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Billet de blog 29 mai 2013

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Qui est antiféministe aujourd'hui ?

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Droit de réponse sous forme de lettre ouverte à Cécile Brunon suite à son billet de blog publié sur médiapart le 18 février 2013, « C'est la grue qui gouverne »

Nous soutenons le féminisme égalitaire puisque nous sommes nous-mêmes égalitaristes. Nous sommes d'accord avec celles et ceux qui dénoncent l'inégalité actuelle entre hommes et femmes, il y a encore trop de familles monoparentales avec une mère qui doit concilier activités professionnelles et éducation des enfants. Réclamer l'égalité parentale est un combat pour l'égalité des sexes.

Mais certain(e)s nous dénoncent comme « masculinistes » et en viennent à cautionner la situation scandaleuse aujourd'hui, se satisfaisant du fait que peu de pères demandent la résidence alternée.

La tonalité parmi les quelques commentaires publiés sur le sujet est assez étonnante. Si on exclut la tribune de Patric Jean dans Le Monde, « L'escalade des pères à Nantes cache une proposition de loi » (nous attendons toujours cette proposition de loi) (Le Monde.fr | 18.02.2013), qui sert surtout à promouvoir son "documentaire" sur « la domination masculine »,  les autres articles sous couvert d’analyse journalistique ou scientifique ne sont que diatribes contre les pères englobés systématiquement parmi les mâles qui exploitent leurs femmes.

L’exemple le plus parfait est le billet du blog de Cécile Brunon sur Mediapart, « C'est la grue qui gouverne ».

Réclamer cette égalité nous fait passer, pour elle pour antiféministes et "masculinistes" ? Pour Cécile Brunon, citer l'association Father 4 Justice suffit à nous faire traiter de "masculiniste" ? L’argumentation est courte, loin des analyses scientifiques ou mêmes des riches avancées théoriques du féminisme français, de Simone de Beauvoir à Christine Delphy.

Dès qu'on parle d'égalité parentale, doit-on comme Cécile Brunon se sentir exonéré de toute analyse quantitative et d'argumentation étayée ? Comme réponses aux légitimes revendications de pères ne voyant leurs enfants que 4 jours par mois et de mères se retrouvant à élever leur enfant le reste du temps, les arguments sont courts et pauvres :

  • la résidence alternée ne serait pas possible tout le temps (mais d’abord c’est quoi la résidence alternée ?) ;
  • peu de pères demanderaient la résidence alternée mais en réalité elle est pratiquement impossible à obtenir quand la mère n’est pas d’accord ;
  • les pères réaliseraient trop tard qu'il faut s'occuper des enfants, etc.

Mais quelles sont les propositions de celles et ceux qui dénoncent cette aspiration des pères ? Que répondent-ils à ces "nouveaux pères" tant loués par ailleurs, ces "papas bobos" dont nombre ont changé ou changent les couches. Au final, ce type d’allégations ne fait que cautionner une division des sexes où la mère s'occupe des enfants et le père fait un chèque.

Cécile Brunon ne fait que reconduire l'idée d'une « naturalité » de la fonction  de la mère. Il y aurait une essence de la femme qui se définirait comme l'aptitude à s'occuper des enfants. Ce qui est l'exact contrepied de ce que les féministes ont toujours défendu. La « nouveauté », c'est qu'il y aurait une nature de l'homme qui se définirait comme une aptitude à l'oppression des femmes et des enfants.

Pourquoi les revendications égalitaires venant des pères sont moins prises au sérieux que venant des féministes? Quels stéréotypes dogmatiques pour ne pas écrire domestiques a-t-il derrière ?

Au final, celles et ceux qui tirent à l'aveugle contre SOS Papa et cette nouvelle militance qui parfois s’exprime avec les erreurs de la jeunesse ou du désespoir, sont bien contents que les pères ne s'occupent pas des enfants, que l'éducation soit l'apanage des mères.

C'est la pire des positions pour eux : se moquant de nouvelles aspirations pour une société égalitaire, Cécile Brunon comme les autres se retrouvent à défendre le pire des conservatismes rétrogrades.

Avec ce type de position, on cautionne l'émergence d'un nouveau type de racisme. Forcément un nouvel anti-racisme prônant l’égalité entre tous doit s’y opposer. Cécile Brunon a choisi son camp, nous le nôtre et ce n’est pas le même.

Jean-Michel Delacour et Richard Walter, militants de SOS Papa.

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