Springsteen est un héros. Et un héraut. Et aussi un Nero.
Un héros, parce qu'à 64 balais, il se bat encore. A grands coups de mots mortels, de phrases épiques, et de chansons révolutionnaires. De la plus parfaite intimité, avec comme seules armes, sa voix et sa guitare, à l'explosion rythmique de morceaux étendards à hurler ensemble, d'un pays à l'autre. A l'instar de W. Guthrie, et de sa machine à tuer les fascistes, Springsteen continue la lutte, infatigablement et même si le fascisme politique a reculé (quoique), il nous reste à nous débarrasser de son équivalent financier. Equivalent acharné à faire de cette planète une succursale globalisé d'un camp de travail nazi, chinois ou soviétique.
Album après album, Le Boss résiste, riposte et fédère les troupes.
Le "Working Class Hero" chanté par Lennon, c'est lui. Définitivement.
Un héraut car il s'est fait le porte-voix des sans grade, des ouvriers, des oubliés par millions. Des working poors et des sacrifiés à la compétitivité meurtrière. Des chômeurs et des abonnés au mot "sans"... Sans travail, sans domicile, sans papier, sans argent. Ses chansons leur rendent hommage afin de leur rendre une dignité, ne serait-ce que par la chaleur humaine qu'elles distillent et par les vérités qu'elles proclament face aux mensonges institutionnalisés. Sans qu'une seule note n'en devienne haineuse, sans qu'une seule parole n'en devienne obsessionnelle, sans qu'une seule idée d'un passé assassin ne renaisse.
Un Dieu donné ? Non, un Homme debout...
Un Nero ? Keskecé ?
Private joke. ^^
Bon allez je vous l'explique. Nero est un des personnages du jeu vidéo "Devil May Cry". Premièrement cela me faisait un déclinaison phonétique supplémentaire pour "héros" et deuxièmement, ça tombait hyper bien car à chaque nouvel album de Bruce Springsteen, empli de compassion, d'intelligence humaine et d'amour, le Diable en pleure... De rage... Et ça c'est toujours bon à prendre... Come on up the rising...
Thanks a lot to you, Bruce...