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Billet de blog 31 décembre 2025

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2026, UNE ANNEE CHARNIERE POUR LES DROITS HUMAINS ET SOCIAUX

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Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

Tout d’abord meilleurs vœux de bonne et heureuse année 2026 pour vous, vos familles et vos engagements.

Alors que 2025 marque une régression sans précédent depuis 80 ans des relations humaines que ce soit en France, en Europe ou dans le monde, il est difficile d’être optimiste pour 2026.

Victor Hugo proposait d’ouvrir des écoles pour fermer des prisons. Aujourd’hui, en France, comme dans d’autres pays, on ferme des écoles, des hôpitaux et des services publics pour ouvrir des prisons et des casernes et multiplier l’armement.

Pourtant, l’optimisme est nécessaire, comme l’utopie si l’on veut changer la vie, l’améliorer, construire la justice et la paix à tous les niveaux.

La gauche, divisée, déconsidérée par la politique Hollande/Macron, a abandonné les classes populaires. Elle ne représente plus pour beaucoup un espoir de changer la vie dans le sens du progrès social, de la justice sociale et de bénéficier de services publics accessibles à tous.

Pourtant une autre voie est possible, attentive au réel, au vécu des salarié(e)s, employé(e)s, aux attentes des jeunes, à la crise sociale, à la déliquescence des services publics. Une gauche qui propose de réparer le travail abimé, le manque de perspectives de la jeunesse, de redonner à chaque personne son égale dignité est nécessaire. Cette gauche du réel et non de l’idéologie, prônant l’engagement plutôt que la pureté idéologique, peut offrir une espérance à tous ceux qui souffrent des conditions de travail, de la pauvreté, de l’absence d’espérance, du manque de médecins et d’hôpitaux et de services de proximité. Elle peut convaincre de son utilité.

Mais cette gauche du réel ne doit pas oublier qu’il faut réinvestir le travail comme lieu central de conflictualité et de dignité, changer le travail et l’entreprise, donner plus de droits et de revenus au travail par une émancipation réaliste et graduée. Pour cela, la proposition de transformer les financements publics des entreprises, y compris les droits de successions supprimés par le « pacte Dutreil », en CAPITAL SOCIAL, géré par les salariés mais attaché à l’entreprise, non cessible et non délocalisable, peut remettre en cause le fondement du capitalisme qui est la propriété privée exclusive des modes de production et le pouvoir exclusif du capital dans l’entreprise.  

Cette gauche du réel ne doit pas négliger la souffrance des personnes qui n’arrivent plus à se soigner en violation de toutes les valeurs de la République sociale. Pour cela, il faut des mesures locales mais il faut aussi redonner à chacun une Sécurité Sociale garantissant l’égal accès à la santé. Cette Sécu est la bonne fée qui veille sur chaque français de sa naissance à sa mort. Hélas, honnie depuis toujours des patrons et des financiers, elle est présentée dans les médias comme une sorcière qui par les cotisations, appelées « charges » et les déficits voulus par le pouvoir réduit les salaires et ruine le pays. Elle est aussi vécue comme insuffisante puisque les déremboursements progressifs obligent chacun à payer très cher une complémentaire santé ou à se priver de soins. C’est pourquoi il faut revenir au souhait des Résistants et supprimer le ticket modérateur, qui n’est modérateur que pour les pauvres et la classe moyenne, et qui coûte très cher à chaque malade en rendant la SÉCU, branche maladie UNIVERSELLE.

Cette gauche du réel ne doit pas non plus oublier le rôle central de l’Etat pour orienter l’économie vers le bien commun c’est-à-dire vers la satisfaction des besoins du peuple dans le respect de planète. Elle doit réinvestir la direction de l’économie pour produire près des lieux de consommation tout ce qu’il est possible de produire et garantir ainsi l’approvisionnement en biens de première nécessité tout en réduisant l’impact économique. Elle peut disposer pour cela de la planification mais aussi des orientations stratégiques par des investissements publics et par le pouvoir donné aux salariés dans l’entreprise dans des institutions efficaces mais aussi par la gestion du capital social issu des financements publics.

Cette gauche, rassemblée doit réaliser la gestion du réel et sa transformation progressive mais transgressive de l’idéologie gestionnaire, véhiculée par tous les médias et qui détruit depuis des années les fondements du contrat social. Elle ne doit pas oublier que le bonheur des français et de l’humanité nécessite de dépasser le capitalisme et qu’un autre système productif, adapté à la société de la communication universelle instantanée, de la robotique et de ce qui est à tort appelé « l’intelligence artificielle » est nécessaire. Elle doit porter le projet d’un nouveau contrat social de progrès humain, social et écologique.

Cette démarche peut rassembler la gauche et au-delà de ses électeurs actuels, répondre au souhait du plus grand nombre. Il suffit qu’elle dépasse les querelles des chapelles du passé, les ambitions personnelles, les haines et rancœurs accumulées pour regarder l’avenir et de devoir de servir le peuple.

Aujourd’hui, je pense que François Ruffin incarne cette possibilité, non comme homme providentiel mais comme figure de passage. Par son passé auprès des travailleurs et travailleuses, son engagement dans les combats sociaux, son attention aux salariés des métiers indispensables mais mal payés, souvent féminins il peut rassembler autour de lui un peuple en marche vers le progrès humain, social et écologique. Il doit pour cela incarner cette gauche du réel sans oublier la volonté de transformer en profondeur la société, sans renier ses engagements passés, en recherchant, dans la confiance des classes populaires, souvent acquises à l’extrême droite par désespérance, le retour à gauche du vote populaire. C’est chez les désespérés par la gauche qui, trompés, ont voté extrême droite par désespoir, qu’il peut trouver les voix pour redonner à la gauche le pouvoir et à la démocratie son vrai sens de gouvernement du peuple par le peuple et pour le peuple. François Ruffin n’est pas la solution à lui seul mais il peut incarner une volonté et un rassemblement pour orienter collectivement le monde qui advient.   

Tout reste à faire et le point de départ est très loin des besoins, mais c’est cela ou demain le retour de la peste brune. Cela se construira en 2026 ou ne se fera pas. Il appartient à la gauche de tenir haut le flambeau des droits humains et sociaux face à la volonté destructrice du RN. Elle seule peut le faire, elle doit le faire car c’est un devoir historique.

Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.