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Billet de blog 4 août 2022

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Un panel humain desespérant et les autres !

Avez-vous remarqué les disparitions énigmatiques et incompréhensibles de certains membres de l'espèce humaine, que pourtant nous croisions encore assez souvent il y a peu ? Hypothèse farfelue ou enthousiaste ? Peu importe, c'est la mienne. La voici.

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Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

C'est marrant, mais il y avait absolument tout ce qu'il fallait, tous ! L'eau, les sols bien gras et fertiles, le soleil, des saisons, de la végétation, des océans, un cycle de l'eau absolument époustouflant, des courants marins... tout ce qu'il fallait !

Pour créer le seul des miracles reconnu comme tel sans que cela ne soulève la moindre critique mais bien une forme d'admiration sans limites : la vie !

Malheureusement, cette vie a donné vie (et surtout la capacité de tuer et de détruire) à l'espèce la plus stupide que la Terre n'a jamais hébergée : nous, les crétins. Oui, hébergée, car nous habitons la Terre, mais visiblement, les crétins détruisent même leur maison. Ils disent que c’est à eux, et donc les crétins cassent ce qu’ils s’approprient. Des gamins égoïstes et cupides, dans leur bac à sable. Pour filer la métaphore, ils chient, pissent, crachent, vomissent dans le sable. Tuent les autres espèces qui y habitent. Tuent la vie !

Bon, il y a des grades, des degrés divers, des experts et des débutants, en crétinerie, des plus ou moins crétins. Et même des pas crétins du tout, mais c'est une branche très peu nombreuse, devenue rare.

Je pense même que cette branche disparaît doucement d'elle-même, qu'elle cesse de faire "société" avec les divers et variés crétins, qu'elle se retire mue par des sentiments très puissants, tel celui de la honte éprouvée envers des "semblables" qui le sont de moins en moins.

Il arrive parfois que dans des repas de famille, au moment du dessert, un "oncle" (ou n'importe qui d'autre) en bout de table disserte sur les migrants (qu'il faut dégager), sur les allocataires chômage (à qui il faut couper les vivres, ces « privilégiés feignasses » !)... et personne à table ne se lève pour cesser d'écouter les délires racistes et crétins de ce personnage un peu aviné.

Ce que je veux dire, c'est qu'il me semble que des gens ont enfin pris la décision de quitter cette table, d'en finir définitivement de subir les discours des crétins, de même devoir subir leur présence de crétins. Un crétin, même immobile et silencieux, pense crétin, va agir crétin.

Ils partent. Vont préférer aller écouter les chants des oiseaux, ou ce qu'il reste d'eau qui glougloute dans les derniers ruisseaux. Ou se partager quelques légumes qu'ils arrivent à faire pousser en limitant drastiquement l'arrosage, avec des système bricolés et très astucieux. Ou de faire cuire du pain dans des vieux fours rebâtis.

Bref, au lieux d’écouter pour une énième fois les discours racistes, sexistes de la version crétine de l'espèce humaine, ils reprennent le chemin du partage. Mais loin, ou pas, ailleurs, cessant définitivement d’être en contact, même de loin, avec les crétins.

Je pense qu'il est encore possible de quitter le monde des crétins, et d'en inventer un autre, et je sais exactement ce que je suis en train de laisser supposer. les crétins seraient "inférieurs" à ceux qui partent.

Pire, péché d'orgueil, je pourrais même laisser entendre que j'accompagne non pas ceux qui prennent la fuite, mais les optimistes qui vont pendre leur part de re-création dans des interstices encore mal définis, peut-être à créer et inventer.

Ben non, pas du tout.

Je suis trop imbibé par toutes les injonctions à consommer, produire, consommer, acheter, consommer, se vendre (oui, faut savoir se vendre pour trouver un boulot - le nombre de fois où j'ai entendu ce truc dément...!) pour pouvoir en finir avec le crétinisme.

Certes, je me soigne, mais comment effacer plus de XX ans (je garde mon âge secret, c'est une petite pudeur de passage) alors que toutes les injonctions à rester crétin sont les seules qui disposent de l'accès à tous les espaces publics, privés, médias et repas de famille ? Tout l’espace public et privé est saturé par les injonctions à resetr crétin, voire à le devenir plus encore !

C'est difficile. Pas impossible, mais difficile.

Et c'est alors que je pense à celles et ceux qui ont tendance à disparaître.

En réalité, ils ne disparaissent pas. C'est nous qui n'arrivons plus à les percevoir. Ils sont là, mais nos yeux de poissons morts ne les voient plus. Parfois même, là où nous croyons que c'est une légère brise qui vient de faire frissonner une chemise ou une robe, en fait, c'est l'un d'entre eux, certainement une enfant, qui vient délicatement agiter notre habit.

En fait, les humains, c'est eux. Nous en sommes la version bêta, crétine et destructrice.

C'est en cela que je suis optimiste. C'est un peu comme avec certaines couleurs, il faut plisser les yeux, assez fort, et là des ombres flottantes et des tâches de couleur apparaissent sur l'écran des paupières.

Nous ne savons plus plisser les yeux.

Parfois, si je le fais d'une manière un peu appuyée, non seulement je vois des ombres et des couleurs, mais j'entends des rires, des chants, des musiques.

Parfois, certains d'entre elleux se laisse voir, reviennent parmi nous. Pour nous parler, nous dire, nous chanter... leur monde, celui des êtres humains.

Chanteuses, conteurs, artistes, érudits, scientifiques, poètes… les chanteurs et chanteuses pygmées...

Ils se laissent voir, et pendant ce temps, ils nous touchent, au plus profond de nos êtres, nous sommes emportés par des vagues d'émotions d'une vérité et d'une beauté immenses, des vagues d'amour. Des vagues d’amour. Des vagues d’amour ! D'autres nous font passer des messages afin de nous faire ouvrir les yeux, ce que nous faisons parfois, mais pas assez longtemps.

Les injonctions des crétins reprennent le dessus. Le monde des crétins nous enveloppe encore une fois.

Nos cécités reviennent. Nos sens se referment. S’atrophient. Le retour à l’étape zombies.

Mais je sais, intimement, rien de scientifique, que les disparus sont là, à tenter de nous sortir des griffes de la crétinerie.

Je retiens parfois quelques leçons des phases d’éveil, des airs de doudouk, un chant polyphonique de bergers des Pyrénées, un poème de Prévert... ces jeunes maraîchers bio aux légumes merveilleux ! Et tant d’autres...

Si certaines et certains y voient une très forte inspiration des « Furtifs » d’Alain Damasio, c’est évident, non ?

Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

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