Bougeons-nous pour l'emploi !

Nous sommes une petite association qui gère un café associatif, dans un quartier de la banlieue de Grenoble (non, pas la Villeneuve, il y en a d'autres...).

Depuis notre démarrage, il y a bientôt 5 ans, nous avons embauché en CDI l'un de nos salariés qui avait commencé en contrat aidé deux ans auparavant. Aujourd'hui un autre salarié, en contrat aidé depuis plus d'un an, vient d'obtenir son statut d'intermittent du spectacle, ce qui était son objectif professionnel.

Cherchant à le remplacer, pour continuer notre démarche d'insertion, à notre petite échelle, nous souhaitons embaucher un nouveau salarié en CUI (Contrat Unique d'Insertion), mais Pôle emploi nous répond que depuis mercredi (hier, le 13), ils ont appris que, même les associations, par décision du préfet de Région, ne peuvent plus prétendre aux CUI-CAE, car le budget est dépassé, et ce à compter de lundi 18. Ce qui a pour conséquence que le dernier délai pour remplir les dossiers est le vendredi 15, c’est-à-dire demain !

Le seul public qui puisse encore prétendre à une aide à l'emploi, ce sont les bénéficiaires du RSA et pour une raison simple: dans leur cas le budget est géré par le conseil général qui a un budget propre sur ce type de publics. Mais d'après les échos, eux aussi devraient atteindre leur plafond sous peu.

Bref, il n'y a donc quasiment plus aucune aide. Et au niveau des CUI, Pôle Emploi ne peut même pas proposer de renouvellement pour des personnes qui ont déjà fait 6 mois dans une structure et qui demandent un renouvellement de 6 mois... Je ne vous explique pas la galère pour les petites associations...

Nous avons eu la chance (cette fois !) de passer juste par cette fenêtre de 2 jours, après une soirée d'inquiétude hier et nous pensons à toutes les associations qui fonctionnent avec des emplois aidés, aux personnes qui y travaillent et ne pourront pas continuer, aux personnes qui ne bénéficieront plus de leurs services, pourtant souvent indispensables, et aux employés de Pôle Emploi dont le travail perd peu à peu son sens.

Nous sommes de plus en plus révoltés contre cette politique de casse du service public, du lien social, de ce qui rend la vie possible pour beaucoup de gens : il faut que nous soyons encore plus nombreux dans la rue samedi et les jours suivants !

 

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