Egalidad (avatar)

Egalidad

De retour sur mdp pour quelques jours

Abonné·e de Mediapart

132 Billets

0 Édition

Billet de blog 6 juillet 2017

Egalidad (avatar)

Egalidad

De retour sur mdp pour quelques jours

Abonné·e de Mediapart

Populisme de gauche : une proposition de définition

Egalidad (avatar)

Egalidad

De retour sur mdp pour quelques jours

Abonné·e de Mediapart

Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

Créer sur la base des affects liés à une situation réelle, bien davantage que sur la reconnaissance complexe des circonstances (approche raisonnée), une force politique, collective, se définissant résolument contre un autre groupe dit oppressant (en l'occurrence, pour ce qui nous concerne aujourd'hui en France, les oligarchies institutionnelle, socio-économique, financière), en outre de porter un projet de changement. ....

Parmi les affects considérés se trouvent les souffrances morale, psychique, matérielle, sociale, relationnelle, liées à la situation d’oppression, sentiments d'avoir été trahi, frustration, déception. Ensuite viennent ceux de la conflictualité, de la dénonciation, dimensions essentielles d'un mouvement se définissant par opposition à un autre. Existent également les affects de survie, de défense, d'orgueil, de fierté : l'idée que les solutions qu'on apporte sont les bonnes, mais aussi les meilleures ; qu'on est le/la/les seul/e/s à combattre l'ennemi ; que tout ce qui porte critique, même de la part de ceux qui œuvrent dans le même sens, mais sous autre bannière, est trahison, hostilité ; tout ce qui propose alliance plutôt qu'allégeance est suspect.....

Afin de formuler une frontière claire et évidente entre le "nous" ("le peuple oppressé") et le "eux" (l’oligarchie), il faut avancer un discours qui ne tient délibérément pas compte de la complexité des choses, passant en particulier sous silence (même si les choses sont plus difficiles naturellement) :

- les complicités et cautions apportées par ceux qui disent subir aux groupes qu'ils disent oppresseurs (ceux qui dénoncent sont les mêmes qui votent pour les gens qui confisquent leur souveraineté, qui leur obéissent, qui ne manifestent pas toujours, qui paient des impôts injustes, ne s'en prennent qu'aux symboles du pouvoir et non à lui-même...........).

- les rapports internes à la collectivité du "nous" ou "peuple" opposé/e aux oligarchies, qui reconduisent ce qui est dénoncé chez celles-ci. Les exemples sont nombreux. On peut citer l'autoritarisme distillé en toute occurrence de hiérarchie sociale (simples acteurs des institutions, des administrations, patrons, cadres, agent de maîtrise, syndicats, vigiles....), les injustices et chantages financiers comme ceux locatifs dans le parc privé, les oppressions racistes à toute échelle de la société, les deux poids/deux mesures .......

- au sein du peuple lui-même, la complicité à ceux qui oppressent, sur le modèle de celle apportée au groupe dominant. On peut citer les salariés qui continuent à travailler pour les patrons et actionnaires qui les écrasent, les citoyens issus de l'immigration qui rejettent les réfugiés alors qu'eux-mêmes subissent le racisme....

Le populisme de gauche entend créer deux pôles entièrement antithétiques, "le peuple" et "les gouvernants" par simplification de la description des circonstances......Privilégier les faits, les affects qui opposent à raison une collectivité à une autre, afin d'éviter d'avoir à reconnaître ce qui en revanche trahit la responsabilité de tous dans l'état actuel des choses et la reconduction au sein "du peuple" de ce qui est reproché exclusivement au groupe dominant : le racisme par exemple, avec parfois une parole populiste qui d'un côté dénonce l'intolérance des oligarchies et de l'autre professe la xénophobie..

Au-delà, le populisme est la convocation d'affects, de charges émotives générant une tension collective qui permettent à des leaders, c'est-à-dire ceux qui ont aptitude à et charge de synthétiser l'expression du groupe, de conduire ce dernier, de faire accepter à ce dernier des directions politiques, des idées autres que celles fondatrices, non pas sur la base d'une adhésion intellectuelle, d'une pensée et réflexion élaborées, mais grâce à la dynamique émotionnelle devenue élément principal de cohésion.

Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.