POUR QUI LA CRÉATION MONÉTAIRE ?

Au cœur de l’épidémie se joue, sans aucun débat démocratique, une lutte féroce qui va déterminer tout notre avenir : POUR QUI LA CRÉATION MONÉTAIRE ? Il faut un financement direct de l'UE et des Etats par la BCE

Au cœur de l’épidémie se joue, sans aucun débat démocratique, une lutte féroce qui va déterminer tout notre avenir : POUR QUI LA CRÉATION MONÉTAIRE ?

Pour sortir de la crise sans trop de casse économique et sociale, la création monétaire est indispensable. Tous les États devront le faire. Même l’Allemagne s’est résolue à cette solution. Mais alors 2 options sont possibles. Or, en Europe, le débat ne porte que sur la première avec ses 2 options.

PREMIÈRE OPTION : les puissances d’argent, comme depuis 2008, s’accaparent la création monétaire des banques centrales ce qui contraint les États à leur emprunter. Cela endette les peuples et les soumets aux diktats de la finance, de la rigueur, de la régression sociale, de la privatisation et de la disparition des services publics.

DEUXIÈME OPTION : la banque centrale crée de la monnaie pour l’UE ou pour les États qui choisissent de son utilisation. Cela à 3 avantages

  • Les États ne s’endettent pas, donc les peuples n’auront pas à rembourser
  • Les États choisissent qui et quoi financer
  • Les États ne deviennent pas encore plus dépendants des banques et soumis à leur volonté de profit pour eux et de rigueur pour les peuples

Dans les 2 options il y a création monétaire et donc les risques d’inflation sont les mêmes si l’appareil productif en suit pas.

Mais il y a une grosse différence :

  • Avec la 2ème option les politiques peuvent orienter les productions vers la satisfaction des besoins des peuples, dans le respect des équilibres de la nature, pour assurer l’avenir de l’humanité.
  • Avec la 1ère option, l’argent sert à accroître les profits par des productions aux conditions sociales et écologiques désastreuses et sans tenir compte des besoins réels des humains tout en soumettant les États à la volonté des financiers.

Hélas, les télévisions traditionnelles, devenues « Télé-Pouvoir » ou plus juste encore « Télé-Finance » ne nous présentent que la première option avec ses 2 variantes :

  • La variante latine, celle des italiens et de Macron : des « eurobonds » c’est-à-dire une mutualisation européenne de la dette qui soulage les États les plus endettés par des taux de dette plus faibles et des remboursement partagés par tous les peuples de « l’eurogroupe ».
  • La variante nordique, celle de la Hollande et de Merkel, totalement égoïste, d’une autorisation d’endettement des États.

J’ajoute une proposition : tout financement public à une activité privée se fait à l’entreprise et non au capital : les sommes versées deviennent propriété sociale des salariés. On avancerait ainsi vers la démocratie sociale dans l’entreprise. Si cela avait été fait depuis 2008, les salariés détiendraient un vrai pouvoir sur leur entreprise !

Il appartient à tous ceux qui pensent que la production, la monnaie et la finance doivent être au service des peuples, du progrès social, humain, démocratique et écologique, de se battre pour que l’émission monétaire se fasse au profit des peuples. Sinon, la crise sanitaire sera le prétexte à une dérive encore plus grande vers la ploutocratie, les financiers accroissant encore leur pouvoir sur les États pour détruire les droits humains, sociaux et la nature.

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