Tout empêtré qu'il est dans ses complexes d'athée radical, d'identitaire intermittent, de nostalgique d'un passé révolu, tout empressé qu'il fut d'attirer à lui l'ensemble de l'électorat français, prêchant tout et son contraire sur de nombreux aspects de son programme, Mélenchon aura par maintes fois fait la publicité du parti et des idées du front national.
Outre ses prises de positions personnelles, hostiles, sur les symboles de l'Islam, à l'instar d'une Natahalie Arthaud, renchérissant notamment en 2016 sans scrupules sur les dérives intolérantes d'une Laurence Rossignol, Mélenchon aura en deux coups d'éclat médiatiques apporter sa contribution promotionnelle au score très important de Marine Lepen au premier tour des présidentielles.
Entre "le voile est soumission" et les "musulmanes ont le droit de le porter car il n'est pas possible de légiférer sur la manière de se vêtir", occultant très curieusement les principes des lois de laïcité qui garantissent au premier chef le droit d'arborer publiquement un symbole religieux, la France insoumise laisse une brêche dans laquelle s'engouffreront possiblement ceux qui voudront empêcher légalement leur rite aux seules croyantes de l'Islam au motif fallacieux qu'il n'y a là qu'oppresion, alors délit de celui qui impose et nécessité d'en interdire l'objet.
Le 9 janvier dernier, sur BFMTV, face à Bourdin provocateur (à moins qu'il s'agisse d'une entente dissimulée ?), Mélenchon croit pouvoir racheter l'incurie des banques en leur proposant lourdement d'accepter de financer le front national en mal de fonds français. Il lance publiquement rien moins qu'un appel "à la pitié" pour la mouvance de Marine Lepen, le normalisant par ailleurs parce qu'il a des "élus".
Mélenchon pérennise à ce moment une tradition bien socialiste, celle de vanter épisodiquement, mais sûrement, le front national, comme il le fit lui-même au début des années 1990 affirmant, à l'occasion d'une campagne, que seul le FN "réhabilitait la politique", et comme Fabius qui lança que le parti de Jean-Marie Lepen "posait les bonnes questions mais apportait de mauvaises réponses".
Ensuite, le 23 février 2017, au cours de son Emission politique sur France 2, alors qu'il résistait avec succès à la tentative persévérante des journalistes d'assimiler son programme à celui de Marine Lepen, Mélenchon leur offrit sur un plateau la pertinence de leur posture en cautionnant la cheffe du FN sur le point emblématique de son idéologie, la haine du voile islamique.
En effet, lors de son voyage au Liban, il y a quelques temps, Marine Lepen avait prévu de rencontrer le Grand Mufti de Beyrouth qui lui demandait de se voiler pour être reçue. Elle s'y refusa naturellement, sous une nuée de caméras, dans une mise en scène toute préparée à l'adresse de l'électorat français......Mélenchon ne trouva rien à redire au coup monté évident, considéra celui-ci comme un incident spontanné et honteux de la part du Mufti, et, pourtant champion de la laïcté, du "les français en ont marre d'entendre parler de religion", ne sourcilla pas au fait qu'une prétendante officielle à la présidence d'une république laïque aille visiter une instance confessionnelle.
Lors de ses voeux à la Presse 2017 et l'Emission politique, Mélenchon édulcora en outre les dangers que représentent les extrême-droites en affirmant que la Russie devait être "un partenaire, quel qu'en soit le régime", y compris celle de Poutine qui, semble-t-il, dans le cadre de sa stratégie anti-oligarchies occidentales et anti-UE, finance les partis nationalistes et populistes, européens, .