ALERTE PAUVRETÉ

Pour éviter un drame social, il est indispensable de partager le travail au lieu de licencier contrairement aux incendiaires qui demandent au contraire d’augmenter la durée du travail pour accroître les profits. Il est indispensable que les États de l’UE retrouvent le droit de financer ces dépenses par la monnaie grâce à l’émission directe d’euros par la BCE au profit des États.

ALERTE PAUVRETÉ
2018, première année de la politique Macron, le taux de pauvreté a augmenté de 5% passant de 14,1 à 14,7% de la population. Cela représente 400 000 pauvres de plus en France en un an par la grâce de Macron tandis que les dividendes battaient des records et que la fiscalité sur les plus riches s’effondrait.
Hélas, la crise sanitaire va aggraver de manière spectaculaire cette pauvreté. La suppression des emplois précaires par non renouvellement de CDD, d’intérim ou de contrats de prestations avec des travailleurs ubérisés, a déjà fait exploser le chômage tandis que les 12 millions de salariés au chômage partiel perdaient une part de leur revenu.
Demain, la réduction progressive du chômage partiel annoncé par le gouvernement va multiplier les licenciements et donc la pauvreté.
On sent bien que le gouvernement et le patronat, une fois de plus, veulent faire payer la crise aux seuls travailleurs, chômeurs et retraités.
Pour éviter un drame social, il est indispensable de partager le travail au lieu de licencier contrairement aux incendiaires qui demandent au contraire d’augmenter la durée du travail pour accroître les profits.
Pour partager le travail sans pénaliser les travailleurs, qui ont déjà un manque criant de pouvoir d’achat, il faudrait combiner 4 mesures pendant au moins 2 ans :
- L’interdiction des licenciements : tous les salariés restent sous contrat avec leur entreprise, au moins jusqu’à obtention d’un contrat de travail équivalent
- La durée du travail est réduite si la charge de travail est réduite, dans la limite maximale du taux de compression de l’activité
- Le chômage partiel complète le salaire intégralement jusqu'à 4 fois le SMIC et de manière dégressive au-delà jusqu’à 7 fois le SMIC. Cependant, en cas de gains de productivité dans l’entreprise, l’employeur participe, proportionnellement à ces gains de productivité, au paiement du chômage partiel. Pendant ce temps, la distribution de dividendes est encadrée par la loi.
- Les salariés volontaires peuvent opter pour une formation avec maintien du contrat de travail et du salaire soit pour une amélioration de compétences dans l’entreprise, soit pour changer d‘activité au sein de l’entreprise, soit pour trouver un autre emploi. Dans tous les cas les droits antérieurs sont maintenus intégralement jusqu’à l’obtention du nouvel emploi.
Il est urgent que la classe politique qui refuse la précarisation du travail, le chômage et la pauvreté s’unisse et se mobilise pour proposer et obtenir cette protection sociale indispensable. C’est aussi une nécessité économique.
Un dialogue devrait s’installer entre les partis politiques de progrès social et les syndicats des pays de l’UE pour que des mesures de ce type se mettent en place dans tous les pays membres.
Parallèlement, un revenu de base, garanti sans condition, devrait être créé et un dialogue social s’ouvrir avec obligation d’aboutir rapidement à une augmentation des bas salaires et des salaires les plus utiles à la vie de chacun, emplois souvent précaires et à temps partiel, féminins et mal payés. Ceci suppose aussi un encadrement des plus hautes rémunérations.
Pour réussir ce plan il est aussi indispensable que les États de l’UE retrouvent le droit de financer ces dépenses par la monnaie grâce à l’émission directe d’euros par la BCE au profit des États. En cas de financement public des entreprises, les sommes versées seraient la propriété sociale des salariés et non des détenteurs des capitaux. Sinon l’endettement des États va exploser et les peuples devront payer aux banques les intérêts et le remboursement de sommes créées par les banques à la place de la puissance publique.
Il faudra ensuite réfléchir aux moyens de mettre en place un revenu universel garantissant le droit de vivre dignement quelques soient les aléas de la vie collective ou individuelle.

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.