Le titre de l'article récent "Macron : ma présidence, mes premières mesures" ne laisse planer plus aucun doute (1).
Le nouveau président, amené ici à la première personne, s'adresse d'emblée aux lecteurs, à la France. Il semble avoir tout bonnement fait de Médiapart sa vitrine officielle, son organe de propagande, une estrade et pupître pour discours.
Le journal n'affiche plus aucun recul tant il paraît désormais tout dévoué à faire triompher le nouvel élu.
Ma présidence, mes premières mesures.
Cette formule non contenue à dessein entre guillemets pour contribuer à la vraisemblance d'une parole directe, dans laquelle le président de la République s'incarne littéralement, tronant au sommet de la Une, trahit une proximité pour ainsi dire partenelle, du moins hiérarchique, qui augure d'un revirement idéologique de la rédaction. Elle nous éclaire sur l'état de grâce présidentiel que Médiapart, aux petits soins du nouveau guide, entend parfaire.
Les questions posées au candidat évitent en très grande majorité de contrarier le nouveau monarque, se contentent de l'objectivité la plus plate...
Juste désolant !
Cet alignement eut une annonce invraisemblable, d'une violence à peine croyable, dans le Club, avant le second tour des élections. Médiapart décida de tolérer, malgré son dispositif de modération prévu et annoncé par les encarts dans cet espace participatif, un article de Philippe Marlière dont un passage associe ni plus ni moins les abstentionnistes aux antisémites mortifères des années 1930-1940, sur un ton digne des "ouistes" qui voulaient contraindre à voter la Constitution européenne ou de ceux qui imposaient en 2015 d'être "Charlie", ou encore d'un Valls envoyant la charge contre les opposants à la loi travail.
(1) https://www.mediapart.fr/journal/france/080517/macron-ma-presidence-mes-premieres-mesures