Sisyphe, Mélenchon et le boulet

Après le départ de bon nombre de cadres dirigeants de la France Insoumise, beaucoup espéraient une inflexion démocratique de Jean-Luc Mélenchon. C'est clairement non. Transcription de son discours de clôture à l'Assemblée représentative de la France Insoumise, dimanche 23 juin 2019. Complétée d'une introduction-surprise.

Le 1er juin dernier, avant d'évoquer le Sisyphe heureux de Camus lors de son commentaire sur les résultats des élections européennes, Jean-Luc Mélenchon avait indiqué qu'il n'était ni choqué ni meurtri d’aucune expression critique. D’abord parce qu’il est normal que chacun veuille vivre sa vie, faire entendre ses conclusions et déployer ses calculs si vite que ce soit. Ensuite parce que, après ce que je viens de vivre depuis un an, je ne serais pas raisonnable d’attendre de l’élégance dans la vie politique. Enfin parce que les différents regards qui se portent sur le contexte font partie de celui-ci. Et donc ils méritent d’être eux-aussi observés sérieusement pour bien comprendre ce qui se passe. Ce semblant d'ouverture s'est clôturé avec fracas lors de l'Assemblée représentative de la FI tenue ce week-end à Vincennes.

Pourtant, il y a à discuter ! En deux ans, la France Insoumise a perdu 80% de ses électeurs, même s'il est vrai que l'essentiel de ce mauvais chemin avait été franchi dès les législatives de 2017 : 4,5 millions des votants pour JLM s'étaient évaporés au moment de choisir un député. Il en reste moins d'un million et demi aujourd'hui. Pour un mouvement qui affirme fédérer 580 000 insoumis, ça montre une bien faible influence sur son entourage pour chacun des insoumis !... On l'a compris, la réalité des chiffres n'est pas celle-là... Mais des chiffres, à la FI, personne, jamais, n'en parle...

Capitale de la douleur ! Au crépuscule de sa vie politique, notre nouveau Grindel livre donc que c'est douloureux quand on ne voit pas venir à la rescousse ceux pour lesquels on se bat. Car ces mauvais résultats, c'est d'abord au peuple lui-même que JLM les reproche. Puisque la ligne est bonne, pourquoi... pourquoi le peuple ne suit-il pas ?

Et cette ligne, justement, que certain.e.s à la FI qualifient de sectaire, que certain.e.s espéraient pouvoir enfin discuter, qui a conduit et conduit encore certain.e.s à claquer la porte, il n'est pas question d'y toucher. D'abord parce qu'il n'y en aurait pas ! La FI, selon Maximo 2, se résumerait à des communistes insoumis, les Ensemble insoumis, le Parti de Gauche, la Gauche Républicaine et Socialiste... Et peu importe que l'essentiel des insoumis n'appartiennent à aucun parti. Ceux-là doivent s'accommoder des arrangements entre amis qui se font de la manière la plus obscure dans la clique qui forme la tête du mouvement. La tambouille, pourtant largement décriée, rêgne ! Alors, nous, nous voterions des textes qui s'imposeraient à des partis qui ne sont pas les nôtres ? Et pourquoi pas si les choix se faisaient de façon démocratique ? Ne serait-ce pas un excellent apprentissage pour tous les insoumis qui défendent le projet d'une 6e République et d'une Assemblée constituante ?

Circulez ! Car la démocratie, justement, Mélenchon n'en veut pas. "Que ceux qui aspirent au retour des délices de la bataille pour les virgules, des plateformes où les meilleurs amis s'entre-égorgent dans les couloirs... Eh bien ! Ils se sont trompés d'adresse ! Je ne leur en veux pas ! Ces plaisirs sont disponibles à d'autres endroits. On a bien compris qu'il s'agit là des souvenirs de jeunesse de l'ancien lambertiste militant à l'OCI trotskiste avant qu'il ne choisisse d'aller goûter lui-même aux délices des luttes de tendances au sein du PS mitterrandien, rocardien ou jospiniste. Luttes internes où la trahison et les coups-bas constituaient la première règle de fonctionnement. Luttes fratricides auxquelles, en son temps, il a d'ailleurs largement participé. Mais toujours en minoritaire. On comprend qu'à la longue, ça frustre et ça créée des réflexes... 

Mais la démocratie, Jean-Luc, ce n'est pas ça !

Pour autant, le débat qui n'a pas commencé est déjà clos. Pas ici ! Ni maintenant, ni demain ! Jamais ! Voilà qui est clair et surtout définitif. Et qui — disons-le pour le coup — inquiète aussi sur l'acceptation de ce diktat autocratique par les lieutenants du grand leader ! Alexis Corbière, Manuel Bompard, Eric Coquerel, Adrien Quatennens, et tous les autres, hommes et femmes... c'est donc ainsi que vous voyez le mouvement ? Pas un mot de critique. Tous les insoumis en rangs derrière les chefs. Derrière vous et cette jeune garde (on ne se refait pas !) qui vient d'être nommée — et dénommée (j'ai bien noté) — sous forme d'organigramme jeuniste ?

Résumons. La France Insoumise, c'est Mélenchon. C'est quand même moi qui ait fondé la boutique, a su rappeler celui-dont-il-ne-faut-pas-taire-le-nom, ce Prince Harry Potier Sans Terre — Gros-Jean comme devant — dont la personne est sacrée (il l'a redit)... et dont le rôle est consubstantiel au mouvement (il l'a dit aussi).

Beaucoup d'aigreur... De la méchanceté même se dégage dans la posture de cet Être suprème du troisième millénaire, largement surjoué. Revenant sur les épisodes judiciaires de l'automne dernier, il semblait heureux que Mediapart ait aussi subi une perquisition après celles de son domicile et du siège des insoumis. Allant  jusqu'à s'indigner que le secret des sources protège les journalistes qui diffusent des compte-rendus d'audience... Mais quelle justice défend-il ? Quelle liberté de la presse ?

Citant Camus, il faut imaginer Sisyphe heureux, nous a redit le vieux jacobin. Sisyphe, parce qu'il aurait trahi le secret des dieux, condamné à remonter son boulet qui re-roule ensuite jusqu'en bas. Et si ? Et s'il n'y avait pas de secret ? Puisqu'il n'y pas plus de dieux...  A quoi bon Sisyphe ! Il resterait juste un boulet.

Résistance !

Assemblée représentative de la FI, Vincennes, 23 juin 2019 © F.I. Assemblée représentative de la FI, Vincennes, 23 juin 2019 © F.I.
Transcription du discours de Jean-Luc Mélenchon à l'Assemblée représentative de la France Insoumise

La vidéo de ce discours, sous-titré des mêmes éléments que cette transcription, est disponible ici.

... Exactement... Résistance !

Eh bien... Une page est en train de se tourner aujourd'hui. Vous le voyez à ce fait, entre autres, que je conclus alors qu'autrefois, j'ouvrais. C'est dire qu'il va se passer autre chose après... de différent... La fin du cycle de la période de l'élection présidentielle où naissait le mouvement La France Insoumise. Il faut le dire... cahin-caha... au fil des jours et des batailles ... à la bonne franquette... Parfois à la va comme je te pousse..., surgissait quelqu'un : Que ne fait-on une école de formation ?... Oui, pourquoi pas ! Tu veux le faire ? Oui... Ben, fais-le... Et ainsi de suite. Beaucoup de gens, qui se sont ensuite plaints de ma prétendue manière impérative, s'en trouvaient fort contents à ce moment-là, n'ont jamais rendus de comptes sur les conditions dans lesquelles ils ont été nommés, ni sur leur activité... Mais nous avons été amplement informés des raisons de leur départ.

C'est la vie. C'est la vie... Quand ça va mal, une sorte de vocation et d'audace apparaissent... Je ne veux pas rester dessus. On a dit Va-t-il parler ? Comme si, au lendemain d'une élection, j'allais commencer une carrière dans le cinéma muet ! Me-suis-je jamais tu ? Ai-je jamais fait autre chose que d'assumer les responsabilités qui m'ont été confiées et pour faire ce qu'on me demande de faire... qui n'est pas d'aller pleurnicher, gémir, contempler ses boyaux fumants et son nombril préciosissime... Mais faire ce pour quoi on est responsable d'un mouvement... pourquoi j'ai proposé ma candidature en 2017... pourquoi nous avons mené en deux ans trois campagnes : une présidentielle, une législative et une européenne d'où nous ressortons adossés sur le souvenir dynamique, entrainant, et sur l'affection qui était encore constatée à Belfort parmi le peuple des salariés et des braves gens qui défendaient leur usine, capital précieux qu'aucun dénigrement, aucune insulte, aucune campagne n'a atteint. Car entre-nous, on sait se reconnaître...

Et beaucoup ont vu ce qu'a été la souffrance de cette campagne interminable pour nous flétrir, nous humilier et nous insulter... Réduire tout ce que nous sommes à quelques petites aventures qui occupent deux ou trois lignes dans un coin de page... Voyez-vous... en si peu de temps, une force politique est née. Elle a un programme et une vie. Elle a une organisation, le mouvement des Insoumis, et il vit. Il a une groupe parlementaire à l'assemblée nationale. Il a deux sénateurs. Il a six députés européens... Une force est là. C'est un point d'appui et rien — en tous cas, aucune simagrée, aucune auto-flagellation de provenance tant à la mode dans la vieille gauche officielle mondaine — ne viendra jamais l'abattre.

Bon, ben voilà...L'essentiel est dit... Non ?...

Parlera-t-il ? Mais j'ai parlé ! A l'Assemblée nationale... A la tribune... Ce qui est bien normal pour un tribun... Car c'est de là que vient le mot. Figurez-vous que si ma personne est sacrée, comme celle de tous ceux qui sont dans la salle à l'Assemblée nationale, c'est du fait des tribuns du peuple qui depuis 492 avant notre ère, ont conquis le droit important de ne pas se contenter d'avoir le droit d'être d'accord avec le pouvoir... Mais d'être en désaccord...Voilà d'où vient l'origine de la fonction des tribuns. Et je suis fier d'être votre tribun... Parmi d'autres, hein ! Au moins parmi les 17... Au moins parmi les six...Et ainsi de suite...

Mes amis, (inaudible) c'est notre devoir de nous opposer. Vouloir tout changer, comme c'est notre objectif, comme c'est le contenu du programme L'Avenir En Commun, c'était hier une option philosophique, une manière de voir la vie, un regard sur le monde et les relations aux autres... Depuis ce que que nous savons sur l'avancée de la catastrophe climatique, c'est un impératif catégorique. Depuis ce que nous avons pu observer l'agressivité incroyable des Etats-Unis d'Amérique qui, il y a à peine deux jours, ont failli mener le monde à la guerre totale, c'est devenu un impératif catégorique. Depuis que nous savons qu'une petite poignée s'empare de toutes les richesses, nonobstant toutes les souffrances, l'accumulation de toutes les frustrations, ce qui était une vision du monde est devenu un impératif catégorique. Si l'on veut qu'il y ait une suite à la civilisation humaine — Parce que c'est ça qui est en jeu pour le moment — Ce n'est pas seulement une idée, c'est l'avenir de la civilisation humaine. Bon...

Alors, là-dessus, contrairement à ce que nous espérions, alors que nous avons mené une bataille si extraordinaire dont je veux encore une fois remercier les seize camarades qui l'ont conduite en se réunissant toutes les semaines pour diriger cette campagne autour de Manon Aubry, et en pensant à ces centaines d'amis qui partout, partout, par milliers même, ont organisé tant et tant de réunions, fait tant et tant de porte-à-porte... Oui ! Alors, je suis triste... que ça n'ait pas donné ce dont on attendait. Et nous, qui sommes, à la suite de Jean Jaurès, concentrés sur l'idée qu'il n'y a au fond peut-être qu'une seule question politique qui soit posée à la société qui est celle de la souveraineté politique du peuple... Oui, c'est cruel ! C'est douloureux quand on ne voit pas venir à la rescousse ceux pour lesquels on se bat. Oui, c'est cruel et c'est douloureux... Mais ça ne nous fait changer en rien dans le choix fondamental que nous avons faits et de vers qui nous nous tournons, pour qui nous parlons, parce que c'est notre devoir de le faire...

J'ai évoqué la figure de Sisyphe...Vous savez... En rappelant ce beau texte de Camus, quand il dit à la fin : Il faut imaginer Sisyphe heureux... Et en effet, il faut imaginer. Parce que Sisyphe avait volé le secret des Dieux et il prétendait enseigner aux êtres humains... Raison pour laquelle il a été condamné par les Dieux. Mais surtout par le plus terrible d'entre eux, Adès, le dieu de la Mort. Comme si, en définitive, la mort elle-même pouvait à un moment donné, quand il n'y avait plus aucun recours, vaincre l'insoumission de celui qui avait décidé de ne pas être d'accord et de le répandre.

Eh bien ! Même Adès n'en est pas venu à bout. Sisyphe a été condamné à remonter le rocher qui re-roule ensuite jusqu'en bas...Alors, c'est vrai que quand c'est en haut, c'est mieux. Et quand c'est en bas, on fait avec ! Et comme je l'ai dit, suivant une vieille formule : Les hauts, je les méprise. Les bas, je les reprise ! Ca fait partie de notre vie...C'est comme ça. Et oui, ça vaut la peine de dire que Sisyphe est heureux. Car ce qui donne un sens à l'existence elle-même, que ce soit dans notre vie privée ou dans notre vie collective, c'est l'effort que nous faisons pour dépasser le moment qui nous enferme, la condition qui nous enferme, les relations qui nous enferment... Les faire éclater pour aller plus loin dans l'accomplissement de notre propre humanité.

Alors, oui, l'insoumission est le sel de l'existence. Elle est son moteur, sa raison d'être, au delà même de l'organisation politique qui porte aujourd'hui ce nom. Et ce mouvement restera un mouvement. Il ne peut pas être un parti politique. Que ceux qui aspirent au retour des délices de la bataille pour les virgules, des plateformes où les meilleurs amis s'entre-égorgent dans les couloirs... Eh bien ! Ils se sont trompés d'adresse ! Je ne leur en veux pas ! Ces plaisirs sont disponibles à d'autres endroits. Pas ici ! Ni maintenant, ni demain ! Jamais !

Pourquoi ? Mais pourquoi ? Est-ce que c'est un caprice personnel ? Après tout, j'y aurais bien droit, non ? C'est quand même moi qui ait fondé la boutique avec quelques autres... Mais ce n'est pas ça, le sujet ! C'est que le mouvement insoumis est composé de vagues successives de gens qui l'ont rejoint. Pas tous dans les mêmes conditions...Au début, c'étaient ceux qui appuyaient ma candidature. Puis, ceux qui rejoignaient le programme des Insoumis. Enfin, ceux qui rejoignaient le mouvement insoumis. Et depuis la fin des élections présidentielles, à la cadence de mille personnes par mois qui rejoignent ce mouvement — dont certes quelques-uns s'en vont, mais pourquoi pas ! La porte bat dans les deux sens. Plutôt du côté de l'entrée que de la sortie. Des fois, je le regrette...

Mais enfin ! Il est donc impossible d'homogénéiser de force des gens qui n'ont pas rejoint la France Insoumise pour participer à ce type de bataille. Ca ne les intéresse pas. Et puis, nous avons dans la France Insoumise différents partis qui nous appuient : organisations, clubs... Les communistes insoumis, les Ensemble insoumis, le Parti de Gauche, la Gauche Républicaine et Socialiste... Et alors, nous, nous voterions des textes qui s'imposeraient à des partis qui ne sont pas les nôtres ? Mais on leur dirait Venez ! En plus, on fixe la doctrine... Non, ce n'est pas possible. C'est donc, et ce sera toujours une organisation composite nécessairement évolutive qui se fait sous vos yeux, qui se fabrique non pour elle-même... Le but des Insoumis n'est pas de coller une étiquette insoumise partout. C'est d'être au service de l'auto-organisation populaire parce que la révolution citoyenne sans laquelle aucun avenir n'est possible... quand la patrie des français nécessite que les français s'en mêlent tous... Donc, chaque élection, chaque occasion...Pour nous, notre devoir de serviteur du peuple est d'aider à faire progresser la conscience collective pour que les gens se mêlent de leurs propres affaires. Pas pour qu'on pense à leur place. Pas pour qu'on agisse à leur place ni qu'on leur dise ce qu'ils doivent faire. Bon... Tout ça, vous le savez. Mais j'estime indispensable de le rappeler à intervalles réguliers.

J'espère que vous sentez la force allusive de mon propos puisque je dois être la seule personne que tout le monde a le pouvoir de critiquer et d'insulter, le seul ami que l'on peut trahir en une nuit sans un SMS de préavis... Mais si jamais je réplique, alors on voit mon caractère brutal et on peut montrer du doigt mes méthodes impératives...

Voilà ce que je voulais vous dire. Je ne crois pas que nous puissions faire moins que la liberté. Et c'est parce que nous l'aimons que nous faisons cette forme de mouvement. Je ne crois pas que nous soyons moins qu'une organisation qui pratique l'égalité entre tous. Mais en tout cas, ce dont je suis certain, c'est qu'on ne fait rien vivre de durable dans la difficulté qui est la nôtre, on ne fait rien vivre sans fraternité. Et la fraternité est un devoir individuel à l'égard de tous les autres. Et peut-être aussi à mon égard ! Alors... Et pour en finir avec ce chapître, je suis consterné par le nombrilisme de certaines critiques. Alors, dans une sorte de toute puissance puérile, si nous avons rencontré des difficultés, ce serait entièrement de notre faute parce que nous n'avons pas coché la bonne case dans le QCM... Parce que je ne suis pas assez poli... Parce que l'autre est trop ceci, l'autre...

Mais qu'est ce que c'est que cette histoire ? Nous sommes dans une arène. Pas dans un concours ! Pas dans un examen ! Une arène ! Alors quoi ! L'ennemi ne s'est pas mobilisé ? Il ne nous a pas accablé pendant des mois ? Et il ne nous a pas infligé des persécutions judiciaires et policières comme personne d'autre que nous n'a eu à subir dans ce pays ! Il ne l'a pas fait ? A l'imitation de ce qui s'est fait au Brésil pour abattre Dilma Roussef, et ensuite Lula dans des accusations sans preuves ? Comme contre nous ! Ils ne l'ont pas faits comme ils l'ont fait contre Raphaël Correa avec vingt-cinq inculpations pénales ? Oui ! La méthode de l'abus et de l'instrumentalisation de la justice et de la police s'est répandue partout dans l'univers contre les opposants de notre variété, contre ceux qui veulent tout changer ! En êtes-vous surpris ? Vous vous attendiez à quoi ? Des compliments ? Qu'ils vous remercient, qu'ils vous félicitent pour vos bonnes idées ?

Ils savent à quoi nous nous attaquons. 5% de ceux qui possèdent tout dans ce pays possèdent autant que 30%. Ils sont infiniment riches, ils ont tout à leur service. Ils ont acheté la presse et les consciences qui vont avec. Ils font les carrières et les défont... et vous croyez qu'ils vont vous complimenter, vous remercier pour vos brillantes trouvailles ? Non ! C'est une lutte implacable dans laquelle tous les coups ont été permis !

Alors, d'abord, on nous a attribué toutes les violences des Gilets jaunes ! Mais pour nous, la plus grande des violences que nous avons observée, c'est quand nous avons demandé une minute de silence à la mémoire des personnes mortes dans cette affaire... Et que nous avons vu toute l'assemblée se lever — tous les bancs — et le gouvernement rester assis. Pour montrer que les blessures qu'il a infligées à ces 22 personnes qu'il a éborgnées, à la personne qui est morte à Marseille, à ceux qui ont eu les mains arrachées, à ces milliers de gens qui ont été jugés à la chaîne jusqu'à 4 heures, 5 heures, 6 heures du matin, pour répandre la peur partout. Que ce gouvernement assumait cette violence, la violence de sa dérive autoritaire. Il l'assumait — Tenez vous le pour dit — Aucun coup ne vous sera épargné.

Et hier encore, à Belfort, je croisais ces bisontins qui me racontaient comment ils ont été arrêtés dans des halls d'immeubles alors qu'ils se préparaient à aller à une manifestation ! Ils ne manifestaient même pas ! Ils n'avaient même pas de gilet jaune encore sur eux ! Tous ramassés, tous au bloc ! Tous une amende ! 65 euros ! C'est une somme considérable pour toutes sortes de braves gens que 65 euros. Alors, nous en connaissons tous la conséquence. Nous avons connu des dizaines de nos amis disant Je ne vais pas à la manifestation parce que, je te le dis, j'ai peur... La peur est devenue l'instrument de ce pouvoir. En même temps que le harcèlement et le matraquage médiatique comme nous l'avons vu pendant le Grand débat... Tout ça a alors existé et tout ça, nous avons eu à nous y confronter !

Eh oui ! Nous n'avons pas su retourner cette situation. Quand bien même...Jamais on n'avait tenu autant de réunions. Jamais on n'avait fait autant de travail ! Mais enfin, quand même, au bout du compte, ce qui s'est fait est fait. Et le fond de l'affaire n'est même pas dans ce matraquage-là. Je vous le dis franchement. D'abord parce que les gens lisent de moins en moins les journaux — Demandez-vous pourquoi — qu'ils regardent de moins en moins... Non, Bref ! Ce n'est pas le fond de nos difficultés. Notre difficulté, il faut l'analyser avec la discipline intellectuelle qui est la nôtre.

S'il y a une crise de la représentation politique, ce n'est pas parce que la qualité de l'offre est insuffisante, comme disent certains. La raison de cette séparation, de cette coupure avec la représentation politique, elle est dans la société.

Autrefois, il y avait des grands blocs sociaux qui s'étaient, au fil de l'histoire, construits une mentalité collective des idées, des systèmes de pensée... Tout cela a volé en éclats. Et plus que jamais, la société s'éparpille... Et d'ailleurs, les libéraux passent leur temps à l'éparpiller en multipliant le refus des statuts... les conditions précaires — de plus en plus — ... le tournis dans l'emploi... Savez-vous qu'il a quintuplé depuis les années 1980 ? Que 90% des premières embauches se font dans des contrats à durée déterminée ou sur des postes de travail transitoires. Et (inaudible) nous a montré comment, lorsque redémarre l'emploi dans le Bâtiment aujourd'hui, c'est d'abord par des emplois précaires et maintenant, surtout par du travail détaché que le risque vient de voir finir de se démanteler les cohésions qui sont possibles dans telle ou telle corporation.

Oui.Voilà ! C'est ça ! D'un côté, ce peuple abasourdi dont une de ses fractions est saoulée de misère, dont le seul projet consiste à vivre le lendemain et la semaine d'après, à remplir le frigo pour la fin de la semaine, et à se livrer à cette tragique mathématique du quotidien : est-ce-qu'on va se nourrir ou bien se déplacer ? Est-ce-qu'on va se soigner ou bien se vêtir ? Et ainsi de suite...
Et puis, l'autre fraction, un peu mieux installée et folle de peur de perdre le peu qu'elle a... Et encore à l'autre bout, ces classes, "sachantes", qui dans un moment jouissent de revenus su
ffisant pour vivre et qui se figurent que tout pourrait s'arranger sans qu'on ne change rien.

Et le gouffre s'est ouvert parmi ces 90% qui font face à l'oligarchie. Il n'est pas vrai que le 99% soit dans le même camp, face à 1%. Ce n'est pas vrai ! Le 99% est très éclaté socialement. Et voilà la racine de nos difficultés. Nous avons le plus grand mal à construire une transversale, une cause commune entre des catégories sociales aussi éclatées et qui se font une représentation de leur futur aussi diverses. Voilà où est notre difficulté.

Dans la campagne des élections présidentielles, nous avons réussi à tracer ce projet qui fédérait. Nous n'y sommes pas parvenus dans l'élection européenne. Et cela tient sans doute à nos faiblesses, etc, etc... Flagellez-vous, si vous le voulez, à ma place. Je n'y ai aucun goût.

Mais cette faiblesse est due essentiellement à la difficulté qu'il y avait à parvenir à fédérer dans cette circonstance. Quand vous allez voir des gens pour leur dire d'élire des députés dans un parlement qui n'a pas de pouvoir, qui fait vivre une institution que vous condamnez... eh bien, vous avez du mal à faire comprendre aux gens de bon sens pourquoi il faut le faire ! Oui, ça a été une grande difficulté ! Et entre les euro-béats qui trouvent qu'aucun prix n'est trop cher du moment que c'est l'Europe, et les euro-butés qui capitulent d'avance... Eh bien, la position que nous avons portée — Celle du plan A et du plan B, celle de la souveraineté populaire — on n'a pas su le faire comme il fallait le faire et on n'a pas réussi à fédérer. Voilà. Mais cette difficulté, mes amis, n'allez pas croire que c'est une affaire d'une campagne électorale plus ou moins bien réussie. C'est une question de fond. Et elle va devenir encore plus grave devant nous... Pourquoi ?

Parce qu'entre temps, vont se concrétiser les conséquences de la destruction du Code du travail. La destruction du Code du travail, c'est 200 000 mandats syndicaux de moins sur les 600 000 que compte le pays. Ca signifie que cette partie organisée du salariat est affaiblie. Pour ne citer que cet exemple... Toutes les facilités qui ont été données au patronat pour licencier les gens encore plus vite, pour changer leurs statuts sans qu'ils puissent protester alors qu'auparavant, ils pouvaient considérer — eux, les salariés — que c'était une rupture de leur contrat de travail et réclamer contre leur patron. Dorénavant, ils n'ont plus ces recours. Par conséquent, pour cette partie organisée de la population dans les syndicats et se retrouvant sur des idées communes, la situation est plus difficile.

Les fonctionnaires de l'Etat ! L'Etat qui a la nécessité de la stabilité absolue de la fonction publique parce que c'est le moyen de lutter contre la corruption, parce que c'est le moyen pour faire progresser en connaissances et en formation professionnelle les fonctionnaires, l'Etat a besoin du statut de la fonction publique... L'Etat est détruit par la politique macroniste de la fonction publique. Quand vous aurez demain des directeurs de l'administration centrale qui seront recrutés sur un contrat de mission pour quelques mois — Ces gens-là seront payés pour venir détruire l'Etat de l'intérieur, exactement comme ils le font chaque fois qu'ils pantouflent ! L'Etat ! Dont il nous reviendra la tâche de le reconstruire en tant qu'Etat républicain, c'est-à-dire voué à l'intérêt général excluant absolument les pressions des intérêts particuliers qui s'exercent sur lui. Tout cela sera à reconstruire.

L'école ! Détruite par le projet Blanquer avec ses spécialisations des enfants — Les gosses bien placés à tel lycée et les autres dans le reste — avec des établissements qui concentreront tout, du primaire au secondaire. Oui ! L'école ! Principal levier de l'unité française, de l'unité républicaine... L'idée qu'on peut s'améliorer par soi-même en se hissant, par ses mérites et ses connaissances... C'est cela qu'on est en train de tuer dans l'œuf. Ce sera encore plus dur après !

Plus longtemps durera le macronisme, plus dure sera la tâche pour relever la France républicaine à laquelle nous sommes attachés. Alors... Qu'on ne l'oublie jamais ! Ce n'est pas une jeu ! Et pour ma part, j'ai passé l'âge de faire une carrière. Par conséquent, c'est une lutte. Et c'est dans la lutte que les options vont se définir. N'en doutez pas.

Chaque étape est une étape vers la conquête du pouvoir et la condition que nous échangeons avec une majorité de français que nous sommes mieux placés pour faire le bien... de la suite... de la vie de ce pays. Chaque étape ! Les élections municipales ont du sens en tant que préparation à l'auto-organisation populaire qui s'exprimera et qu'on retrouvera ensuite à l'étape d'après. Et de même avec les élections départementales ! Et de même avec les élections régionales ! Jusqu'à l'élection de 2022 ! parce que tout le monde a compris que c'est sur cette fonction — dans cette constitution que nous n'avons pas choisie — que se concentre tous le pouvoir. Et ceux qui ne l'admettent pas sont ceux qui veulent aller jouer un match de foot avec les règles du basket ! Eh bien ! Si vous jouez au foot, faut être les meilleurs au foot ! Si vous jouez aux élections présidentielles, faut être les meilleurs aux élections présidentielles ! Et ça se prépare de longue main !

Mais ce ne sera pas affaire que d'élections, les amis... Et ça, c'est le message qu'il faut faire passer. Nous ne sommes pas simplement voués aux élections. Bien-sûr, les élections, c'est important — Nous sommes républicains et démocrates — Non, mais... Dans ce pays, vous savez, tout est cul par dessus-tête...

Alors, il y a une élection... Le gouvernement dit que c'est lui qui va arriver devant... Et qu'on va voir ce qu'on va voir... Et il invente un match avec le Rassemblement National. On vote... Et c'est moi qu'on vient voir à la sortie... On me dit : "Mais... vous aviez parlé d'un référendum anti-Macron...Eh ben, ce n'est pas ce qui s'est passé." Ah bon ? Il n'y a pas 80% des gens qui ont émis une opinion politique avec un bulletin de vote... Ils n'ont pas voté contre le pouvoir ? Bien-sûr que si ! Le pouvoir, et tous ses amis étaient regroupés sur une seule liste et ils ont fait 20%. 80% leur ont dit Allez vous faire voir ! Et ces 80%, si on y ajoute tous ceux qui ne sont pas déplacés, ça fait 90% des inscrits.

Le pouvoir est le pouvoir avec 10% des inscrits. Par conséquent, tout ce qu'il fait, tout ce qu'il décide, tout est une violence. Tout est incroyable dans un état de droit et une démocratie. Bien-sûr, il faut la stabilité des institutions. Personne ici ne va dire le contraire... Nous n'avons jamais rêvé d'un gouvernement de la barricade permanente... Mais enfin ! Entre le pouvoir absolu sous lequel nous vivons et cet autre extrême, il y a peut-être une autre manière d'avancer qui garantit à la fois la solidité de l'exécutif mais la capacité permanente d'intervention populaire... C'est pour ça que nous avons pris fait et cause avec le mouvement des Gilets jaunes quand il réclamait le référendum d'initiative citoyenne. Que nous sommes des partisans du Référendum révocatoire qui donne le pouvoir au peuple à tout instant de dire Non, là c'est trop !

Et c'est la raison d'ailleurs pour laquelle je suis stupéfait de voir que c'est à moi qu'on me demande de s'en aller ! Sans que je sache de quoi, d'ailleurs, je dois m'en aller. Je suis Président de groupe à l'Assemblée nationale — Je suis d'ailleurs le seul élu par les autres dans le mouvement des Insoumis. Je le signale au passage parce que, pour un dictateur, c'est quand même curieux.

Bon. Voilà ! Alors, c'est à nous qu'on dit Il faut s'en aller... Et puis, pire encore, je vois tel éditorialiste, qui a transformé une magnifique émission du dimanche en une clownerie à buzz, dire Il doit s'en aller... Mais jeune homme, occupez-vous d'abord de savoir pourquoi votre audience diminue avant de venir me dire que pour que la mienne augmente, il faut que je m'en aille ! Peut-être que c'est vous qui devriez partir ! Et ainsi de suite... Et ainsi de suite...

Non, c'est le monde à l'envers. Le pouvoir a perdu les élections européennes. Il les a perdu lourdement en tant que pouvoir. Et il n'en tire aucune sorte de conclusion démocratique. Si, une ! Ils vont continuer plus fort qu'avant ! Pourquoi ? Parce que tous les ballots qui se sont figurés que pour mettre un bon coup de pied au cul de Macron, il fallait mettre les grosses bottes du Front National sont en train de découvrir que le fait de leur confier cette tâche ne sert strictement à rien. Le Front National a gagné cette élection parce qu'il est arrivé en tête et que s'est-il passé depuis du point de vue du rapport de force avec la politique de Macron ? Rien. Absolument rien. Madame est partie en vacances avec le reste de la dynastie. Ils ne sont pas là. Même pas à l'Assemblée nationale où ils sont élus et où on peut prendre la parole, quand même, encore pour l'instant — Ca ne durera pas parce que les macronistes ont changé le règlement intérieur.

Donc, tout ça ne les a mené nulle part... Et nous, alors, quoi ? Qu'est-ce-qu'on peut faire d'autre à part se remettre au combat ? Est-ce-que les raisons de s'y mettre nous manquent ? Non... Est-ce-que vous avez le sentiment que les idées que nous avons mises en circulation sont moins pressantes qu'elles ne l'étaient il y a deux ans ? Non... L'inverse... Tout le monde parle notre langue aujourd'hui. Et c'est drôle ! Quand c'est les autres, on les félicite... Quand c'est monsieur Yannick Jadot qui dit qu'il ne veut pas faire de tambouille, avec mes propres mots , tout le monde dit Ah, mais c'est très bien. A moi, on dit Quoi ! Il ne veut s'allier avec personne. L'égo... Quand il dit On ne fera d'alliance avec personne", on dit Ah, mais c'est bien. Quelle pureté ! Quand c'était nous, on disait Ah, mais quel sectaire. Et Monsieur Jadot lui-même disait Cette volonté d'hégémonie... Eh bien vous voyez... C'est comme ça... La lutte. Les raisons d'agir... Evidemment, d'abord, se confronter au défi... Regardez bien le résultat. Les élections européennes ont eu lieu. Des négociations sont en cours au niveau européen pour constituer la Commission et les autres organes...

Dans cette situation, la France est affaiblie. Elle s'est affaiblie méthodiquement du fait d'une gestion hasardeuse de son rapport aux autres nations d'Europe. Les foucades du Président, ses trouvailles étranges proclamées un jour et oubliées le lendemain, ses discours plus interminables que les miens avec des approximations successives sur une souveraineté qui ne peut pas exister — La souveraineté européenne, etc, etc — nous ont isolés. Pour la première fois, on a vu dix nations d'Europe écrire une lettre pour condamner la position du président français. On croit rêver ! C'est ça l'Union ?

Et puis, on a vu — Et vous vous souvenez comment on a parlé de moi à ce moment-là. Il est vrai que mon cas s'aggravait. J'avais auparavant écrit un livre qui s'appelait Le Hareng de Bismarck où je montrais comment, petit à petit, les gouvernements de droite allemands étaient en train de coloniser la totalité des institutions européennes et, par là même, mettaient l'Europe en danger.... Voilà maintenant qu'un de ceux qui me traitaient de germanophobe — le journaliste inamovible à l'Europe de Libération, Monsieur Quatremer — dit que c'est une Europe allemande qui est en train de se faire et que ça va trop loin. Et enfin, ça va trop loin...

Pour la première fois, on a vu la présidente du parti CDU-CSU, Madame Annegret Kramp-Karrenbauer, demander, premièrement, que l'on annule le siège du Parlement européen à Strasbourg. Si nous sommes à Strasbourg, ce n'est pas parce ce qu'on ne sait pas où aller ailleurs. L'emplacement d'une capitale n'a jamais été déterminé par des raisons de circonstances géographiques — Sinon, Paris ne serait pas la capitale de la France vu qu'elle est très proche des frontières de notre envahisseur habituel. On se serait mis ailleurs. Et par conséquent, si on est à Strasbourg, c'est parce que Strasbourg incarne la possibilité de la vie commune des allemands et des français au bout de tant de décennies de luttes implacables ayant donné lie, du fait de l'impérialisme allemand, à deux guerres mondiales dans lesquelles des millions de gens sont morts. Nous ne sommes donc pas à Strasbourg en raison de son climat, mais en raison de la volonté, et de ce que cela nous enjoint comme devoirs de coopération fraternelle avec le peuple allemand. Voilà pourquoi nous sommes à Strasbourg. Ce n'est pas du nationalisme que de défendre le siège. Madame Karrenbauer le sait. Alors pourquoi parle-t-elle comme ça ? Ils disent "Tous les mois, il faut transporter des malles... "Ah bon ? Vous en êtes encore aux malles ? Vous n'avez pas d'ordinateurs ? Qu'est-ce-que c'est que cette histoire ? Les soi-disants surcoûts, c'est 0,0001 du budget total de l'Europe. C'est un prétexte pour donner plus que jamais à l'Europe son visage de technocrates anonymes, de la grisaille de la soucoupe volante qui est posée en plein milieu de Bruxelles et qui s'appelle le siège de l'Europe, à Bruxelles.

Et Madame Karrenbauer a encore trouvé l'audace d'aller dire que le siège des français au Conseil de sécurité, lui aussi, serait mis en cause au profit de je ne sais quel siège européen dont on se demande qui l'incarnerait vu qu'il n'y a pas de politique étrangère européenne. Mais c'est très grave de dire ça aussi ! Quelque chose est en train de mourir sur pied...Je ne sais comment vous le dire... Comment vous transmettre ce message ? Nous sommes en danger, à partir du moment où on commence à se parler comme ça, d'un côté et de l'autre de la frontière.

Evidemment, le danger plonge plus profond... Cette Union européenne, construite pour la paix, et tous ces gens qui se regroupent pour dire Maintenant, la cause commune, c'est la défense ! Bref, la guerre !
Et même quand elle marque des points, par ses diplomaties nationales, comme par exemple les français (qui) font un travail admirable — Et pourtant je n'étais pas d'accord avec ce ministre des A
ffaires étrangères — pour obtenir un accord de désarmement nucléaire avec l'Iran. Que pour finir, on l'obtient, avec les garanties...Et que les agences internationales de vérification disent Oui, les iraniens respectent leur parole. Eh bien, il aura suffi que les nord-américains décident qu'il se retiraient de l'accord et qu'il mettaient l'Iran sous toutes sortes d'embargos qui est devenu dorénavant la politique impériale partout ! Nous sommes passés à deux doigts d'une guerre... Eh bien, qu'ont fait tous ces importants personnages qui nous ont fait la leçon sur tous les tons quand nous avons parlé, nous, de la Conférence pour la paix, quand nous intervenons sur la Conférence des frontières en Europe... Alors, qu'ont-ils faits ? Rien... Encore une fois, personne n'a rien dit. Monsieur Trump amène le monde au bord de la guerre et il n'y a pas un gouvernement européen pour condamner ce type de comportement. C'est incroyable.

Sur le climat, les choses ne sont pas mieux. Ah, on en a entendu, hein ! Et voilà, ils se sont retrouvés ! Il était question d'un accord pour parvenir à la neutralité en 2050. Impossible de le signer. Une série de pays n'en veut pas.
Autrement dit, une série de pays en Europe considère que ce n'est pas la question la plus urgente. Que tant qu'on n'a pas donné tel ou tel financement, ils refusent de s'intéresser à l'accélération de ce processus de passage à la neutralité.

Bon, vous l'avez compris... la bataille reste très ouverte. Et nos amis, au Parlement européen, vont avoir beaucoup de travail à accomplir pour être à la fois des sentinelles, des lanceurs d'alertes, des "proposants" de solutions que l'on fasse connaître au grand nombre. Car le grand nombre doit savoir qu'il existe aussi des solutions internationales dès lors que l'on va en chercher la source dans la souveraineté du peuple. Et qu'on va en chercher les appuis dans le renfort de l'identité républicaine des français. Ces phrases peuvent vous paraître abstraites. Ce sont nos principaux outils pour avancer face au chaos qui se dessine devant nous.

Le deuxième défi que j'ai aperçu, c'est celui de la financiarisation accélérée de l'économie. De plus en plus, la finance entre, gouverne et décide de tout. Dans des conditions où, parce qu'elle est portée par des idéologues hallucinés, plus personne ne s'occupe des conséquences de ce qui est décidé.

Le Président de la république, qui appartient à cette école de la finance — Il en a été lui-même un acteur, et non des moindres, puisqu'il était spécialisé dans les achats/ventes des entreprises — s'est persuadé que, du moment qu'on met un tas de billets à côté d'un tas de tôles, on attend... et il sort des voitures... Ou des trains... Ou des avions... C'est-à-dire qu'il croit que la capital travaille. Personne ne lui a dit que seuls les êtres humains travaillent. Même quand il y a des robots, ce sont des êtres humains. Et voilà comment cet homme, bien plus intelligent et cultivé que moi — tout le monde le sait — m'a expliqué qu'Alstom Transports, c'est-à-dire le TGV et les autres machines de cette sorte qui sont admirables et uniques au monde, ça n'était pas viable sans Siemens, une entreprise qui ne sait pas fabriquer des trains mais qui essaie quand même ! Eh bien oui ! Ce n'était pas viable !... Oui, oui, je sais ce que je dis à propos de Siemens et de leurs trains, vous n'avez qu'à aller voir, ceux qui s'intéressent aux trains...

Le mois d'après, cette entreprise annonce des bénéfices records et Monsieur Bouygues qui, au départ, avait acheté ça pour faire plaisir à Monsieur Sarkozy, se retrouve à encaisser des dividendes qui sont à peu près l'équivalent de ce qu'il aurait gagné s'il avait revendu les actions ! Une véritable pluie de pognon ! On embauche parce que des engins de cette nature sont demandés dans le monde entier et que, contrairement à ce que croient certains, on ne fait pas un train à très grande vitesse autrement qu'avec des ouvrières et des ouvriers, des cadres, des ingénieurs au plus haut niveau de formation — C'est-à-dire non seulement sachant comment on travaille, mais étant les héritiers du travail de ceux qui étaient là avant.

Le travail est d'abord une science appliquée. Elle est faite de savoirs. La main n'a aucune intelligence sans le cerveau. Et tous ceux qui produisent ces outils extraordinaires, qui fabriquent des turbines à gaz dont les ailettes se règlent au micron, dont l'axe qui pèse plusieurs tonnes se règle au gramme, qui, une fois chargée sur un camion, c'est un convoi de cent mètres de long suivi religieusement, comme ce fut le cas il ya une quinzaine, par tous les ouvriers de l'Alstom, fiers de leur travail, montrant ce qu'est une turbine qui peut à elle toute seule alimenter en électricité 600 000 personnes...Voilà ce que nous savons faire.

Ah oui ! A quoi ça servirait de vous dire Nous allons gouverner, nous allons faire à la planification écologique, nous allons faire la transition ...Et alors, on se retrouverait, comme tant de nos amis qui ont gouvernés ici et là dans des pays amis où on donnes des ordres mais où il n'y a personne pour les exécuter pour la raison que personne ne sait le faire ! Ce savoir-faire est notre capital le plus précieux parce que demain nous allons faire tout ça. Et il nous faudra des turbines, beaucoup... efficaces...Il nous en faudra pour recycler le gaz que nous produirons à partir de la bio-masse. Il nous en faudra pour venir prendre le relais des machines qui arrêtent de tourner quand il n'y a plus de vent... Etc, etc, etc. Nous n'avons jamais cru une seule seconde que notre projet écologique avait le moindre sens s'il n'était adossé sur une industrie puissante, "sachante", avec des travailleurs très hautement qualifiés...C'est cela que nous avons, là-bas, à Belfort.

Des circonstances étranges entourent la vente d'Alstom à General Electric. Tout de même ! Le gouvernement apprend par surprise que le patron est en train de vendre la boite à des américains...Comme c'est curieux ! Il n'en avait rien dit jusque là. Et son adjoint était en prison aux Etats-Unis... Ca aide à réfléchir, apparemment... Il y a une commission d'enquête à l'Assemblée nationale. Elle est présidée par un député Les Républicains. Certes, il y a dedans un insoumis — En général, tout est perdu dès qu'il y en a un — C'est l'insoumis Bastien Lachaud. Mais Monsieur Marleix n'a rien demandé à personne avant d'aller déclarer publiquement qu'il avait des indices concordants d'un pacte de corruption possible qui expliquerait la vente et dans lequel il met en cause le Président de la république. Je suis étonné que les cent policiers qui ont bondi chez moi et chez mes dix amis n'aient pas couru immédiatement dans la chambre à coucher du Président de la république pour aller voir s'il ne cachait pas, sous les matelas comme moi-même, des documents secrets et accablants. Non ! Rien. Il ne se passe rien. Un journaliste fait un livre sur l'emprisonné. Il se fait cambrioler et on lui vole juste son ordinateur. Que se passe-t-il ? Rien. Trois lignes dans Gala et Voici qui sont des journaux sérieux d'information... Au contraire de ceux qui n'ont rien publié. Et ainsi de suite...

A présent, on dit à ces pauvres gens Eh bien, écoutez, les turbines, il n'y en a plus besoin dans le monde parce qu'il n'y a pas de turbines en ce moment... Je n'ai pas l'intention d'épilogueur longuement devant vous sur le commerce des turbines... Mais je veux vous dire une chose... Autrefois, c'était une boite unique... Et je suis assez vieux pour avoir connu ça. Ca s'appelait la Compagnie Générale d'Electricité. C'était un énorme conglomérat. Si bien que, quand il y avait moins besoin de bateaux, on se rattrapait sur les turbines... Et quand il y avait moins besoin de turbines, on se rattrapait sur les trains... Et quand il y avait moins besoin de trains, c'était le moment où il y avait plus besoin de turbines... Etc, etc. Si bien que l'entreprise, en son ensemble, gardait un équilibre financier. Sont arrivés les intelligents, les plus qu'intelligents, nos maîtres qui savent mieux que nous ce qui est bon pour nous... Le monsieur Tchuruck, que des gens ont oubliés ici, qui était un génie de l'industrie et de la finance, qui avait inventé le modèle, disait-il, de l'entreprise sans usines et sans murs... Juste un carnet de commandes, une licence et des paquets de dollars... Le modèle de Nike !... Cet homme a ruiné tout ce qu'il a touché.

Mais en tous cas, ça montre que la formule du conglomérat est plus efficace pour faire tenir l'industrie que de tout découper en petits morceaux sous prétexte de je ne sais quel cœur d'activité... Eh bien ! Tout ça, quand même, maintenant... quand on nous dit qu'il n'y a plus besoin de turbines... Disons... Ce n'est pas vrai. Il y en a besoin pour le plan écologique. Il y en a besoin dans l'aviation. Il y en a besoin. Il y en besoin... Donc, vous nous mentez ! Vous nous mentez. Et la preuve, c'est que s'il n'y avait plus besoin de turbines, vous n'installeriez pas des usines dans les pays aux alentours où la main-d'œuvre coûte moins cher. Vous êtes en train de fermer pour délocaliser. Point barre. Vous êtes des menteurs. Et en plus, vous êtes des voyous.

Je dis des voyous. Pourquoi ? Parce que l'entreprise ayant été vendue, ces patrons américains qui l'avaient achetée, doivent maintenant s'en débarasser pour améliorer leurs comptes parce qu'ils sont quasi-ruinés. Mais ils ont été prudents ! Ils avaient acheté l'entreprise ! Ils ont sorti tous les brevets et ils les ont collés en Suisse. Il faudra donc leur courir derrière ! Moi, si je m'en occupais, j'utiliserais les mêmes méthodes de conviction que celles qu'ont utilisées les américains. Et je suis sûr que, très rapidement, quelqu'un se souviendrait où se trouvent les brevets, serait prêt à les revendre à la France, et ainsi de suite...

C'est odieux, ce qu'on est en train de faire ! Là, dans ce cas précis... Mais mettez-vous à la place de ces milliers de gens... tout d'un coup niés dans tout ce qu'ils sont... L'ouvrière, l'ouvrier d'élite qui sait faire ce travail, pour qui c'était un projet dans la vie — épouser la fille qui bosse à l'usine à l'Alstom ou à la PeugeLa Peuge, non c'était moins bien..., Sochaux, c'était dur, hein !
Bon. Mais enfin, ça faisait partie des projets de vie. Les gens savaient qu'ils portaient quelque chose...Allez voir à General Electric à Grenoble ! Ils font des pelles (inaudible), des turbines...J'arrive là-dedans, je croise un gars et je lui dis Vous êtes là depuis combien de temps, vous ? Il me dit 120 ans ! En un mot, tout était dit. Parce qu'il avait accumulé... Alors, évidemment, les têtes d'œufs croient qu'il su
ffit de mettre un bloc et de mettre une machine qui découpe et à la sortie, on a une roue (inaudible)...Eh bien, non ! Ben non ! Il y a quelque chose de quasi-artistique dans la mise au point de cette roue. Vingt-cinq pour cent des barrages du monde ont à l'intérieur une roue qui vient d'une entreprise française, à Grenoble. C'est pas rien !

Et à tous ces gens, vous leur dites Vous n'êtes plus rien ! Vous n'êtes rien ! Rentrez chez vous ! On va faire un plan de reconversion.Vous faisiez des turbines ?Vous ferez des castagnettes !... Pourquoi pas... D'un seul coup, on les nie dans tout ce qui les constitue comme ouvrier, comme ingénieur, comme intellectuel de la production, parce que — je vous l'ai dit tout à l'heure — la main n'est rien sans la tête. Voilà pour cette affaire Alstom. On continue à l'appeler l'Alstom alors qu'elle s'appelle General Electric.Mais là-bas, on dit l'Alstom ! C'est comme ça ! C'est une culture et c'est vrai partout dans la France. On ne peut pas accepter que le pays soit dépouillé de cette manière de tout ce qu'il sait faire.

Je m'en vais voir le Président de la république lundi à Marseille. Il m'a invité pour parler de la rencontre qu'il a organisé — et dont je le félicite — entre les cinq pays du petit bassin de la Méditerranée, côté Europe et côté Maghreb. C'est la bonne surface que ces cinq-là. On va voir... Mais enfin, je vais lui dire : Alors ? Vous n'avez rien à dire sur l'état de la mer, là ? Vous savez qu'en 2050, il y aura plus de plastique que de poissons là-dedans ? Vous êtes au courant que c'est une mer fermée, que le passage, il fait treize kilomètres de large seulement et qu'il faut cent ans pour renouveler toute la flotte... Vous comptez faire quoi à part des discours ? Il est temps, maintenant, de se mettre au boulot ! Pourquoi je vous dis ça ? Parce que ça veut dire des kilomètres de canalisations... Il faut savoir les faire, Messieurs ! Il ne suffit pas de mettre des billets en tas ! Qui est-ce qui fait des canalisations, si ce n'est pas Saint-Gobain, à Pont-à-Mousson ! Et que vous comptez vendre à je ne sais qui pour le faire partir au moment même où 30% de la flotte qui circule dans ce pays se perd dans la terre au lieu d'être correctement canalisée par les bonnes canalisations qu'on sait fabriquer dans ce pays et qu'on devra demain aller mendier à d'autres. Comme il faudra aller mendier les turbines pour aller les mettre dans tout ce qui comporte une turbine...

Je vous en passe, et des meilleures ! Tous les sujets nous ramènent à la nécessité d'avoir une indépendance et une souveraineté sur des productions sans lesquelles la souveraineté du peuple est une illusion.Vous pouvez faire tous les dicours que vous voulez ! Sur la flotte, si vous n'êtes pas capables de mettre une canalisation, vous faites des phrases, pas de la flotte ! Voilà le sens de ces questions.

Et, j'arrête là ! Le troisième défi que j'ai vu, c'est celui de l'autoritarisme. Les libéraux sont devenus les plus grands ennemis de la liberté dans le monde entier. Partout, ils utilisent la justice pour réprimer leurs opposants. Je vous ai donné des exemples... Alors, quand c'est en Chine, on dit que c'est un régime de parti unique... Eh bien, oui, et c'est inacceptable. Quand c'est en Russie, on dit Ah, ben c'est votre ami Poutine ! Pardon ? Il y a erreur. Moi, mon ami, il s'appelle . Il s'est tapé quatre ans de camp pour s'être opposé à Poutine. Mais on dit C'est un régime d'autorité. Mais quand c'est ici, en France, qu'on condamne nuit et jour des gens, qu'on en met 1800 au bloc, que je me fais agresser, que je suis accusé sans preuve, moi et tous les camarades... Non ! Là, c'est normal.

Là, c'est normal... Il y a une dérive autoritaire du régime qui se constate tous les jours. Et rappelez vous bien...Ceux qui ricanaient, si contents de nous voir pris dans cette histoire d'autant plus révoltante qu'on n'en connaissait même pas la raison...Pour quelle raison tous ces gens nous poursuivaient-ils ? Parce qu'une femme d'extrême-droite dénonce mon système d'assistants parlementaires ? Parce qu'une sorte de pauvre type, après avoir validé mes comptes de campagne, les signale quand-même ! On lui dit "Mais vous venez des les valider. Alors, pourquoi vous les signalez ?"... "Ben, parce que je peux pas contrôler..." Eh bien, à quoi tu sers puisque tu es payé pour contrôler et que tu viens d'être augmenté, en plus ?

Eh bien... Il y en a que ça a fait rire...Rappelez vous le journal Mediapart qui en rajoutait....Et qui demandait des sanctions et qui m'a trainé dans la boue... Ah ! Jusqu'au jour où c'est chez eux qu'on est allé perquisitionner... Ah ! Poli, hein ! Quasi du Bennala ! Bennala, on perquisitionne chez lui... On peut venir demain, Monsieur Bennala ? Non, non, j'ai pas les clés !...Bon, alors, ce sera après-demain. Quelle heure vous arrange, Monsieur Bennala ? Ah, je ne sais pas où est ma femme... Bon. Eh bien, ce n'est pas grave... On reviendra quand ça vous arrange ! Ca a été pareil à Mediapart. On peut venir à 11 heures... ou bien à trois ... Mais vous savez qu'on est cinquante, là, à bosser ! Vous allez nous saisir les cinquante ? ... Oui, mais on vient à trois. C'est pour intimider !... Alors, ça les faisait rire. Mais maintenant, ça les fait moins rire. Parce que des perquisitions, c'est pour tout le monde ! Et même pour Monsieur Colon qui nous a envoyé les cent flics et qui en retrouve un morceau chez lui, maintenant, pour aller voir sous son matelas à lui, où est caché ceci ou cela...

Et je n'hésite pas à dire que c'est une grossière manœuvre d'intimidation. Car sur le cas qui occupe Colon, c'est une affaire qui était déjà en train d'être traitée. C'est donc pour lui faire peur. Et pour faire peur à tous les autres qu'on déploie ce genre d'organisation. Etc, etc.
Maintenant, perquisition si votre môme est allé bomber je ne sais quoi sur un mur — Bête qu'il est. Perquisition chez des lycéens ! Perquisition chez des militants qui luttent contre la poubelle nucléaire de Bure ! Et on a habitué, petit à petit, les gens à trouver ça normal. Quand on a envoyé 2500 gendarmes et des blindés pour aller expulser des zadistes, au moment même où on venait de renoncer de faire l'aéroport ! On a habitué à la militarisation, à la criminalisation.. .La dérive autoritaire du régime est une grande menace. Ne croyez pas que je sois en train d'exagérer. Demandez aux gens qui ont vécu ça sur le terrain. Et vous avez vu cette madame Belloubet, dans cet air de sidération permanente qui lui tient lieu de posture, perpétuellement hébétée... Deux journaux publient in extenso — presque des compte-rendus d'audience qui d'ailleurs ne prouvent rien. Qui sont des pièces de la procédure judiciaire — Que fait la ministre ? (Il reste figé)... Voilà !...

Dans ce pays, on ne sait pas comment, toutes ces pièces... — C'est puni par la loi de diffuser les procès-verbaux d'audition — Alors, Mesdames, Messieurs, vous pensez que c'est gratuitement que des fonctionnaires de la justice et de la police offrent de tels documents à des journalistes ? Ou bien — bien-sûr par amour de la vérité — peut-être d'autres trafics sont à l'œuvre ? Si nous avions un gouvernement avec un Garde des Sceaux, on demanderait au Garde des Sceaux, au moins, de déclencher une enquête. Sans qu'on ait besoin de porter plainte. On peut toujours porter plainte... Ca ne sert à rien. Aucune affaire n'est jamais suivie. Aucune sanction n'est jamais attribuée. Les journaux peuvent publier : Nous nous sommes procurés des documents... Et personne ne dit rien. C'est illégal. C'est puni. ll y a des amendes, de la prison... Non. Pas pour eux. Ils laissent faire. Le conglomérat de la police, de la justice et des médias peut donc mettre sur le pilori qui il veut. Quand il veut. Comme il veut. Et personne n'a rien à dire sur le sujet. J'espère que vous comprenez la gravité de cette situation. Et elle va sans cesse s'aggravant... Où que l'on aille, ce sont des libertés en moins. Dans l'Assemblée nationale. Au sénat. Ici, là... La démocratie parlementaire va être plus grande ! La preuve, il y aura moins de parlementaires ! Le débat sera d'autant plus riche qu'on parlera moins ! Le droit d'amendement sera renforcé par le fait qu'on peut moins en déposer ! Etc. Etc. La terrible langue d'Orwell se parle maintenant au quotidien dans ce pouvoir. Et voyez-vous, cet envoûtement des mots, c'est sans doute la barrière la plus difficile, pour nous, à vaincre. Tant de gens se sont laissés prendre ! Tant de gens se laissent saouler par ce type de propos. Que c'est pour nous une grande difficulté que le combat à mener.

Bon. C'est le combat de l'insoumission. Vous le savez bien. S'insoumettre, c'est refuser l'évidence... Cest refuser la parole qui arrive de l'extérieur et qui vous est présentée comme une vérité. Mes amis, c'est la raison pour laquelle, quand nous parlons du référendum ADP — Vous savez : Aéroport de Paris. J'espère que vous avez compris qu'il n'y a pas que l'aéroport de Paris qui est en cause : 38 aéroports dans le monde, hein ! C'est la bonne affaire pour ceux qui sont déjà là, prêts à mettre les pantoufles — Nous n'avons pas d'illusion. Nous savons très bien qu'il peut suffire d'un trait de plume pour qu'il soit annulé dans une des deux assemblées... Nous savons très bien que la start-up nation n'est même pas capable de faire un site qui tient la mer. Nous savons très bien que rien n'est vraiment fait pour que ce qui est un droit — Nous ne parlons pas d'un référendum citoyen du type de celui qu'a organisé Mathilde Panot contre le nucléaire — Nous parlons d'un droit constitutionnel. Les français ont un droit constitutionnel à des référendums d'initiative partagée. Par conséquent, lorsque les conditions sont réunies pour organiser un tel référendum, l'Etat n'est pas bienveillant parce qu'il accepte de s'en occuper. C'est son devoir, son obligation.

Et le même Etat qui a trouvé 12 millions pour aller faire le Grand débat pourrait bien trouver quelque menu monnaie pour organiser, comme l'a proposé mon camarade Alexis Corbière, un débat — parce que c'est un droit — sur les enjeux. Avec des gens qui viendraient expliquer pourquoi (inaudible) et ceux qui viendraient expliquer le contraire. Parce que c'est ça la rêgle de la démocratie.C'est le débat contradictoire. Nous ne sommes pas en train de confronter des bonnes volontés. Nous sommes en train d'exercer un droit. Je trouve que c'est une bonne idée que d'avoir mis au point ce Conseil National pour le Référendum. D'ailleurs, toutes les idées sont bonnes du moment qu'elles concourent au résultat que nous attendons.

Quatre millions sept cent mille signatures. Que pas une, pas un d'entre-vous n'aille s'imaginer que ça va se trouver en claquant des doigts.I l va vraiment falloir ramer. Mais ce sera une magnifique occasion d'expliquer ce qu'est la propriété publique. Une magnifique occasion d'expliquer comment nous nous sommes faits voler, avec les autoroutes et combien d'autres de ces structures qui ont été privatisées. Ce sera une magnifique occasion d'expliquer aux gens qu'on peut voter, on peut faire des référendums, on peut avoir un avis en dehors, bien-sûr, des structures prévues pour ça ! Le parlement n'est pas déligitimé parce qu'il y a un référendum ! Qu'est-ce-que c'est que cette histoire ! Si le peuple s'exprime en de telles circonstances... Eh bien ! Tant mieux. C'est directement. Et sinon, ce sont ses représentants. Tout cela s'organise très tranquillement.

Voilà pourquoi le référendum ADP représente sans doute beaucoup plus que ce dont il a l'air au premier regard. Le pouvoir compte que ça ne marche pas. Le pouvoir compte que nous n'arrivions pas à réunir les 4,7 millions. Il le sait, le pouvoir, que c'est difficile de réunir une telle quantité de gens parce que, dans sa réforme constitutionnelle, il prévoit de diminuer à un million le nombre de personnes... Vous savez ! Si Monsieur Macron était grand seigneur, il pourrait faire voter cet été-même, dans la session extraordinaire,que dorénavant le nombre de gens dont on a besoin, c'est un million... Il pourrait le faire. Mais il ne le fera pas. Il ne le fera pas.

Bon. Voilà. Pourquoi est-ce-que je vous ai parlé de tout ça ? Qu'est-ce-que vous voulez faire d'autre que de vous battre ? C'est la lutte qui donne le sens à ce que nous faisons. A notre manière, qui est une manière absolument nouvelle...Je veux y insister.

C'est la fin de ce que j'ai à dire... Oui, nous sommes en train de tourner une page. Nous avons fait un constat tragique au début de cette réunion. Un constat qui aurait pu nous mener au bord du suicide... Nous nous sommes rendus compte que nous n'étions pas parfaits....En deux ans, nous n'avons pas faits tout ce qui aurait du être fait. Et moi, j'avoue que j'ai passé plus de temps à m'occuper du groupe que de quoi que ce soit d'autre. Parce que je pensais qu'il y avait un enjeu qui était important à vos yeux, à tous. Et aux yeux du grand nombre qui nous voient nous battre. Le groupe, à l'Assemblée nationale, a un statut particulier. Il y a le mouvement. Et le groupe. Le groupe, il n'a pas le choix. Il n'a pas d'autre choix que d'être béton sur le programme. Parce que, tous les jours, on lui demande de réagir. Tous les jours, il y a quelque chose dans l'actualité, le machin... Vous passez par la salle des Quatre colonnes et il faut dire quelque chose... C'est normal. C'est la vie démocratique. Donc, le groupe, en quelque sorte, s'est trouvé chargé du temps court. C'est lui qui faisait les communiqués. Il les faisait aussi bien qu'il pouvait en contactant... Les livrets, tout le monde ici sait ce que c'est....C'est une partie du programme... avec toutes les dérives qu'on a connues... Oui, il y a des dérives partout....Les livrets, appropriés par ceux qui s'en occupent et qui n'en parlent à personne, ne rendent jamais de compte à personne... Mais ensuite protestent du caractère anti-démocratique de ceci ou de cela...

Bref ! Le groupe s'occupait du temps court. Et le mouvement du temps long en décidant des campagnes, de la mise en œuvre des livrets, de leur contenu. En organisant des campagnes... Je veux dire aussi bien des campagnes de protestation que des campagnes positives pour faire des initiatives de directives européennes, de propositions de lois, toutes ces choses que vous avez faites les uns et les autres... et certaines qui ne sont pas très institutionnelles comme aller repeindre une école ou faire un système comme celui qu'on a fait contre les croisières à Marseille. Et j'en passe, et des meilleures... On a fait ce qu'on a pu, les amis. La perfection n'est pas de ce monde.On a fait ce qu'on a pu. Tous autant qu'on est. Vous dans vos groupes d'action. Nous, au groupe de l'Assemblée nationale. Et vous savez, le groupe, il a une fonction à part parce que tous ceux qui le composent ont été élus par le peuple. Ce qui change la nature de sa composition. Mais pour autant, c'est un groupe insoumis, mais c'est un groupe composite, bon sang ! Il y a six personnes qui n'ont pas d'appartenance politique à un parti national, sept qui ont une appartenance au Parti de Gauche, un au Parti Communiste, trois au groupe Ensemble...Nous sommes donc composites politiquement.

Eh bien, mes amis, en deux ans, sur 127 textes qui sont arrivés à l'Assemblée nationale, nous n'avons pas voté une seule fois autrement que tous ensemble. Et à l'unainimité de la même manière. Pas une fois ! Il y a une cohérence et une volonté de bien faire qui ne s'est pas gagnée par l'intimidation comme veulent le faire croire tous ceux qui pensent que l'on est disciplinés que parce qu'on a peur ! On est disciplinés parce qu'on y consent, parce qu'on pense que c'est bien et que c'est comme ça qu'il faut faire ! Parce que c'est comme ça que c'est efficace ! Où est-ce qu'on en serait si on avait du se disputer sur chaque texte ? On a donc tous fait l'effort de converger, autant qu'on le pouvait, et de se fédérer.

Eh bien, le mouvement, à présent, en plus d'un groupe, il en a un deuxième au parlement européen. C'est un très grand défi. Des camarades, j'en suis sûr, accepteront, à l'Assemblée nationale et au Parlement européen, de s'occuper de faire quelque chose que personne n'a jamais fait dans ce pays : faire fonctionner en même temps un groupe à l'Assemblée nationale, deux personnes au Sénat et six au Parlement européen. Comme dans une grande courroie qui entraine les idées et les mobilisations d'une assemblée à l'autre.
C'est principalement la tâche qui sera confiée à la nouvelle vice-présidente de notre groupe, Mathilde Panot. Parce que ce travail, je ne peux pas l'assumer et qu'elle a, elle, tout le savoir-faire, l'intelligence et la compréhension de ce qu'il y a à faire. Je ne sais pas encore qui, au Parlement européen, parce qu'il leur faut le temps que les di
fférentes procédures d'installation soient terminées, ce qui n'est pas le cas, notamment au groupe dans lequel ils siégeront.

Car bien-sûr, si nous avons eu une déconvenue en France, le nombrilisme de certains fait qu'ils ne s'occupent pas de savoir ce qui se passe ailleurs... Mais, mes amis, ça a été rude, hein ! Le groupe dans lequel nous siégeons au Parlement européen a perdu dix sièges. Dix sièges, ce n'est pas rien ! Et par conséquent, il faut se réorganiser avec dix sièges de moins dans un groupe très composite et confédéral. C'est-à-dire que chacun fait comme il le sent et tâche de converger s'il le peut.

Donc, il y a là un magnifique chantier : unir l'action institutionnelle dans trois assemblées. Evidemment, il faut que ce mouvement reste dans sa substance pendant ce temps-là. C'est-à-dire fédérer par l'action. L'action. Les actions décidées comme nous le faisons d'une convention à l'autre, d'une assemblée représentative à l'autre. Et chaque action est un axe de protestation contre l'ordre établi et une proposition d'alternative. Et chaque action est un appel à l'auto-organisation populaire. Parce que le but ultime de l'action des insoumis, c'est la souveraineté totale du peuple dans tous les domaines, sur tous les sujets, à propos de tout et du reste. C'est l'objectif suprème de ce que nous faisons. Voilà.Voilà ce qu'on est en train de faire.

Je vais revenir à Garcia-Marquez. Il dit La vie, ce n'est pas ce qu'on a vécu. C'est ce dont on se souvient. Pour le raconter. Ce dont on se souvient pour le raconter, c'est ce qui est assez notoire pour qu'on est envie de le partager. Et peut-être même que l'envie de le partager est préalable à la constitution du souvenir lui-même...

Je me souviens que nous voulions le socialisme. Je me souviens que des crimes abominables ont été commis au nom de notre grande idée généreuse. Pour autant, je n'ai le regret d'aucune des luttes que nous avons menées parce que, toutes, elles nous ont permis d'améliorer la condition humaine.

Je me souviens du temps où on pensait que les machines viendraient soulager l'effort humain. Et je n'ai pas de regret qu'on ait inventé des machines parce que je reste persuadé qu'on peut continuer à soulager l'effort du travail humain.

Je me souviens que nous avons voulu un monde de progrès sociaux, d'égalité humaine. Et je n'ai aucun regret, en dépit des jours où le caillou a roulé jusqu'en bas de la pente, à me dire que j'ai cherché avec d'autres comme tous ceux qui sont dans cette salle, à le remonter jusqu'au sommet.

Le philosophe dit qu'il faut imaginer Sisyphe heureux. Et on ne peut le comprendre que si on se réferre à une autre de ses phrases. Il dit: La lutte pour les sommetssuffit à remplir le coeur d'un être humain. Oh ! La lutte pour les sommets, ce n'est pas le crapahutage carriériste... La lutte pour les sommets, c'est la lutte pour le meilleur de soi. Et le meilleur de soi, c'est toujours le plus grand don qu'on fera aux autres. Le plus grand intérêt qu'on aura pour tous les autres, pour la terre, la nature et tout ce que ça contient... Mes amis, quoi qu'il arrive, c'est cette forme d'amour passionné, qui nous unit au plus petit grain de matière dans l'univers, qui restera la raison de nous relever demain matin. Pour aimer ceux qui nous sont chers, à commencer par nos enfants, nos compagnes ou nos compagnons... mais le monde tout entier parce que chacun d'entre nous, ce n'est rien sans eux tous.

Bon ! J'ai dit ce que j'avais à dire.

Maintenant, la page qui se tourne, c'est que nous sommes en train d'adopter un organigramme... Je vais décevoir du monde... Un organigramme ne créée aucune hiérarchie entre nous. Nous avons un nouveau coordinateur. On a demandé comment il a été désigné. parce que, peut-être, ilaurait-il fallu faire un appel à candidatures, des textes, des textes... Et ensuite, à la proportionelle... Non, ça ne s'est pas passé comme ça !

La coordination s'est réunie. Et on a dit Ecoutez ! Il y a un gars qui s'est tapé le boulot pendant trois ans. Il y avait un problème : Jean-Luc ne s'en occupait pas. Je disais quoi ? Oui, oui, tu veux le faire ? Eh bien, vas-y, fais le ! Ou bien quoi ? Qu'est-ce-que tu dis ? EOuais, eh bien, va voir Manu... Manu Bompard, pendant trois ans... Alors, je comprends qu'il y a eu des moments où il était excédé. Parce qu'il se tapait toute le reste, plus moi. Tandis que vous, c'était seulement le reste ! Il a fait un travail admirable. Il a fait tout ce qu'il a pu, en continuant à faire son boulot de salarié. Je voudrais vous le rappeler... Eh bien ! J'admire le dévouement de cet homme. A présent, je lui ai demandé d'apprendre à faire "Bonpard-lementaire" quelques temps. Et bien-sûr, on va le surcharger de travail...
Mais il faut, comme ça...J'ai dit Je vous propose...C'est une idée. Si quelqu'un avait dit Mais quelle horreur ! Mais personne n'a dit Quelle horreur...Tout le monde a dit Ah! Quelle bonne idée !

Je vous propose qu'il y ait un coordinateur. Sa fonction première est tête à claques. Si vous n'êtes pas d'accord, vous allez râler auprès de lui. C'est un garçon très méthodique, qui vous fera honneur, qui nous représentera bien quand il faudra qu'il nous représente... Et il y en a d'autres ici qui le font aussi... dans tous les médias. Je vais le dire quand même comme ça doit être dit. Mais il a accepté de le faire. Et quand je l'ai proposé aux membres de la coordination qui étaient là — C'est mon boulot de faire ça, bon sang ! Si on peut s'économmiser une bataille rangée, tant mieux, non ! — Alors j'ai demandé : Il vous va ? Ouais ! Alors, adjugé, vendu ! C'est fait !
On vous a proposé un organigramme. Il y a toute une équipe qui arrive... Bien-sûr, ils sont jeunes. Beaucoup sont jeunes. Et même très jeunes. C'est bien, non ? Ca désespère l'ennemi qui pensait avoir raison de nous ! Il se disent On s'en prend pour un demi-siècle ! Ils n'ont pas tord.

Mais évidemment, ça ne signifie qu'on soit devenus tout d'un coup des jeunistes et qu'on ne jurerait plus que par ça.I ls vont avoir besoin de toute la sagesse de ceux qui ont accumulé du savoir par la lutte. D'avord de la mienne. Et puis d'autres aussi qui sont des éclaireurs de ces dernières années. Et ceux qui ont ouvert le chemin ...D'accord ? Garçons et filles... Je ne les cîte pas... Sinon, je vais me faire des ennemis. Mais voilà ce que nous sommes en train de faire. La page est tournée. Ce n'est plus moi qui ouvrirait toutes les réunions, ni moi qui les terminerait toutes. J'en ferais un certain nombre... Mais pas toutes.

Quel est mon rôle, m'a-t-on dit, dans ce mouvement ? Mon rôle, il est consubstantiel au mouvement. Pourquoi ? Parce que c'est moi qui a été le candidat.. Pardon ! Je m'excuse, hein... Et voilà ! C'est moi qui ait porté le programme et vous m'avez fait l'amitié d'accepter, outre mon caractère, le fait que je vous propose des choses et des fois, comme'il n'y a pas moyen d'en venir à bout, on dit Il y a qu'à faire comme il dit !... et ça s'arrange.

Le rôle des personnes est central dans notre conception de l'organisation. Nous ne sommes pas des robots, nous ne sommes pas des machines... Nous ne sommes pas les playmobils qu'on voit à l'Assemblée nationale se lever tout d'un coup pour applaudir tous en cadence pour un oui ou pour un non. Nous sommes des personnes humaines et cette humanité, il faut savoir l'investir dans la pratique militante. Pas toujours être mécontent de tout et quand on a décidé quelque chose, (dire) C'est pas assez ! Et en quelque sorte, attirer sur soi la gloire de la nuisance... Il y a aussi la gloire de servir. Et je pense que c'est ce qui domine dans cette équipe qu'on vous propose là. Et ce n'est pas fini... Mais il y a une chose qui est finie. Et j'en suis bien content. C'est la période des nominations.

Tous ceux qui ont été nommés sont dénommés. C'est clair ? Que chacun réfléchisse... Tous ceux qui ont été nommés sont dénommés.
Désormais, vous devrez discuter de tout ça dans la coordination. Et vous répartirez les tâches. Mais on ne fera pas comme dans d'autres partis que j'ai connus et où moi-même, je reconnais que des fois, on donnait des titres à des gens qui ne faisaient pas le boulot, et ceux qui avaient le boulot n'avaient pas forcément le titre... Oui ! Je vois que vous rigolez...Mais je sais de quoi je parle ! Après, vous vous mordrez les doigts tout seuls.Ca, c'est fini aussi.

Bon. Ce n'est pas une révolution non plus. Mais ça fait bouger les choses dans le bon sens. Le mouvement restera dans une forme évolutive. Ce n'est pas la peine d'essayer de nous tordre les bras pour nous faire faire autre chose. Ni de nous infliger des soi-disants ordres du jour à partir de la presse quotidienne. Le mouvement doit rester dans une forme évolutive. Parce qu'il y a des choses qu'on doit abandonner, d'autres qu'on doit inventer...Certaines, auxquelles on n'avait pas pensé et tout d'un coup, on se dit Tiens ! C'est important ! On va essayer, on va voir... Nous avons des institutions, nos asemblées représentatives... Nous sommes le seul mouvement qui procède de cette manière-là. Avec ce système croisé : des tirages au sort et des membres de droit. Comme ça, il n'y a pas d'enjeux de lutte entre nous.

J'espère que ça vous convient, mes amis. La lutte va être rude, mais absolumment passionnante. Parce que cette fois-ci, leur système pourri et le dos au mur, il ne leur suffira pas d'essayer de gruger les gens, de leur mentir, de les entortiller... Enfin, du changement systématique, tous ces mensonges sont pulvérisés. Seuls comptent les faits. Et devant ce qui s'avance devant nous, le choix, il sera simple. Tous ensemble ou chacun pour soi. Et l'humanité, mise au défi, aura d'abord à se débarasser de tous les réflexes d'égoisme que le libéralisme lui aura introduit dans les veines. Pour retrouver ce qui est le fondamental de ce qu'elle est, c'est-à dire l'entraide, le souci des uns pour les autres, la mutuallisation, la fraternité, la solidarité, la coopération plutôt que l'égoisme et la confrontation. Et ça, ça ne peut changer que si vous, vous êtes l'avant-poste de ceux qui éclairent le chemin, indiquent les possibles, mais toujours gardent allumée la flamme de cette fraternité universelle.

Voilà.

(Marseillaise)

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