A Calais, un ancien passeur raconte le trafic de migrants

Depuis deux décennies, les passeurs opérant en bandes organisées se succèdent autour de Calais et de Grande-Synthe, où le camp humanitaire a été ravagé par un incendie dans la nuit du 10 au 11 avril. Hommes invisibles qui dorment le jour, vivent la nuit, ils sont détestés des migrants mais indispensables pour franchir la frontière. Un ancien passeur a accepté de témoigner.

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 C’était il y a 12 ans, mais pour lui, c’était hier. Olan (la plupart des prénoms ont été modifiés à la demande des personnes) a toujours en tête les longues marches nocturnes à travers ce qu’il appelle les « djangals » françaises, les forêts en persan, à suivre cet homme, un passeur, « froid, Kurde comme moi, mais avec qui je ne parlais jamais ».

Gravés dans sa mémoire, aussi, ces ordres auxquels « il faut obéir sans répondre » « Silence », « Tourne ici », « Monte ». Surtout, ce réfugié iranien, actuellement au Royaume-Uni, se souvient « des territoires ». « Le premier jour, un chauffeur de camion nous a laissés, avec d’autres migrants, sur un parking à Dunkerque. Le passeur qui nous attendait a dit : “C’est mon territoire, ça m’appartient.” Entre Calais et Dunkerque, chacun avait “son territoire” et ce n’étaient jamais des Français. » ....

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