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Billet de blog 15 mars 2022

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Brutalement, les règles viennent de changer

Retour sur un projet d’hôtellerie de luxe de plein air, sur les rives du lac du Tolerme. En totale inadéquation avec le changement violent des règles. Qui s’ajoute, d’une manière dramatique, au chaos climatique annoncé depuis des décennies. Pas de quoi faire dévier les responsables politiques de la marche radieuse vers encore plus de gaspillage d’énergie et de ressources !

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Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

Et donc ils ont voté (et puis après, chantait Ferré !) largement oui, au referendum sur la poursuite ou non des « études » liées à ce projet, porté par les 12 élus des communes riveraines du lac du Tolerme ainsi que par la com’com du Grand-Figeac, par la com’com voisine de Cauvaldor, par des élus départementaux, par le Préfet qui a autorisé ce referendum sur un projet « structurant » (c’est comme ça qu’ils causent !) et en a félicité les élus, une fois le résultat favorable connu.

Bref, quand autant de têtes de gondoles se prononcent en faveur de ce projet « d’hôtellerie de luxe en plein air», afin de favoriser ce qui n’est qu’un projet de tourisme de masse, mais de masse un peu chicos, c’est plié d’avance.

Notre modeste association « Tolerme-Nature » n’est pas de taille (propos non défaitistes, en face, ils ont beaucoup plus de moyens, c’est factuel, y compris pour influencer les opinions locales à grands coups de com’ dans les bulletins municipaux, dans les médias locaux), une association de lilliputiens, mais nous sommes quand même assez fiers d’avoir mis un sacré coup de projecteur sur ce projet qui était destiné à rester dans un entre-soi entre les élus et l’opérateur privé, avec la préfecture en soutien. Le « en même temps » qui est LA boussole des ces élus locaux...

Même si c’est très hasardeux de le dire, sans nos actions (dont un pique nique sur les rives du Tolerme le 14 juillet dernier), nos modestes egos sous-dimensionnés (spécial Big-Up à MJ, Catherine, Jojo et les autres, celles et ceux qui y s’y collent sans désarmer ! Beaucoup plus que moi…) supposent que nous avons pesé sur la stratégie des élus, les obligeant à sortir de l’ombre.

Bravo aussi au grand chef du Grand-Figeac, qui a opportunément trouvé la parade par excellence, en responsable politique roué, celle d’un referendum. Profitant du poids des élus auprès des électeurs locaux, de la presse locale largement ouverte à ces mêmes élus… le risque était nul, comme de bien entendu !

Oui, nous sommes des lilliputiens. Mais ce n’est pas le problème, non ?

Attention, nous ne sommes pas des « bobos ruraux » qui ne veulent que préserver leur plaisir égoïste à se garder pour nous les rives du Tolerme.

Il y a déjà un tourisme sur les rives du lac, un tourisme populaire, pas gaspilleur d’eau ni d’énergie, mais ce tourisme populaire n’est pas celui visé par les élus ! Trop populaire ! Vite, vers la gentrification ! Vite, vers le tourisme friqué, qu’ils disent… en espérant des « retombées » illusoires, bande de naïfs ! Et encore, « naïfs» est la version douce.

Cela a été dit en réunion publique, ils (les élus) veulent leur part du gâteau touristique, presque jaloux de la com’com voisine (Covaldor) et ses Padirac et Rocamadour, ses millions (oui, millions ! Pauvres de nous!) de touristes, seule manne envisagée par des élus sans la moindre imagination et dans le déni climatique le plus absolu ! Seul argument en faveur de « l’aménagement du territoire », mes pauvres choupinets… Vite, des touristes !

Les 5 réunions publiques organisées en amont de ce vote, avec de très belles diapositives co-produites par le Grand Figeac et l’opérateur privé ont achevé ce qui, au final, n’aura été qu’une opération de propagande massive, tant tout était très bien léché et séduisant. Le grand chef du Grand-Figeac a parfaitement mené sa barque, celle des réunions publiques de toutes les propagandes…. Parfois quand même crispé au cours des échanges….  Mais que les diapos étaient belles ! Fascinantes ! Toute cette verroterie déposée aux pieds des élus, fascinés, mais comment ne pas résister ?

Les cabinets privés qui bossent sur de tels projets savent exactement comment mobiliser les bons outils de propagande, à coups « d’éco-concept » (authentique, je suis incapable de seulement inventer et imaginer une création linguistique aussi novatrice), « éco-concept » de l’opérateur privé qui va « vendre » à ses clients touristes le concept de la « nature » !

Que ce projet fasse se déplacer des milliers de voitures (merci le réchauffement climatique), amène des hausses très importantes de consommation d’eau (pour ne pas dire gaspillage), consomme aussi beaucoup plus d’énergie pour chauffer les piscines… cela n’entame en rien la si belle langue des prédateurs au sujet de cet « éco-concept ». Langue relayée par les élus !


Je vais rester très charitable, et surtout ne pas me moquer de ces gens, les actionnaires cupides et égoïstes, très largement soutenus par les élus un peu gogos qui tombent dans les panneaux des coffres de verroterie qui les fascinent, à reprendre tous les éléments de langage… alors qu’il y a le feu au lac !

Et pas seulement au lac du Tolerme, mais c’est une très bonne métaphore de toutes ces décennies de déni absolu envers les chocs climatiques qui sont déjà là.

Les élus sont le problème. Depuis des décennies !

Mais voilà les règles changent, brutalement !

Et les responsables politiques, dans le déni du chaos climatique qui vient, qui est déjà là, ces élus qui accélèrent le chaos climatique via un projet de tourisme de masse sur les rives du lac du Tolerme, sont maintenant face  à un autre mur, celui de la crise des énergies suite à la guerre en Ukraine.

Quand j’ai abordé ce point, à Calviac (le 3 mars dernier), j’ai mesuré le poids du déni ! Le point sur le coût de l’énergie, antérieur à la guerre en Ukraine, le point sur le chaos climatique dont il est urgent de débattre…. Au lieu de ces « débats » sur ce camping de luxe… le poids du déni !

Comme le point sur nos modes de vies, qui fabriquent des réfugiés climatiques : rien à fiche, mais rien !J’ai même entendu un maire-adjoint, me dire qu’il n’avait pas attendu un rapport pour se préoccuper de forêts, de conservatoires… tout en étant favorable à ce projet de faire venir des milliers de voitures, ce « en même temps » du soin et de la réparation accordés à la nature, et de la diffusion massive de la maladie !

Nous ne savons rien des couvre-feux à venir, des périodes de restrictions, des pénuries, des souffrances, nous ne savons rien du chaos climatique qui vient et celui des crises des énergies.
Nous ne savons rien des crises alimentaires, sanitaires et sociales qui viennent.
Mais « nos » élus ne sont pas en reste pour tout accélérer !
Toujours plus, disent-ils, encore et encore du gaspillage des ressources et des énergies !

La seule question urgente et importante, celle de « comment allons nous prendre soin des unes et des autres », cette question vitale n’est jamais posée, alors que c’est cette question que pose le GIEC dont les rapports sont ignorés par…. les élus, qui s’enfoncent de plus en plus dans le déni criminel de la poursuite de tous les « développements » !
Qui sont de plus en plus hors sol, vu la terrible montée des crises des énergies ! A Calviac, face à mes modestes propos sur ce sujet, j’ai vu le poids du déni !
Très chers élus, vous êtes et faites partie du problème, à vous accrocher aux bénéfices illusoires du tourisme de masse, qui est définitivement condamné, ce que vous n’êtes pas encore en posture de comprendre.
Non, vous préférez accélérer la chute !

Laissant de côté LA question des urgences, accrochés comme vous êtes à votre monde mort.

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