AUTO-ECOLES EN LIGNE : EN AVANT VERS LE PASSE

Depuis 2014 des start-ups, qui n'en sont plus, tentent avec des soutiens financiers de disrupter* les métiers de l'enseignement de la conduite. A grand renfort de messages dénigrants, et de publicités appuyées sur des chiffres biaisés. Sont-ils aussi avant-gardistes qu'ils le prétendent ?

Ah... les start-ups... la start-up nation de notre président...le rêve américain made in France... le rêve de la disruption...

disrupter \dis.ʁyp.te\ transitif 1er groupe (voir la conjugaison)

  1. Apporter un changement (économique, technique, etc.) à produit/marché, tel qu'il ré-définira les standards d'utilisation dudit produit/marché.

 

Trois start-ups tentent la disruption du marché non-monopolistique de l'enseignement de la conduite et de l'accès au permis de conduire. De start-ups elles perdent les attributs puisqu'elles sont installées depuis bien trop longtemps. Permigo et Permigo2 ont été balayées bien plus vite.

 

Quels sont les arguments de ces entreprises, bien financées et très bien conseillées (politiquement) ?

Tout repose sur l'avant-gardisme par la digitalisation.

Quel est l'argument de dénigrement ?

Tout repose sur la mise en avant du combat d'arrière-garde des établissements de proximité.

 

Mais cette avant-garde est-elle réelle ?

Dans les années 1960 les auto-écoles (même si elles avaient parfois des locaux) allaient à la rencontre de leur élèves sur des points de rendez-vous fixés (domicile, bar). Le moyen de contact était la proximité, voire le téléphone. Quoi de neuf aujourd'hui ? prise de rendez-vous sur internet.

Les paiements étaient faits en espèce. Quoi de neuf aujourd'hui ? Les paiements sont en ligne (avant évaluation, donc contrat de formation invalide, donc paiement indu) pour les 20 premières heures... ensuite... il y a de très grandes probabilités que ça se passe "à l'amiable" entre le moniteur (limité en chiffre d'affaire) et le client, qui s'accommode aisément de ces facilités à bas-coût (sans imaginer un instant qu'en cas d'accident il sera le dindon de la farce, ainsi qu'en cas de contrôle de police puisque dans les deux cas l'enseignant étant hors-règles l'assurance n'est pas valide et la conduite se fait dans le cadre de l'absence de titre de conduite).

Finalement ces "nouveaux modèles économiques", comme les pseudo-élites se plaisent à les nommer, ne sont que des réminiscences passéistes. Il reviennent 60 ans en arrière sur l'enseignement de la conduite (l'assurance de la pédagogie en moins).

Ils reviennent 150 ans en arrière en terme de droits sociaux du travailleur (l'auto-entrepreneur est l'esclave du XXIème siècle).

Ils ont juste fait reluire leur idée avec une notion de numérique, de digital.

Ils ne sont qu'un mirage déjà obsolète tellement les écoles de conduite sont professionnelles et, elles aussi, informatisées.

Autant les écoles de conduite font tout pour que leurs élèves (des humains, pas des connexions internet...) ne loupent pas le virage, autant ces "auto-écoles en ligne" font tout pour que vous fonciez dans le mirage.

Ces façades sont là pour en attester :

 

           Auto-école 1960                                             Ornikar 2019

     

auto-école 1960 auto-école 1960
            
ornikar

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