Kastellorizo, l'île grecque en eaux troubles, à deux pas de la Turquie (carte)

Située à trois kilomètres de la Turquie, l’île de Kastellorizo est au cœur de la crise qui oppose Athènes à Ankara. Les habitants, coutumiers des « provocations turques », se disent sereins.

 

Elisa Perrigueur / aquarelle © Elisa Perrigueur / aquarelle Elisa Perrigueur / aquarelle © Elisa Perrigueur / aquarelle

Au pied des hautes falaises sombres d’une l’île, Kastellorizo est un village de maisons colorées qui s’étire sur une baie. Ses 500 âmes ont pour horizon l’imposant rivage turc, séparé par un bras de mer calme. Lundi 7 septembre, des parents et vieillards grecs sirotent leurs cafés sur le quai, la vue barrée d’un imposant ferry. Parti d’Athènes 24 heures plus tôt, il manoeuvre difficilement, gigantesque dans le petit port, pour recracher une poignée de touristes français, grecs ou italiens. 

L’ambiance est en apparence détendue mais l’île grecque est dans la tourmente. Le président turc Erdogan revendique ses eaux continentales. Kastellorizo est située à moins de trois kilomètres de la Turquie mais isolée du continent grec et à 120 kilomètres de l’île la plus proche. Athènes et Ankara ont un désaccord de longue date sur la délimitation de cette frontière maritime. Mais la découverte de gisements d’hydrocarbures, il y a une dizaine d’années au large de ce petit territoire grec, a renforcé les revendications d’Ankara. En août, la Turquie a envoyé un navire de recherche sismique dans la zone économique exclusive grecque. Une « violation des traités internationaux », dénonce la Grèce. 

Carte / aquarelle / crédits : Elisa Perrigueur

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