Le 9 janvier 2017, sur une chaîne télévisuelle de grand audimat, Mélenchon appelle les banques à prêter leur argent au parti du front national, et de cesser par là-même leur ostracisme, cette "INJUSTICE" envers ce groupe politique somme toute "banal" à ses mots. La requête du leader des insoumis est forte : "ayez pitié" [du front national] lance-t-il, comme s'il s'agissait d'une inhumanité patente !
"Les banques manquent de morale" dans le quotidien de notre vie nous dit Mélenchon. Qu'elles se rattrapent pour une fois, en faisant preuve d'équité avec le front national, nous dit l'insoumis, qui par ce subterfuge trouve des vertus au chantre de la xénophobie et de la peine de mort....
Superbe message subliminal en subtance : le front national est le parti anti-système, celui que les banques, ces symboles en titre de l'oppression oligarchique, détestent.....
Mais, quelles vertus Mélenchon trouve-t-il au fn ?
Le front national n'est pas un "parti interdit", lance l'hologramme : ce qui semble, pour lui, l'exonérer de toute dangerosité. Le front national est "un parti comme les autres"....
En effet, enfin presque !.....Et pourquoi donc en réalité ? Eh bien parce que les autres partis et mouvements dits "républicains" se sont assurément davantage appropiés ses idées identitaires, sa haine de l'islam, que lui ne s'est amendé. Le fn ne s'est en vérité nullement bonifié.
"Ayez pitié" pour le front national nous dit Mélenchon venu ce jour en chair et en os sur le plateau télé, "ayez pitié !" ; en réalité, Mélenchon nous assène : "n'ayez pas peur" du front national, n'ayez pas peur, c'est du pareil au même !
Pendant ce temps, comme si l'air du temps était serein, "à la normal selon Airparif", certains continuent de vanter le progressisme humaniste de l'insoumis, de proposer des alliances, des stratégies, des tableaux plus marketing que politiques.......comme si de rien n'était.
Eh bien, pour reprendre Alain Badiou s'adressant à Finkielkraut : "le front national, vous l'aurez, vous l'aurez" !