UNE ANNÉE 2020 de MOBILISATION pour le PROGRÈS SOCIAL

"Nous, quand nous étions vivants, nous regardions ceux qui avaient mieux que nous comme des modèles et nous nous battions pour que leurs droits deviennent le code du travail, pour que chacun puisse en profiter" .

UNE ANNÉE 2020 de MOBILISATION pour le PROGRÈS SOCIAL
Depuis quelques années, je vous transmettais mes vœux par le récit d’un rêve de la Saint-Sylvestre.
Cette année j’ai fait un cauchemar.
Les résistants, avec parmi eux ma mère et mon père, mon grand-père et ma grand-mère, mes tantes et mes oncles, venaient d’outre-tombe nous demander des comptes.
Qu’avez-vous fait de notre héritage ?
Comment osez-vous, alors que le pays n’a jamais été aussi riche, laisser tant de pauvres dans des logements insalubres, l’insécurité alimentaire, la précarité énergétique ?
Comment pouvez-vous dormir en laissant des enfants, parce qu’ils sont immigrés ou que leurs parents ont été expulsés, dormir dans la rue ?
Comment pouvez-vous dormir tranquilles quand des humains meurent dans la Méditerranée parce que vous ne voulez pas les accueillir ?
Comment laissez-vous le président d’une France riche détruire ce que nous avions construit (le code du travail, la Sécurité sociale, la retraite solidaire …) alors que la France était ruinée par la guerre ?
Comment pouvez-vous prendre pour des privilèges les droits durement acquis par l’action syndicale en complément de notre œuvre de 1945-46 ?
Comment pouvez-vous être assez bêtes pour croire ceux qui vous disent que ce sont des privilèges afin de priver ces salariés de leurs droits et, demain, de s’en prendre aux vôtres ?
Nous, quand nous étions vivants, nous regardions ceux qui avaient mieux que nous comme des modèles et nous nous battions pour que leurs droits deviennent le code du travail, pour que chacun puisse en profiter.
Comment pouvez-vous laisser mentir ceux qui prétendent que la régression sociale est indispensable, qu’il faut travailler plus dans la semaine et plus vieux alors que la robotique détruit tant d’emplois et qu’il faut travailler moins?
Comment avez-vous été assez aveugles pour élire un président qui enrichit les plus riches et demande des sacrifices aux pauvres et à la classe moyenne qu’il veut paupériser ?
Comment pouvez-vous tolérer qu’un président de la République que nous avons voulu SOCIALE ne soit que le serviteur de quelques milliardaires ?
Comment certains syndicalistes peuvent-ils envisager d’accepter la destruction de la retraite solidaire à la condition d’en être épargnés et qu’elle ne prive que leurs enfants ?
Comment accepter que les femmes et les mères de familles, déjà victimes d’inégalités, soient encore plus pénalisées parce qu’elles ont eu des enfants ou qu’elles subissent des temps partiels et des salaires plus faibles que ceux des hommes tandis que leurs professions sont victimes d’une exploitation plus forte encore que celles des hommes ?
Comment pouvez-vous tolérer que les jeunes soient condamnés à la double peine : payer vos retraites aujourd’hui et en être privés après-demain quant à leur tour ils seront vieux ?
Comment des retraités, qui bénéficient aujourd’hui, de nos conquis sociaux et jouissent d’une retraite souvent correcte, peuvent-ils soutenir une réforme qui va priver d’une retraite digne leurs enfants et petits-enfants qui travaillent et cotisent aujourd’hui pour eux ?
Comment des salariés peuvent-ils continuer à faire confiance à des syndicats comme la CFDT, la CFTC, pourtant anciens acteurs du progrès social, qui les trahissent et qui acceptent la destruction du code du travail, de la Sécu, de la retraite solidaire ?
Comment tolérez-vous des partis politiques de gauche qui se divisent sur les détails au lieu de s’unir contre la politique de Macron et d’en proposer une autre au service du peuple ?
Ce fut un vrai cauchemar car cela était si vrai.
J’ai bien tenté de leur dire que certains se battent encore courageusement, que les grévistes sont déterminés et solidaires, que les manifestants sont nombreux, ils ne m’ont pas répondu. Ils savent que ces mobilisations sont encore insuffisantes.
Et je me suis réveillé sans rêve.
Alors mes vœux pour 2020 seront simples.
Ils ne seront pas un rêve mais une supplique pour une mobilisation collective, massive, solidaire, pour s’opposer à la réforme des retraites et construire un nouveau contrat social de progrès humain, social, démocratique et écologique, adapté à la civilisation de la communication universelle instantanée, de la robotique et de ce que l’on appelle à tort l’intelligence artificielle.
À vous, à vos familles, à tous ceux qui vous sont chers je souhaite une bonne et heureuse année 2020.
Le bonheur ne se construit pas seuls, alors, ensemble, solidairement construisons le pour tous et pour toujours.
Que 2020 soit l’année de la remobilisation solidaire et unitaire pour le progrès social !

 

 

 

 

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.