Viol ou violence avec arme ? Ou de l'usage des matraques télescopiques .

" L'interpellation musclée" (il faudra qu'on en finisse avec cette expression journalistique qui légitime l'emploi de la force ) d'Aulnay sous bois , qui a abouti à la mise en examen d'un policier pour viol, est à rapprocher de ce qui s'est passé en 2015 à Drancy, et qui a été jugé le 17/1/2017, avec un délibéré le 20 février prochain.

Dans les 2 cas, l'usage des matraques télescopiques  rappelle celui des "bidules" dans les commissariats pendant la guerre d'Algérie, et se rapproche des méthodes de la torture sexuelle, choisie par le gouvernement américain après le 11 septembre.Les matraques télescopiques interdites pour la police en 2000,  ont été autorisées en 2013, même pour les municipaux ( en plus du revolver).Dans  les articles cidessous décrivant ces 2 affaires on peut relever des similitudes.http://www.liberation.fr/france/2017/02/04/aulnay-sous-bois-quatre-policiers-en-garde-a-vue-pour-viol-en-reunion_1546315

http://www.lemonde.fr/police-justice/article/2017/01/17/un-policier-municipal-juge-pour-violences-volontaires-avec-arme_5063898_1653578.html

- Similitudes entre les blessures à l'anus:

 

 - à Aulnay  ( jeudi 2 février) Selon nos informations, le certificat médical du jeune homme de 22 ans fait état d’une déchirure de 10 centimètres à l’anus, pour laquelle il a été opéré en urgence.

 

- à Drancy ( 29/10/2015 - procès  le 17/01/2017)

Est-ce par l’opération du Saint-Esprit que M. Alexandre T. s’est retrouvé avec une « plaie ouverte profonde de 1,5 centimètre » au niveau de l’anus ? C’est la question que s’est posée son avocate et c’est celle qui a semblé occuper les débats pendant trois heures, lundi 16 janvier, au tribunal de grande instance de Bobigny (Seine-Saint-Denis)

 

- Similitudes entre l'argumentaire des policiers et de leurs avocats

 

- à Aulnay : Selon une source proche de l'enquête, contactée par Libération, «l’enjeu de l’enquête va être de déterminer si il s’agit bien d’un viol. Est-ce que les policiers ont introduit volontairement cette matraque télescopique dans son anus ? Ou est-ce que cela s’est produit en donnant des coups et dans ce cas l’enquête pourrait se poursuivre pour des violences. »

Dans une des vidéosurveillances ainsi que des vidéos prises par des témoins «on voit nettement les violences, et à un moment, un coup de matraque télescopique porté à l’horizontale qui transperce le pantalon du jeune homme», d'après cette même source.

 

- à Drancy  : l'avocat du policier déclare :

Son client aurait usé de sa matraque « à l’horizontale » pour parer les coups de pieds d’Alexandre T.

DANS LES CAS DE DRANCY ET D'AULNAY, LES 2 HOMMES AVAIENT "LEUR PANTALON BAISSÉ" ET A DRANCY L'HOMME MENOTTÉ AVAIT ÉTÉ "DÉLESTÉ DE SA CEINTURE".

- à Aulnay :

La scène, filmée par la vidéosurveillance de la police municipale, montre notamment un policier « porter un coup de matraque horizontal au niveau des fesses » du jeune homme, après que son « pantalon a glissé tout seul », selon cette même source. Le jeune homme a déclaré que l’un des policiers lui aurait introduit sa matraque dans l’anus.

Transporté à l’hôpital Robert Ballanger d’Aulnay, le jeune homme est examiné par un médecin qui diagnostique « une plaie longitudinale du canal anal » et une « section du muscle sphinctérien », et lui prescrit 60 jours d’interruption totale de travail (ITT), selon la source proche de l’enquête. Samedi, le jeune homme était toujours hospitalisé.

-à Drancy :

L’agent de Drancy aurait blessé un homme à l’anus avec sa matraque.

Tandis qu’il est menotté dans le dos et que, délesté de sa ceinture, son pantalon glisse sur ses hanches, deux policiers le tirent par les épaules pour le faire entrer dans la voiture. Arnaud P., lui, le pousse vers l’intérieur. « D’un coup, j’ai senti un truc dans mes fesses. J’ai hurlé, relate Alexandre T.

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Comme dans le cas de viols, les femmes victimes se sont longtemps tues.  Il est certainement encore plus difficile  pour les hommes violés   d'arriver à la parole publique, compte tenu de l'idéologie patriarcale dominante.  Dans ces deux  affaires, d'Aulnay et de Drancy, c'est la blessure physique qui porte la dénonciation du crime au grand jour.

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