URGENT : CONSEIL NATIONAL DE LA RECONSTRUCTION SOCIALE

C’est pendant la crise qu'il faut penser le monde demain. Hélas, contrairement à 1943 dans le CNR, n’y a pas de bougies de l’espérance sociale et humaine qui se réunissent pour créer le flambeau de l’espérance d’un autre monde, plus juste, plus solidaire, soucieux du bien des humains et de leur avenir et donc respectueux des grands équilibres de la planète et de la nature.

Ce n’est pas après la crise qu’il faut penser les lendemains, c’est pendant la crise. De Gaulle, Jean Moulin et les Résistants l’avaient compris en créant, en pleine guerre, le Conseil National de la Résistance. Alors que l’Europe connaissait les pires horreurs de sa pourtant guerrière histoire, ils comprirent que devait commencer la construction du monde de demain en corrigeant les erreurs d’hier. Ils construisirent l’une des plus belles utopies de l’humanité.

Dès que les ténèbres nazies recouvrirent l’Europe, des citoyennes et citoyens allumèrent des bougies pour défier les ténèbres. Ces flammes vacillantes et isolées ne pouvaient pas vaincre les ténèbres mais elles furent lumières pour les consciences. Elles signifiaient à tous que la lumière de la liberté et de la justice ne pouvait pas s’éteindre dans le cœur des humains et que l’aube triompherait de la nuit.

Les fondateurs du Conseil National de la Résistance regroupèrent, en pleine guerre, ces petites lumières dispersées en un flambeau de la liberté et de la justice qui ne s’éteindrait plus avant d’avoir vaincu les ténèbres.

Ils voulurent que l’aube nouvelle qu’ils préparaient ne fût pas comme le jour d’avant. Le flambeau fut celui de la libération de la patrie et de l’Europe. Il fut aussi celui d’une autre et belle espérance, celle d’un monde pacifié, plus juste, plus fraternel, plus humain, plus solidaire où selon l’expression de Lamartine en 1848, « chacun aurait sa place au soleil ».

AUJOURD’HUI, un microscopique être invisible suffit à mettre en lumière les erreurs et les échecs du monde d’hier, d’un monde méprisant les faibles, les travailleurs, les pauvres, les solidarités, les services publics et les équilibres humains et naturels.

Comme avant-hier pour la liberté, la justice et la dignité humaine, partout, les petites lumières des femmes de ménages, des aides-soignantes, des infirmières, des médecins éclairent l’humanité pour maintenir l’espoir. Partout, les petites bougies des travailleurs, souvent des travailleuses, si mal traité(e)s hier, nous permettent de manger et de subvenir à nos besoins. Comme avant-hier, elles et ils le font au risque de leur vie et de celle de leur famille.

Mais hélas pas comme avant-hier !

Il n’y a pas de bougies de l’espérance sociale et humaine qui se réunissent pour créer le flambeau de l’espérance d’un autre monde, plus juste, plus solidaire, soucieux du bien des humains et de leur avenir et donc respectueux des grands équilibres de la planète et de la nature.

Il n’y a pas de De Gaulle et de Jean Moulin.

Il n’y a pas de syndicalistes comme Louis Saillant (CGT) et Gaston Tessier.

Il n’y a pas d’hommes politiques comme André Mercier (PCF), André Le Troquer (SFIO), Marc Rucart (Radical), Georges Bidault (Démocrates-chrétiens), Joseph Laniel (Alliance démocratique), Jacques Debû-Bridel (Fédération républicaine).

Il n’y a pas ces visionnaires pour réunir, les syndicats, les associations, les partis politiques réellement progressistes, tous ces résistants à la destruction de l’idéologie financière et gestionnaire.

Puisqu’il n’y a pas à la tête des partis politiques et des syndicats des femmes et des hommes (pourtant, contrairement à Jean Moulin, ils ne risquent pas leur vie) pour réunir toutes ces bougies en un grand flambeau capable, dès demain, d’éclairer l’avenir, il appartient à chaque être humain, conscient de l’enjeu et soucieux de notre avenir et de celui de nos enfants et de nos petits-enfants, d’agir pour ce rassemblement.

Je propose donc, à chacun de nous, à tous ceux qui veulent que demain soit un autre monde, de proposer et d’agir localement, régionalement, nationalement, pour ceux qui peuvent agir à ce niveau, la création d’un nouveau CNR, d’un CNRS

                                     Un CONSEIL NATIONAL DE LA RECONSTRUCTION SOCIALE.

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