COMMUNE

la commune de Paris est toujours d'actualité.

COMMUNE   14 février 21

Les communards incarnent « dans la mémoire collective, une grande cause, la plus grande de toutes peut-être : celle d'une société jaillie du plus profond d'eux-mêmes, où la justice, l'égalité, la liberté n'auraient plus été des mots vides de sens. Une utopie ? En tout cas, une grande espérance qui les dépassait de beaucoup, et dont ils furent à la fois acteurs et martyrs ».

 Alain Gouttman  historien

Pauvres gens morts de misère et de passion,

Lavandières et plombiers zingueurs,

Cordonniers, médecins, ingénieurs,

Voici venu le temps des commémorations.

Vous ne saviez pas en tombant sous les balles

Ou prisonniers dans les bagnes

Qu’un jour on vous absoudrait du mal,

Que vous seriez délivrés de la hargne

Du pouvoir, des bons bourgeois satisfaits.

Coupables d’avoir rejeté les méfaits

Des agioteurs, des privilégiés, des richards,

Vous étiez les horribles communards.

Cent cinquante ans plus tard,

Ce que vous demandiez, ce que vous avez fait

N’est toujours pas établi.

On discute toujours de ces plaisanteries :

La force du peuple contre les nantis,

L’église rendue à ses prières,

Aux femmes l’égalité des salaires.

On a donné des rues et des boulevards

Aux rebelles mais bien trop tard.

Pottier, Clément, Varlin, Vallès et Blanqui,

Le mur des fédérés au Père Lachaise,

Des tableaux de louanges aux cimaises,

Mais ils ne croyaient pas au paradis.

Et dans toutes les communes

On a rendu hommage à Thiers,

Le traître fossoyeur de votre infortune.

Là-haut sur la butte familière, à Paris

Trône l’immonde religieuse,

Chef d’œuvre de la bigoterie,

Cher aux touristes, avides d’images pieuses.

 

Alors laissez-là vos hommages,

Vos discours creux et votre faux langage.

Respectez le silence qu’on doit aux visionnaires,

Aux imaginatifs, aux rebelles adversaires.

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