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Billet de blog 1 octobre 2020

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Des petits riens, blog inutile (#47)

La police, les "contrôles", et le handicap

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Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

Amine, déficient mental, violenté par la police

Bien, y-a-t-il dans ce fait quelque chose de dérangeant ? Quelque chose en contradiction avec les missions de la police, dont celle de protéger et secourir ?

Ou alors, protéger et secourir ont disparus de la liste des missions confiées à la police.

Peut-être même a-t-il été ajouté "violenter une personne en situation de handicap" ?

Les derniers mois nous ont déjà largement montré que brutaliser, éborgner, mutiler... ont été ajoutés à la liste des missions de la police.

Il fallait bien lire la liste.

Car en tous petits caractères, la mention "porteurs de handicaps aussi" y figurait. Car comment expliquer autrement cet acte de tabasser une personne en situation de handicap ?

La police n'est pas un corps républicain au service de la population, afin de mener des actes de protection et de secours.

C'est autre chose, il faut des mots pour le définir, mais les actes de la police les définit avec exactitude : violenter une personne en situation de handicap.

C'est peut-être un acte isolé.

Mais qu'est-ce qui se passe dans les têtes des policiers au moment où ils violentent une personne en situation de handicap ?

Pensent-ils, seulement ?

Y-a-t-il un moment où ces policiers débranchent leurs cerveaux, se mettent en mode brutal et violent, comme hallucinés ou drogués, en crise, pour tabasser à 6, oui, à 6, un jeune absolument inoffensif, sous les cris des habitants, tabasser un jeune en situation de handicap.

Quels autres seuils vont-ils franchir ?

Jusqu'où sont-ils encore capables d'aller.

Et y-a-t-il seulement un seuil, ou alors tout, absolument tout est possible, dans cette spirale vers l'horreur.

Qu'est-ce qui peut provoquer ce genre de comportements chez des gens ? Et surtout chez des policiers ?

Y-a-t-il là comme une forme de vérité nouvelle, une vérité qui se révèle dans ce genre d'actes, à savoir que tout, absolument tout est possible, et donc que ces possibles deviennent réalités.

Y-a-t-il comme une lente et programmée descente dans les pires bas-fonds des esprits, quand de tels actes deviennent réalité.

De fait, il n'y a nul politiques ni aucun média de masse pour venir constater cet acte d'une violence inouï, les dernières barrières tombent.

Désormais, les plus fragiles ne sont pas à l'abri de la brutalité absolument arbitraire de la police.

Une police arbitraire n'est plus une police.

Jamais Darmanin ne prononcera le mot d'ensauvagement pour désigner cet acte.

Jamais Macron ne va reconnaître pour violent cet acte. Vu que Macron prétend que nous sommes en démocratie.

Cet acte nous plonge encore plus profond en barbarie, cet état dans lequel des policiers tabassent des personnes en situation de handicap.

Tabasser les plus fragiles, en voilà un visage que je ne supposais pas voir un jour, tabasser les plus fragiles, quand on est policier.

Honte ? Colère ? Comment continuer son modeste chemin de vie, dans un pays où de telles horreurs sont désormais possibles.

Dégoût, assurément, et comme un vague sentiment amer, car quand une barrière tombe, quand un seuil est franchi, vers encore plus de bassesses et de violences, c'est toute la collectivité qui perd en humanité.

Les policiers violents et arbitraires nous disent quelque chose sur l'état de la société, sur la manière dont ils voient la société. Sur la manière dont ils considèrent la société, dont ils considèrent les autres membres de la société.

Y compris les plus fragiles.

Nous sommes engagés dans une spirale d'extrême-violence de la part de quelques personnes dont la mission est totalement inverse. Comment peut-on à ce point emprunter un chemin à ce point à l'opposé de celui qui devrait être normalement parcouru ?

Comment toute la hiérarchie peut-elle fermer les yeux ? Peut-elle être complice ?

La pomme pourrie a depuis longtemps contaminé tout le panier. C'est exactement pour cette raison que de tels actes sont devenus possibles : la pourriture s'est étendue.

Maintenant, pour certains policiers, frapper et brutaliser une personne en situation de handicap est "banal". Qui dit "mieux", dans l'horreur ?

« Ils ne mouraient pas tous, mais tous étaient frappés ».

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