Vel d'Hiv : Mélenchon d'accord avec Lepen !!

Voilà que le leader insoumis tombe un peu plus le masque de l'homme d'extrême-droite qu'il est.

Lui réfute que des gens du "peuple", cette collectivité "opposée au pouvoir" ont aussi perpétré  la Shoa (http://melenchon.fr/2017/07/17/jupiter-deraille/)

"Après cela, déclarer que la France est responsable de la rafle du Vel’ d’Hiv’ est là encore un franchissement de seuil d’une intensité maximale. En effet, nul ne peut contester que des Français ont été personnellement responsables du crime comme ce fut le cas, notamment, dans la police qui opéra la rafle sans exprimer la moindre protestation ni acte de résistance, mais aussi de la part de toutes les autorités de tous ordres qui se rendirent complices, soit activement, soit par leur silence, soit parce qu’elles avaient renoncé à s’y opposer de quelque façon que ce soit. Mais dire que la France, en tant que peuple, en tant que nation est responsable de ce crime c’est admettre une définition essentialiste de notre pays totalement inacceptable.

La France n’est rien d’autre que sa République. À cette époque, la République avait été abolie par la révolution nationale du maréchal Pétain. Dans cette vision de l’Histoire, la France, à cette époque, était à Londres avec le général De Gaulle et partout des Français combattaient l’occupant nazi. Sur le territoire national, il n’y avait rien d’autre qu’une nation dirigée par un régime de fait dans un pays dont la moitié était occupée par les armées nazies et l’autre moitié dirigée par des gens qui avaient imposé de force une idéologie jumelle. Jamais, à aucun moment, les Français n’ont fait le choix du meurtre et du crime antisémite ! Ceux qui ne sont pas juifs ne sont pas tous, globalement et en tant que Français, coupables du crime qui a été commis à ce moment-là ! Tout au contraire, par sa résistance, ses combats contre l’envahisseur et par le rétablissement de la République dès que celui-ci a été chassé du territoire, le peuple français a prouvé de quel côté il était réellement. Il n’est pas au pouvoir de Monsieur Macron d’assigner tous les Français à une identité de bourreau qui n’est pas la leur ! Non, non, Vichy ce n’est pas la France !"

Quant à la responsabilité de la République, elle est évidente....Voici la loi constitutionnelle votée le 10 juillet 1940, qui déclencha la bascule :

" L'Assemblée nationale a adopté,
Le Président de la République promulgue la loi constitutionnelle dont la teneur suit : Article unique.

L'Assemblée nationale donne tout pouvoir au gouvernement de la République, sous l'autorité et la signature du maréchal Pétain, à l'effet de promulguer par un ou plusieurs actes une nouvelle constitution de l'État français. Cette constitution devra garantir les droits du travail, de la famille et de la patrie
Elle sera ratifiée par la Nation et appliquée par les Assemblées qu'elle aura créées.

La présente loi constitutionnelle, délibérée et adoptée par l'Assemblée nationale, sera exécutée comme loi de l'État.

    • Fait à Vichy, le 10 juillet 1940

Albert Lebrun

Par le président de la République,
Le maréchal de France, président du conseil,

Philippe Pétain."

 

La IIIe République, à savoir l'ensemble des corps de pouvoir de l'époque, la présidence d'Albert Lebrun, le parlement, a de lourdes responsabilités. Nul n'ignore que c'est le parlement qui le 10 juillet 1940, sous couvert de rénover le socle constitutionnel, remet son destin entre les mains de Pétain, connaissant à l'évidence ses intentions. Ce dernier, sensé renouveler les chambres dans le futur, affirme le 11 juillet la "subsistance" du parlement de la IIIe République, tout en ayant décidé de l'ajourner en vérité définitivement plutôt que temporairtement, accédant de fait au pouvoir personnel, dictatorial, totalitaire, collaborationniste.

La loi stipule que la nouvelle constitution rédigée sous l'autorité et le paraphe de Pétain, devra défendre le travail, la famille, la patrie, annonçant par là-même ce qui sera la devise du régime à venir, en sus de créer de nouvelles assemblées qui devront la ratifier.....Mais ces dispositions n'assurent en rien la nature républicaine et démocratique du régime à venir. Entre autre, le vote, composante essentielle de la république démocratique, n'est pas porté au nombre des nécessités....C'est éloquent. Nul n'ignore non plus que les réactions parlementaires au premier acte de Pétain s'arrogeant les pleins pouvoir furent nulles.

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