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Billet de blog 20 mars 2017

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Mélenchon et le front national

Quand l'insoumis victimise un parti hautement attentatoire à la dignité humaine, à la démocratie et à la République

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Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

Le 9 janvier 2017, Mélenchon s'offusquait à la télévision de voir les banques françaises réticentes à prêter au front national la manne nécessaire à sa campagne électorale.

Faisant ingérence dans le droit privé (dont on pourrait en effet dire beaucoup de mal, mais dans un contexte plus heureux), il considérait et inventait qu'au nom de la démocratie, les banques privées devaient équitablement aider tous les partis.

L'insoumis affirmait alors que le front national est "un parti comme les autres", sans préciser s'il entendait là son type de fonctionnement, son caractère légal ou l'adéquation de son idéologie avec celles des autres organisations politiques françaises. En ce cas, ces dernières n'apprécieront pas forcément d'être possiblement rapprochées de gens dont nombre reconnaissent - que dis-je ? revendiquent - être fascistes ou néo-nazis, racistes, xénophobes, en fréquentent assidument à l'occasion de rencontres européennes, sont favorables entre autres horreurs à la peine de mort, la préférence nationale,.....

Mélenchon, dans sa grande mansuétude très mal placée, réclamait même "pitié" pour le front national, une organisation confrontée à la justice pour diverses malversations....La Ve n'a que rarement entendu telle réhabilitation de son extrême-droite par un de ses membres clamant à tue-tête son attachement viscérale à la démocratie, à l'universalité, au socialisme !

La dangerosité manifeste du front national, reconnue par les esprits vigilants depuis des décennies, disparaît aux yeux de Mélenchon au motif qu'il n'est pas une organisation interdite et qu' "il a des élus"......La belle affaire ! Voici une posture qui ouvre la porte au diable, comme ce fut le cas jadis..

Certains soutiens au leader de l'Avenir en commun crient à l'ironie, à la dénonciation de l'hypocrise des banques, organes centraux d'un système qui parallèlement maintient le front national comme épouvantail à pérenniser le bipartisme ps-lr...Ce qui en l'occurrence est vrai.

Mais face au danger gravissime que représente dès lors le front national et les partis dits "républicains" qui pratiquent donc à bien des égards son programme, distillent ignomineusement ses idéologies, il est d'une irresponsabilité fracassante de tenir un tel discours d'autant plus ambigu que sa tonalité ne permet pas d'en faire une moquerie.

Dans cette histoire, le ton n'est pas ironique et les mots ont un sens. A dessein, car destinés à rameuter les frontistes vers les insoumis de la pire des manières, à savoir faire de leur organisation une victime alors que son action est oppressive et lourdement attentatoire à la dignité humaine ! Cela est d'autant plus vrai que ce sont le parti, les dirigeants, sans doute les pires en somme (quoique), qui sont ainsi reconnus et légitimés.

C'est tout l'art très fin de Mélenchon depuis le début, de désorienter les gens par des propos, des postures, très contradictoires d'une déclaration à l'autre, par l'usage de termes précis renvoyant à des interprétations multiples, toutes vraissembables, et en cela suscepetibles de "ratisser" large.

En vérité, Mélenchon, choisissant très soigneusement son vocabulaire, joue au-delà des mots et s'adresse aux différentes subjectivités, postures politiques,  conditions sociales de ses interlocuteurs qu'il entend tous emporter d'un seul jet  : celles et ceux qui vont y voir de l'ironie, celles et ceux qui y trouvent une vérité, ou qui y décèlent la dénonciation de l'un, ou au contraire de l'autre, ou encore qui vont considérer une simple possibilité comme une autre de dire les choses........

Pour un insoumis acquis à la cause du mouvement, hypnotisé par les progrès institutionnel et social qu'il propose, l'affaire des banques est de l'ironie ; pour un frontiste, c'est de la reconnaissance !

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