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Billet de blog 2 janvier 2026

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Lettre ouverte à une "bande" d'amis cocaïnés

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Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

Le titre interpelle : La France sous cocaïne : pour un groupe d’amis quadragénaires, la consommation, «c’est lié à une bande, à la notion de partage» (Libération, 1er janvier). Les mots à connotation positives sont nombreux : "amis", "bande", "partage" et plus loin, dans le chapeau, "diplômés", "insérés", "parents", "fête". 

Je viens juste de terminer le livre d'Amine Kessaci : Marseille, essuie tes larmes, et le choc des univers est brutal. Chez Amine, la douleur de l'assassinat de deux de ses frères, la lutte contre une structure implacable, déshumanisante, qui utilise la détresse des jeunes des banlieues pour les instrumentaliser, jusqu'à la mort souvent. 

Dans l'article, on change de monde : pour l'un d'entre vous, 100 euros de consommation mensuelle, ce n'est "pas cher", "que dalle"... Une autre consommatrice y consacre 200 euros et affirme ne pas comprendre pourquoi elle se priverait de cela, si elle "assure" dans les autres domaines de sa vie. 

Oui, pourquoi on se priverait de cela ? La question reste fichée en moi depuis que je vous ai lus. 

Parce que des gens sont torturés et brûlés vif dans leur voiture par les trafiquants ? Parce qu'une mère vient de perdre ses deux fils, dont l'un n'a jamais été mêlé au business de la drogue ? Parce que la narco-démocratie menace les bases de la république ? Parce que la corruption commence à gangréner notre pays ? 

Bof.... est-ce que cela pèse face au "plaisir facile, instantané", aux performances inusitées au lit ? 

Vous le savez, vous êtes au courant, vous connaissez aussi le sort souvent tragique des "mules" qui transportent les produits dans leur corps, mais comme le reconnaît l'une d'entre vous, vous oubliez cela au moment de sniffer.

Loin de moi l'idée de vous juger, vous, mais laissez-moi vous dire que votre acte de consommation est nuisible et irresponsable. Parce qu'il n'est pas humain d'accepter de faire souffrir ou mourir des gens, même indirectement. Vous alimentez un réseau mortifère.

Lisez le livre d'Amine Kessaci, il en parle mieux que moi.

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