Les"croque- tops" ont les dents longues.

Si l'on considère que nous sommes loin d'un naturisme mondialisé, il me semble évident que le vêtement est signifiant et qu'un simple  "on s'habille comme on veut" n'est pas une posture intéressante à défendre face au mystérieux dresscode  "républicain".

En effet, si l'on admet que nous nous habillons non seulement pour ne pas avoir froid ou nous protéger des rayons du soleil et autres inconvénients, il nous faut admettre du même coup que le vêtement sert entre autre, à cacher notre nudité.

Partant de là il est évident qu'un corps se dévoilant plus ou moins ne peut être considéré simplement, naïvement, en toute innocence.

On peut le regretter ou pas...

Le vêtement cache celui ou celle qui nu(e) appartient aux sphères de l'intime.Bien sur en toile de fond la sexualité plane, voir rôde...

L'odeur de souffre est plus où mois prégnante selon nos convictions, religions et autres blocages.

Désirs et répulsions sont en jeu.

Ces évocations d'un corps nu font bien entendu l'objet d'un refoulement plus ou moins important selon les contextes.

Ainsi des gradations s'installent dans l'effeuillage, du bureau ( de l'école) à la chambre et personne ce me semble, ne peut se dire libéré ( pour l'instant) de ces subtilités...

Refoulement qui  rejoins une volonté de contrôle à travers la norme, plus on se rapproche des lieux où s'exerce le pouvoir. La norme peut d'ailleurs exiger de la femme qu'elle soit "séduisante" ( jupe, talon) au sein de certaines entreprises et qu'elle joue donc avec des désirs stratégiquement tenus à faible distance...

Bien évidemment le corps de la femme  est seul perçu comme "tentateur" et c'est lui qui subit essentiellement d'éventuels admonestations, face aux hommes livrés à leurs appétits.On l'habille ou la déshabille à souhait!

Évidemment aussi le vêtement est un objet de consommation et comme tel il focalise l'image que nous voulons renvoyer de nous même.La encore nous sommes loin de la peau de bête utilitaire.Face au marketing on peut se croire libre sans l’être pour autant.

Les marchands ne sont pas féministes et les croctops font dans certains rayons bon ménage avec les succédanés de burkas.

Prendre en compte le monde souterrain des désirs lorsque nous nous habillons me semble légitime à condition (et nous en sommes loin) que le désir ne soit pas préemption et donc violence ( s'exerçant sur les femmes en premier lieu) et que ces désirs ne fassent pas constamment l'objet d'une marchandisation de l'imaginaire ni d'une régulation en vue d'une prise de pouvoir globale sur les individus.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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