Idées pour éviter une catastrophe sociale s’ajoutant à la crise financière

Le seul moyen pour éviter un effondrement économique et social est la création monétaire au profit des Etats et le gel des activités financières parallèlement au gel des activités économiques.

 Idées pour éviter une catastrophe sociale s’ajoutant à la crise financière 

Face à la crise virale, toutes les approches antérieures apparaissent insuffisantes.

Il y a donc urgence à inventer des solutions non prévues si l’on veut aussi éviter la misère, le chômage encore plus massif et la baisse des revenus du plus grand nombre.

Face à un besoin de financement public sans précédent dans un monde où les impôts des plus riches n’ont cessé de diminuer, les États, même les plus riches, semblent bien dépourvus.

Aujourd’hui le courage politique est de prendre les mesures qu’imposent un confinement de la population impliquant un gel de l’essentiel de l’activité économique si l’on veut éviter que les médecins soient obligés d’opérer un tri entre les personnes qui seront soignées et celles qu’ils laisseront mourir, comme cela a débuté en Italie.

Geler les activités économiques non indispensables à la survie des habitants nécessite des moyens considérables.

Une première mesure simple, largement insuffisante mais utile et moralement indispensable, est d’obliger les plus riches à la solidarité qu’ils ont largement désertée avec la complicité des dirigeants.


Je propose donc 6 mesures immédiates que la France seule peut décider :

  • Suppression de la « flat taxe » et donc rétablissement de l’imposition des revenus du capital au niveau des revenus du travail.
  • Rétablissement de l’impôt sur la fortune
  • Création d’un impôt de solidarité levé rapidement sur les plus hauts revenus : 75% de la tranche des revenus 2019 supérieurs à 1 millions d’€
  • Suppression des baisses de cotisations sociales patronales accordées par Macron dès la reprise de l’activité économique
  • Abandon des réformes du code du travail, de l’assurance chômage et des retraites
  • Le blocage de tous les prix

Mais il est clair que cela ne suffira pas face au gouffre financier qui s’annonce, d’autant plus que la crise de la Bourse et de la production va réduire les niveaux de richesse et donc les impositions possibles sur les plus riches.


Le seul moyen pour éviter un effondrement économique et social est donc la création monétaire au profit des Etats et le gel des activités financières parallèlement au gel des activités économiques.

Pour cela je propose :

  • La suspension de tous les paiements de cotisations sociales
  • La fermeture de la Bourse
  • Le gel de tous les remboursements de prêts : cela signifie que les remboursements ne sont plus effectués mais que les échéances sont reportées au terme du prêt sans pénalités, ce qui est possible puisque les banques empruntent à un taux quasi nul.
  • Le financement immédiat par les États de la zone euro, du maintien des salaires, des prestations diverses (chômage, RSA, bourses d’étudiants…), d’une garantie du revenu déclaré l’année précédente pour les agriculteurs, les artisans, les commerçants et les autoentrepreneurs (grands oubliés de ce moment), des retraites et des prestations familiales…
  • Le versement de primes pour tous les personnels qui participent à la vie des habitants (personnels de santé, aides à domiciles …) et le recrutement de personnel supplémentaire.
  • Le financement de ces mesures par une émission monétaire de la Banque centrale au profit exclusif et immédiat des États.

Il me sera objecté que

  • Cela est contraire au traité de Maastricht : quand il a fallu sauver les banques on a oublié les termes du traité
  • Cela coûtera trop cher et dévaluera l’euro : dans tous les cas ce ne sera pas supérieur aux émissions monétaires autorisées pour sauver les banques après la crise de 2008 et cela sera au profit des peuples et non du système financier.

Si on ne fait pas cela, la casse économique et sociale sera considérable. Les États devraient s’endetter pour maintenir à flots l’économie et garantir des revenus des subsistances aux populations. Après la crise ce seraient les peuples qui paieraient l’addition et les banques qui feraient un profit supplémentaire. Pire, plus endettés, les États seraient encore plus soumis aux dictats et au chantage des financiers tandis que les dirigeants politiques y trouveraient un argument de plus pour justifier leur connivence avec ceux-ci ou leur soumission volontaire.  

Certes, cela générera peut-être quelques distorsions monétaires une fois la crise passée mais comme le monde entier est touché, je pense que l’effet sera très contenu. La dévaluation de l’euro serait limitée.

Il y a aussi un risque d’inflation si la production n’arrive pas à répondre aux besoins des populations, mais ce risque existe en l’état et il n’est pas catastrophique : une inflation contenu associée à une indexation des revenus faibles et moyens est aussi un instrument de réduction des inégalités. Un blocage temporaire des prix contiendrait le risque. De plus, le taux de chômage et l’échec de la politique de l’offre de l’UE, exacerbée par Hollande et pire par Macron, prouvent qu’il n’y a pas de surchauffe de l’économie et que la production peut répondre aux besoins.

Si on ne le fait pas, la Banque centrale autorisera la même création monétaire par et pour les banques et les effets négatifs possibles seront les mêmes sans les avantages pour les peuples.

Certes cela change complètement la politique européenne : la crise virale prouve que ce changement est indispensable !

 

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