que les raccourcis mis en œuvre et répétés par tous ces auteurs comme autant de psitaccistes. Dès la fin 1947, il y eut très vite, face à la guerre entre Juifs et arabes (déclenchés par ces derniers), à la suite de la Partition de la Palestine entre Juifs et Arabes, la fuite massive et spontanée des élites arabes palestiniennes (hommes d’affaires, propriétaires terriens, intellectuels, professions libérales, fonctionnaires du gouvernement, etc.). S’en est suivie une panique de centaines de milliers d’arabes fuyant eux aussi parce que se sentant abandonnés par leurs dirigeants. À partir de 1948, les villes de Tibériade, Safed, Haïfa (pourtant haut-lieu de la fraternité ouvrière judéo-arabe), Jaffa sont désertées par les arabes sous l’effet d’une nouvelle psychose de fuite ; fin 1948, les Israéliens expulsent les villageois restés sur place pour assurer les nouvelles frontières du nouveau pays et une démographie qui leur est favorable. Si l’exode d’environ 720 000 palestiniens n’est pas réductible à une seule origine, celle-ci tient à la décision des leaders arabes palestiniens de l’époque de déclencher un conflit inter-ethnique en voulant déloger la population civile juive des quartiers résidentiels, centres urbains et villages. La plupart des auteurs cités partagent le même point de vue sur la réalité de ce qui se passe à Gaza. Je vais y revenir un peu plus loin après avoir rappelé la nature du 7 octobre 2023.

Après avoir rapidement évacué la réalité du progrom du 7 octobre 2023 que, bien entendu, tu déplores, car il s’agit sans doute d’une vicissitude créée par le conflit israélo-palestinien, dont Israël est le premier responsable, tu réitères tes accusations de génocide à l’égard de ce pays. J’y reviens un peu plus loin dans ce texte. Le terme de progrom, dans ton livre, est mis entre guillements (p. 20). Tu ne t’y rallies donc pas. Tu parles, toi, d’une « attaque ». Bel euphémisme. Tu parles en effet de « l’attaque du Hamas du 7 octobre 2023 [qui] a fait l’objet, presque partout, d’une condamnation nécessaire et compréhensible » (p. 9). Que tes mots sont si bien soupesés ! Tu parles d’une « attaque » lorsqu’il s’agit d’un progrom ou d’une razzia pogromiste. Tu parles par contre, changement de ton, de « la furie dévastatrice et meurtrière déchaînée par Israël » (p. 9). Je te rappelle que le Hamas a filmé pendant des heures ses exactions avec des caméras GoPro ; il a exhibé les atrocités (meurtres, tortures, viols, mutilations sexuelles…) commises par sa soldatesque, que tu mets d’ailleurs en doute, un membre du Hamas se réjouissait, au téléphone avec sa mère, qu’il tuait des Juifs de ses propres mains. Tout cela pour répandre l’effroi et la terreur, pour que les Juifs soient terrorisés, tous les Juifs. Du côté des soutiens offensifs du Hamas, on trouve la tragique Judith Butler papesse du wokisme le plus échevelé : « Je pense, précise-t-elle qu’il est plus honnête et plus correct historiquement, de dire que le soulèvement [sic] du 7 octobre était un acte de résistance armée. Ce n’est pas une attaque terroriste, ce n’est pas une attaque antisémite. » (cf. l’entretien filmé à Democracy Now, le 3 mars 2024). On atteint ici avec ce personnage funeste le déni massif de la réalité jusqu’au délire.

Je te trouve bien léger avec le terme de « partisan » que tu oses employer pour qualifier les membres du Hamas. Et pour cela tu accueilles dans ton livre le nom d’un nazi (il rejoint le NSDAP, le 1er mai 1933) en l’occurrence Carl Schmitt et sa « théorie du partisan » (1962). Mieux, ou plutôt pire, tu oses comparer les membres du Hamas aux partisans français. Quel contresens historique ! Le Hamas a imposé sa dictature à toute la population gazaouie en éliminant par les armes tous les opposants ; je ne crois que cela fut le cas pendant la Seconde Guerre mondiale pour les partisans français même divisés entre eux.

Et puis ce mot de génocide avec lequel tu sembles si mal à l’aise. Tantôt tu t’appuies sur la définition que la Cour internationale de justice (CIJ) donne de ce terme ; tu indiques d’ailleurs que la CIJ ne parle pas de génocide mais de « risque de génocide » dans la bande de Gaza. Ce qui n’est pas tout à fait la même chose. Tu en conviendras. Tantôt tu glisses très vite, tu dérapes même, en avalisant le mot « génocide ». Tu écris ainsi : « L’histoire de la guerre à Gaza s’écrira dans les décennies à venir ; aujourd’hui, il faut la stopper. Telle est la fonction d’une alerte contre un génocide en cours » (p. 25). Plus loin, dans ton analyse, tu insistes sur « la guerre israélienne contre Gaza [qui] prend les traits d’un génocide » (p. 34). À nouveau tu dérapes sur le terme de génocide tout en te trompant sur Gaza. Israël ne cherche pas à détruire Gaza mais le Hamas. Et ce n’est pas fini. Voici maintenant l’Allemagne qui entre en scène. Tu écris : « D’aucuns [qui au juste ?] ont remarqué que Gaza est un génocide de plus perpétré ou approuvé par l’Allemagne en un peu plus d’un siècle, après l’extermination des Hereros et des Namas dans la Namibie coloniale, et celle des Juifs et des Tsiganes pendant la Seconde Guerre mondiale » (p. 55). L’Allemagne sera éternellement coupable y compris d’un génocide qu’elle n’aura pas commis. Tu reprends à ton compte les comptines pour enfants qu’Israël chercherait à « assassiner et […] faire mourir de faim des dizaines de milliers de civils palestiniens » (p. 57). Or, il n’y a pas eu de famine avérée à Gaza ; et il n’y en aura pas parce que des convois, autorisés par les Israéliens à entrer dans Gaza, ont ravitaillé la population gazaouie malgré les vols et pillages systématiques opérés par le Hamas. Les films que l’on a vus de la libération des premiers otages israéliens montrent des Gazaouis qui sont loin de l’état de dénutrition sinon de famine qu’on a bien voulu nous annoncer. Avec d’autres, tu as essayé de jouer sur cette corde sensible pour tenter de faire croire à un génocide comparable à l’Holocauste des Juifs. Cette fois-ci, ce serait les Juifs qui commettraient un génocide. Analyse perverse sinon perfide de la situation réelle à Gaza qui est terrible : destruction massive des habitations, déplacements des populations, tueries de civils dont de très nombreux enfants (les familles gazouies en ont en moyenne huit) mais qui n’a littéralement rien à voir avec un camp de concentration sinon d’extermination (l’indigente Rima Hassan semble approuver la comparaison entre Auschwitz et Gaza). De même, tu parles de Gaza comme d’une « prison à ciel ouvert » (p. 82). Es-tu jamais entré dans une prison ? Crois-tu que dans les prisons on puisse creuser des tunnels dans leur sous-sol pendant des années et y faire circuler des armes et des bombes, les stocker, puis les utiliser ? Au bout de ton livre, tu vas très loin dans la fausse symétrie historique. Tu oses comparer le ghetto de Varsovie à Gaza : « la destruction de Gaza par Tsahal rappelle celle du ghetto de Varsovie rasé par le général Jürgen Stroop en avril 1943, et les combattants qui surgissent des tunnels pour frapper une armée d’occupation qui les traite d’“animaux” ne peuvent qu’évoquer les combattants juifs du ghetto » (p. 112). Tu rejoins ainsi d’autres historiens, révisionnistes. Car comment peux-tu procéder à une telle analogie historique ? Dans le ghetto de Varsovie, la population mourrait littéralement de faim ; encore une fois ce n’est pas le cas à Gaza. Dans le ghetto de Varsovie, sur les 400 000 juifs y vivant ou plutôt y survivant, à peu près 80 000 sont morts de faim entre novembre 1940 et juillet 1942. Typhus et tuberculose ont fait des ravages sans parler des rafles allemandes, nombreuses. Tsahal a-t-elle pris en otages des palestiniens ? En a-t-elle raflé ? La population de Gaza n’a-t-elle pas été vaccinée contre la poliomyélite autorisé par Israël ? Parler du « nettoyage ethnique » (p. 116) de Gaza par Israël est bien étrange. Qui nettoie qui ? Que je sache, Israël ne cherche pas à remplacer la population palestinienne actuelle. Ou alors tu possèdes des informations de première main. Tu vas encore plus loin lorsque tu prétends qu’Israël ne cesse d’agrandir son territoire. As-tu jamais ouvert un livre de géographie ? Déjà, tu auras un peu de mal à repérer sur une carte le territoire israélien. Israël est un très petit pays. Et malgré ses victoires militaires, il a pourtant rendu à ses anciens ennemis la plupart des territoires conquis : le Sinaï, Gaza, le sud Liban et il considère la Cisjordanie comme un territoire occupé par lui (ce territoire est lui-même divisé en trois zones A, B et C, administrées par l’Autorité palestinienne et Israël). Je constate en outre qu’à chaque fois qu’Israël rend un territoire autrefois conquis, le pays reçoit comme remerciement des bombes. Tu appelles cela « repousser les frontières » (p. 118). Les frontières d’Israël auraient plutôt tendance à se rétracter.

Tu refuses en outre le caractère singulier ou unique de l’Holocauste des Juifs au prétexte d’une regrettable « hiérarchie entre les victimes » (p. 58), la concurrence victimaire, sans doute. Pourtant, nombre d’historiens ont bien montré le caractère singulier et unique de la destruction de masse des Juifs (Léon Poliakov, Joseph Billig, Raul Hilberg, Pierre Vidal-Naquet, Annette Wieviorka et bien d’autres). Il y a eu une intention de tuer tous les Juifs parce que Juifs (dans les écrits et discours d’Hitler, lors de la conférence de Wannsee de 1942, cherchant à régler la « question juive » par la « solution finale »). Pourrais-tu dire la même chose concernant les Gazaouis ? Penses-tu que les Israéliens cherchent à liquider les palestiniens parce que palestiniens ? L’armée israélienne possède pourtant toutes les armes (tanks, avions, missiles, bombe atomique…) pour déclencher et réussir un génocide. 60 à 70 % d’immeubles rasés ou en partie détruits ne constituent pas un génocide ; ce ne sont pas 60 à 70 % de la population. Plus loin et de fait jusqu’au bout de ton livre, tu insistes sur le terme de génocide (« le génocide à Gaza » (p. 74) ; « les manifestations contre le génocide à Gaza » (p. 75) ; le Hamas « oppose une résistance militaire au génocide en cours » (p. 87).

Il n’y a pas de génocide à Gaza même si le nombre de Gazaouis tués est très important. À ce jour, seul le ministère de la Santé du Hamas donne des chiffres toujours très précis, à l’unité près. Israël ne les conteste pas. Ce chiffre serait de l’ordre de 50 000 morts. Israël avance le chiffre de 20 000 terroristes du Hamas tués. On ne peut donc nier l’hécatombe chez les Gazaouis, un meurtre de masse. On doit par contre s’interroger sur l’importance d’un tel chiffre. Comment l’expliquer ? Le Hamas a installé et tenté de maintenir partout – les mosquées, les hôpitaux, les écoles, les habitations – les habitants de Gaza devenus eux-mêmes des otages en en faisant, de fait, la cible immédiate de l’armée israélienne. Malgré les appels pressants de l’armée israélienne à quitter leurs lieux de résidence, certains Gazaouis ont préféré rester sur place ou en ont été contraints par le Hamas. Or l’armée n’a pas lésiné sur les moyens pour parvenir à ses fins qu’elle avait fixées quelques jours après le 7 octobre : l’éradication définitive du Hamas, sinon son idéologie du moins la destruction des centaines de kilomètres de galeries souterraines et ses membres dont les chefs, son armement, ses stocks de rockets qui ne cessaient de pleuvoir sur Israël depuis des années. Tu négliges cela : Israël recevait des centaines de roquettes sur son territoire alors que Tsahal n’occupait plus Gaza depuis son retrait, il y vingt ans, en 2005 (elle y est retournée après l’acte de destruction massif du 7 octobre 2023). La destruction des immeubles de Gaza – entre 60 et 70 % sont rasés ou endommagés – correspond au type de guerre mené par Israël contre un ennemi qui ne constitue pas une armée régulière et qui expose directement la population. Celle-ci n’a d’ailleurs jamais pu « profiter » des tunnels aménagés par le Hamas.

Tu es dans le déni de réalité vis-à-vis du Hamas dont tu ne cites jamais les termes de la Charte de 1988 complétée par le texte de mai 2017 qui ne se substitue pas à elle et n’en est pas une version soft. Il y est, par exemple, précisé que « la Palestine est l’esprit de la Oummah », il n’y a donc pas de place pour les Juifs. « La Palestine, qui s’étend de la Jordanie, à l’est, jusqu’à la Méditerranée, à l’ouest […] est une unité territoriale indivisible », pas de place pour les Juifs. Pour le Hamas, « […] sont considérés comme nuls et non avenus : la Déclaration de Balfour, le document du mandat britannique, la résolution des Nations Unies sur la partition de la Palestine, et toutes les résolutions et les mesures qui en découlent ou s’y apparentent. La création d’“Israël” [le mot est écrit pour une première fois mais il est mis entre guillemets dans le document de 2017] est entièrement illégale et contrevient aux droits inaliénables du peuple palestinien et va contre sa volonté et la volonté de la Oummah ; […] », pas de place pour les Juifs. Tu n’exprimes jamais la moindre critique de l’antisémitisme viscéral de la Charte du Hamas ; tu ne réprouves jamais leur appel à la destruction d’Israël, que l’on retrouve dans la subtile rhétorique iranienne et islamiste : l’« entité sioniste », le « petit Satan », le « cancer à éradiquer », le « sale petit microbe noir »… Pourquoi ? Je ne peux pas croire que cela te comblerait de voir Israël rayé de la carte. Alors, considères-tu que les mots de la Charte (1988 ou 2017) ne sont que des mots ? Que les termes explicitement génocidaires de la Charte du Hamas (1988) ne sont pas applicables ? Et pourtant ils l’ont été sous tes yeux : précisément le 7 octobre 2023. Tu justifies même, de fait, les crimes du Hamas par un pseudo-« arrière-plan » politique : les longues années de prison des principaux dirigeants du Hamas. Et tu poses pour le coup une drôle de question : « Faut-il critiquer le fondamentalisme, l’autoritarisme, le caractère anti-démocratique, misogyne et réactionnaire de ce mouvement ? » (p. 87). Pour toi, à l’évidence non. Mais tu es, là aussi, bien flou dans la définition des traits caractéristiques de ce mouvement. Les dirigeants du Hamas comme sa soldatesque ont pourtant plus d’une fois prouvé leur vraie nature : des assassins y compris de leurs compatriotes ; des tueurs de sang-froid des hommes et des femmes (surtout elles) coupables d’adultère et des homosexuels ; des tortionnaires comme Yahya Sinwar ; une dictature féroce sur la population.

Comme le disait Charles Péguy un auteur que tu affectionnes : « Il faut toujours dire ce que l’on voit ; surtout, il faut toujours, ce qui est plus difficile, voir ce que l’on voit. »

[1]. Lettre ouverte en date du 15 novembre 2023. https://blogs.mediapart.fr/editions-passionwanadoofr/blog/151123/lettre-ouverte-enzo-traverso.

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