La saison du mou

Le mou vestimentaire reflet d'une tendance sociétale ?

La saison du mou

Des tissus souples, flexibles, confortables, la tendance est au mou.


En cette période où le lit ou le canapé s'est transformé en poste de travail, où règnent travail partiel et cours à distance, errer dans la rue en mou, comme un dimanche matin à 11h45 au siècle dernier, en attendant que des hauts-parleurs expectorent l'annonce officielle du jeudi 18 heures, est devenu la norme.

Dans le même temps, sur les réseaux numériques, les postures apparaissent souvent plus clivées, plus 'fermes', voire plus radicales, comme une segmentation de la pensée collective. De nouvelles doctrines sont à l'oeuvre. Au-delà de quelques belles causes universalistes, elles se fondent soit en réaction à de tristes faits divers, soit sur une mise en commun de névroses individuelles. On assisterait à une généralisation de l' "action de groupe" avec ses préjudices, ses victimes, ses objectifs communs et des responsables. 
La force ou plutôt l'efficacité est dans le collectif.
Le singulier, la singularité, ont peu de place face à la meute ductile.

Mou, mol, molle, adj. qui s'enfonce au toucher, qui est malléable 

Les pouvoirs ne sont pas en reste.
Dans les entreprises, une poignée de femmes et d'hommes décident, orientent, dirigent. Les salariés exécutent. Conformisme et obéissance sont seuls récompensés. C'est le règne du mou.
L'Etat via sa machine technocratique met en oeuvre, ce pourquoi elle est mal rémunérée, en s'assurant surtout de ne pouvoir être juridiquement attaquable (ndlr : toute ressemblance avec des décisions du gouvernement au cours des 12 derniers mois serait purement fortuite). 
L'intelligence semble avoir déserté quelques-unes des allées du pouvoir. Il convient, là aussi, de montrer son allégeance.
Certaines entreprises connaissent des dirigeants omniscients, cette situation est beaucoup plus rare à la tête d'un pays.

Pour reprendre l'assertion d'une influenceuse : "Quoi de plus agréable que de porter des vêtements dans lesquels on se sent comme dans un petit cocon ?".

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