LE PROGRÈS, AVENIR DU FUTUR

Vive le progrès, mais un progrès au service des humains et non du profit d’une petite minorité. Un progrès orienté vers la satisfaction des besoins des humains et non vers la quête de richesse et de domination de quelques-uns. Face à l’internationale de la finance, créons l’international du progrès humain, social et démocratique.

LE PROGRÈS, AVENIR DU FUTUR

Meilleurs vœux à vous tous. Que 2021 soit pour vous une année de bonheur et, pour les français et l’humanité, une année de commencement d’une nouvelle donne politique, sociale, démocratique, respectueuse des équilibres de la nature et fondée sur le progrès au service des humains.

Le progrès a été la source de l’amélioration des conditions de la vie humaine dans tous les domaines, matériels, sanitaire, culturels, éducatifs, conditions de travail …

Je vois avec effroi accroitre le nombre de personnes qui ne croient plus au progrès.

Ces gens-là ne connaissent pas l’histoire de l’humanité et n’ont connu que l’abondance du progrès matériel souvent obtenu par eux sur la misère et l’exploitation des plus pauvres. Pour ma part je me considère comme un enfant du progrès, un héritier des progrès réalisés par l’humanité pour améliorer les conditions de vie.

Enfant du progrès social par l’engagement de mes parents qui se sont connus dans la Résistance. Ils ont trouvé dans le programme « Les Jours Heureux » du Conseil National de la Résistance l'espérance de sortir de la misère de leur jeunesse et de procurer un vie digne et plus facile à leurs fils.

Enfant du progrès aussi parce que j’ai connu des changements matériels qu’aucune génération n’avait connus.

Je suis né dans une maison au sol de terre battue, sans eau ni électricité. J’ai respiré les fumées de la lampe à pétrole. J’ai cassé la glace dans le seau d’eau avant de me laver le matin. Ma plus grande peur d’enfant a été la découverte de ce qui pour moi était un progrès : la radio.

Alors que j’avais 3 ans, l’électricité est arrivée dans mon hameau. Blanche, pour son café-épicerie, avait acheté un poste de radio qu’elle allumait très fort dans sa cuisine afin d’échapper aux droits de diffusion si elle le mettait dans son café. En septembre 1955, j’avais 3 ans. Je suis entré dans ce café et j’ai entendu une chanson dont je me souviendrai toute ma vie : « Si tu veux faire mon bonheur, Marguerite, Marguerite, si tu veux faire mon bonheur Marguerite donne-moi ton cœur ». J’ai été terrorisé, rentrant en courant chez ma mère pour lui dire « Chez Blanche il y a quelqu’un qui chante dans le mur ». Ce fut la plus grande peur de mon enfance.

Cette anecdote, toute personnelle, est pour moi un événement signifiant bien au-delà de cette peur d’enfant. 

La peur du progrès que l’on ne connaît pas, que l’on ne maîtrise pas, qui m’avait fait m’enfuir, est aussi celle qui nourrit aujourd’hui l’abandon de la notion de progrès par certains écologistes et même par des gens qui se disent de gauche.

Je n’abandonnerai jamais l’idée de la nécessité du progrès tant que des humains ne vivront pas dans des conditions dignes, tant que des enfants auront faim, auront froid ou trop chaud, auront soif, seront dénutris, seront malades, mourrons à cause de la misère.

Face à la crise sanitaire, face à la misère qui perdure dans le monde, face au réchauffement climatique, face à la nécessité de nourrir la population mondiale, il n’y a pas d’autre alternative que le progrès.

L’homme en est capable. Il n’est pas sur terre seulement pour exploiter la planète mais pour inventer, pour y développer des potentiels nouveaux, utiliser des énergies, des ressources que l’on ne sait pas encore utiliser, pour améliorer les conditions du vieillissement, réduire la pénibilité du travail.

Le progrès c’est croire au génie humain. Hélas, celui-ci est souvent utilisé par les puissants pour servir leur propre intérêt au lieu de le mettre au service de l’humanité.

Ce qui a vicié le progrès est la quête du profit et la quête de la domination qui animent ceux qui s’enrichissent sans limites comme ceux qui arment le monde pour y imposer leur domination par les armes.

La réaction face au réchauffement climatique, qui menace non l’avenir de la planète mais les conditions de vie des humains sur la terre, est un bon exemple de la perte de confiance dans le progrès. Pour lutter contre celui-ci, il ne faut pas punir ceux qui polluent par nécessité vitale, il faut au contraire leur donner les moyens de mieux vivre en polluant moins. Il ne faut pas refuser le bien-être matériel à ceux qui en sont privés aujourd’hui.

Pour cela il y a deux moyens complémentaires.

Le premier est le partage et la solidarité. L’accumulation des richesses entre quelques mains est un crime contre l’humanité qui se développe chaque jour par un accaparement des biens communs par une petite minorité. C’est la source de l’exploitation sans vergogne des humains et de la planète.    

Mais le partage en suffira pas. Il faut utiliser un autre moyen, celui du progrès des connaissances et des techniques, l’invention qui seule permettra à l’humanité de mieux vivre sur une planète respectée. Il faut à la fois lutter contre le réchauffement et développer la recherche pour s’adapter au réchauffement inévitable.

Oui, je dis vive le progrès, mais un progrès au service des humains et non du profit d’une petite minorité. Un progrès orienté vers la satisfaction des besoins des humains et non vers la quête de richesse et de domination de quelques-uns.

La mise au point d’un vaccin contre la COVID illustre bien les 2 aspects du progrès. Le vaccin va, espérons-le, permettre de sortir de cette crise rapidement et limiter le nombre de victimes. Mais, dans un système capitaliste, où prime la quête du profit, au lieu de rassembler la recherche dans un but désintéressé, on a aidé des laboratoires concurrents à faire des recherches parallèles, réduisant la rapidité et la fiabilité de la recherche. Les vaccins vont être source de profit pour quelques actionnaires tandis que des millions de personnes en seront privés où que le coût supporté collectivement pèsera, comme chez nous, sur les générations futures.

La défiance envers le progrès résulte aussi du fait que les progrès scientifiques ou technologiques n’ont plus la même incidence que la vie quotidienne. L’électricité, l’eau courant, le tout à l’égout, la machine à laver le linge, …, tout cela améliorait de manière visible, ressentie, réelle, les conditions de vie. Que va changer pour notre bien-vivre l’invention de la 5G ? Personne ne le voit aujourd’hui.

Le progrès aujourd’hui c’est notamment la robotique et l’intelligence artificielles. La question n’est pas celle de ce progrès mais celle de l’utilisation, de la destination du progrès. La robotique, l’intelligence artificielle peuvent être l’occasion de réduire la souffrance humaine, la pénibilité de tâches nécessaires, la multiplication des connaissances scientifiques et de leur diffusion. Mais, dans un système d’exploitation, elles seront un moyen d’exploiter encore plus, d’asservir encore plus d’humains au profit d’une infime minorité.

Pour éviter cela il n’y a qu’un moyen, inventer un contrat social universel de progrès humain, social, démocratique, respectueux des humains, des mondes animal et végétal et de la planète.

Pour le proposer et le construire il faut rassembler, en France, en Europe et dans le monde tous ceux qui souhaitent.

Face à l’internationale financière, qui domine le monde grâce à la communication universelle instantanée et à la complicité des gouvernants, il faut créer l’internationale des droits humains pour mettre le génie humain et le progrès au service de l’humanité.

Mais cela ne suffit pas. Il faut aussi des « éclaireurs de conscience », des intellectuels qui pensent de nouvelles utopies, proposent d’autres modes du vivre ensemble adaptés à la communication universelle instantanée et à la robotique.

Quand l’écriture s’est développée, il y eut les philosophes grecs pour éclairer les consciences. Avec l’imprimerie, deuxième révolution de la communication, il y a eu la Renaissance puis les philosophes du XVIIIème siècle, les sociaux chrétiens et les socialistes utopistes ou scientifiques, qui ont proposé de nouveaux modes d’organisation de la vie collective.

En un siècle seulement, il y a eu la diffusion, de la téléphonie, de la radio, de la télévision, d’internet, c’est-à-dire la communication universelle instantanée et il n’y a pas d’intellectuels pour proposer des utopies permettant de répondre à cette nouvelle donne. Cela est nécessaire mais devient de plus en plus difficile.   Avec l’abandon de parts de plus en plus larges de la formation et de la recherche au secteur privé lucratif par les États, l’enseignement et la recherche deviennent de plus en plus utilitaristes, délaissant les sciences sociales et orientant les sciences économiques et politiques au service du système dominant et des détenteurs du pouvoir économique et financier. L’État lui-même oriente ses programmes vers la satisfaction des besoins et vers la justification du capitalisme gestionnaire et financier afin d’étouffer l’éveil des consciences et l’éclosion d’utopie alternatives.

Pour tout cela, il n’y a que la mobilisation des humains dans un grand rassemblement pour le progrès de l’humanité qui peut assurer un avenir meilleur pour l’humanité.

Face à l’internationale de la finance, créons l’international du progrès humain, social et démocratique.

Commençons par le faire chez nous.

 Hélas, ce qui domine, c’est l’aveuglement des partis de gauche ou écologistes qui se divisent, ne pensant qu’à leur parti et non aux humains. Que ce soit pour les élections départementales et régionales de 2021 ou nationales de 2022, ce qui domine c’est la division imbécile, stérile et j’ose le dire criminelle. C’est la garantie pour les financiers de conserver, demain, un gouvernement à leur service. 

Alors pour 2021, je souhaite que les citoyens, avides de progrès humain, social, démocratique et écologique, constructeurs de solidarité et de justice sociale, se rassemblent pour dénoncer le comportement des diviseurs et exiger des appareils politiques un peu de bon sens et de respect des citoyens, de leurs droits et de leur besoins d’une société profondément nouvelle. 

Nous sommes l’immense majorité mais nous ne sommes rien car nous sommes divisés.  Alors, en 2021, rassemblons-nous et imposons-nous !

Pour moi, le progrès c’est Marguerite, et il n’a pas encore donné son cœur. Pour cela il faut se rassembler.

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