Petit détour par l’Article douze de la Constitution (largement non-démocratique, mais ce n’est pas le sujet) :
Le Président de la République peut, après consultation du Premier ministre et des Présidents des Assemblées, prononcer la dissolution de l’Assemblée nationale.
Or, il est maintenant su et connu et documenté que le président n’a pas consulté. Mais comme vous le constatez, la décision du président qui ne s’est pas appuyée sur cet article douze, ne soulève pas ou très peu (laissons un semblant de déontologie aux « journalistes » des meutes) d’éclairage ni de commentaires, alors que nous sommes dans l’ère putride du « journalisme » de commentaires.
Ce président possède donc les pouvoirs de ne pas respecter la Constitution, et cela lui est pardonné.
Pourquoi ? Mais simplement selon les désirs de la bourgeoisie, qui possède donc officiellement les moyens de diffuser sa propagande partout, bourgeoisie qui a légitimé l’extrême-droite, mais aussi selon cette étrange absence de dénonciation de la gauche.
Pourquoi, là encore ?
Cette dénonciation (d'une forfaiture, pour être exact), pour pertinente et légitime qu’elle soit, dénonciation du non-respect de la Constitution par le président lui-même !, sera totalement inaudible, selon le bon vouloir de ces mêmes organes de propagande.
Du fait même de la dissolution prononcée par le président lui-même et de la désormais toute puissance des organes de propagande massive, tous en roue libre, tous désormais dans une forme de « liberté » absolue de ne surtout pas respecter la moindre déontologie, mais à l’inverse, menant un combat douteux et putride en se laissant totalement aller.
Alors qu’il y a peu, ces mêmes présentateurs fascistoïdes planchaient face à une commission sous les regards plus que veules de son président qui est allé se soumettre chez Hanouna !
Que ce même Hanouna, en punaise du lit de l’extrême-droite, organise en direct de sessions de collaboration intensive entre celles-ci, sous l’œil de Bolloré, grand mamamouchi de ces retrouvailles…
Bref, c’est une guerre, formidablement initiée par le président. Qui joue le chaos, afin de satisfaire son narcissisme et son management toxique. Qui a systématiquement joué de l’extrême-droite pour la renforcer encore, afin d’éliminer ce qui reste de gauche dans ce pays.
Par ailleurs, cette gauche s’est, pour une partie non-négligeable, totalement démonétisée toute seule, comme une grande, en allant se soumette à peine élue, face contre terre, devant celui qu’elle désignait comme son « adversaire » la vielle encore.
Cette gauche de retour, celle qui a saboté la Nupes, sciemment. Jouant double-jeu.
Cette gauche qui une fois encore, pour sauver ses fesses, rejoue l’Union. Mais uniquement pour sauver ses fesses, car le coup d’avant, une fois les fesses sauvées, cette gauche est allée volontairement et ivre de ses fesses sauvées, seule pour les européennes, en ignorant dans sa « superbe », ce que lui disait celles et ceux qui étaient à la base de la Nupes. Leur crachant au visage.
Et les revoilà, unionistes comme jamais, jusqu’au prochain coup.
Comme si parmi ces gauches, personne, mais vraiment personne n’avait vu venir le coup de l’extrême-droite majoritaire, comme si toutes leurs dénonciations « stratégiques » contre la FI (antisémites, ambigus, pas républicains…) ne visaient pas le seul but de les affaiblir, afin d’en récolter les électeurs, afin de les flinguer politiquement, en se joignant à des invectives issues de l’extrême-droite, reprises par les droites et tous les médias.
Comme si ces gauches ne voyaient pas l’offensive de ces extrême-droite, soutenues par des médias putrides.
Médias qui leur ont réservé des moments chaleureux, dès lors qu’ils crachaient contre la FI.
Jeter la rancune à la rivière, certes, mais jusqu’à quand ?
Le danger de l’extrême-droite n’est pas né le soir des européennes. L’inconséquence, l’irresponsabilité, la légèreté, voire la bêtise de la gauche, tout cela est confondant.
Avant les européennes, les appels à l’Union ne manquaient pas. Ceux des jeunes de la Nupes, les électorats… mais cela ne faisait pas partie des « agendas » des formations de la gauche. Celles qui voulaient u aller seules, pour se "compter" ! En voilà une louable intention, se compter... jeux d'enfants immatures !
Le Pompon étant incarné par le PS qui « en même temps » a présenté des candidats sous la bannière Nupes ET des candidats sous la bannière PS contre des candidats LFI-Nupes !
Et là, c’est le même mauvais spectacle qui ressort, la FI étant définitivement outragée et diabolisée en « antisémites » et « non-républicains», ce qui va donner des « ailes » pour le 2e tour des législatives, pour ne surtout pas voter pour un candidat LFI-NFP et ainsi s’en laver les mains, au bénéfice soit des macronistes, soit de l’extrême-droite. De la bourgeoisie, dans tous les cas !
Au nom de « valeurs » faisandées, en soutien objectif à la bourgeoisie, via le racisme et la haine !
Ce qui pourrait modifier ces pratiques ?
D’abord que le NFP passe largement en tête, soit au pouvoir ET que la rue manifeste au moins à la hauteur des manifestations contre le recul de 2 ans de l’âge de la retraite et mette la pression sur les députés et les ministres du NFP afin qu’ils ne trahissent pas.
Car au vu de l’artillerie très lourde engagée par la bourgeoisie aux côtés de l’extrême-droite, sans ces manifestations de la rue, c’est foutu.
Donc, c’est foutu.
Extrait de la page FB de Franck Lepage :
« Gauche raisonnable » Nouveau venu dans le dictionnaire de la langue de bois, Macron invite à s’en tenir à la « gauche raisonnable » ! c’est à dire celle qui est de droite, qui ne veut rien changer à la politique économique de l’austérité inscrite dans le traité constitutionnel que nous avions rejeté. Il n’y a que Mélenchon qui fasse peur. Déjà quelques années en arrière, le président Hollande avait appelé à ne pas voter Mélenchon... : il n’avait pas appelé à faire barrage à Marine Le Pen, mais à Jean Luc Mélenchon !!! Le patronat et la classe dominante ne craignent pas le Rassemblement National parce qu’il a une politique ultra libérale. Le patronat et la classe dominante craignent la gauche « pas raisonnable »...celle qui veut protéger les services publics, augmenter les cotisations, augmenter les salaires, sauver l’hôpital public, revenir à une retraite décente, etc. Le patronat a toujours fait la choix de l’extrême droite depuis belle lurette. Macron et l’extrême droite c’est la même chose. Comme l’avait écrit François Begaudeau : « voter Macron pour le pas avoir Le Pen, c’est voter pour la cause pour ne pas avoir l’effet »
Après, nous pouvons aussi collectivement tous nous suicider socialement. Oui, parfois JL Mélenchon déconne. La non-reconduction des députés « frondeurs » est une connerie. Mais en dépit de cette connerie, et en souhaitant vivement que ces députés réussissent quand même à se présenter et soient élus, doit on jeter le bébé, l’eau du bain, l’espoir et nos utopies concrètes dans le caniveau du ressentiment et de l’amertume ? En ressassant sans cesse (!) cet épisode complètement crétin. En assurant les députés bannis injustement et cruellement de notre soutien total.
Par ailleurs, il y a des députés dignes, tel Adrien Quatennens, qui se retire. Merci Adrien. Et bravo.
Aux camarades anti-fascistes.