Une partie des militants écologistes appelle à voter non à la consultation

"Nous voterons non à la parodie de démocratie qui nous est imposée". Dans le cadre de la consultation organisée par Europe Ecologie Les Verts ce week-end, une partie des militants écologistes appelle à voter non à ce qu'ils considèrent comme une "parodie de démocratie". Ils refusent de valider un accord en tête-à-tête avec le Parti Socialiste sans garanties concrètes.

 

Le candidat issu de la Primaire écologiste a annoncé son retrait dans les médias avant même le vote prévu, en échange d'un accord avec le PS sur des circonscriptions.

 

Dans le contexte actuel où l'insincérité en politique prend le pas sur les convictions, il est essentiel d'être à la hauteur des enjeux.  Nous devons concrétiser l'alternative écologiste, sociale et citoyenne pour éviter ce qui semble se  dessiner dans une situation inquiétante où l'extrême-droite est en embuscade face à un monde politique décrié. 

 

Les primaires de l’Écologie, de la Belle alliance ou d'autres initiatives citoyennes nous avaient laissé espérer des lendemains qui chantent pour les citoyen.ne.s comme pour la planète, et pourtant cela nous semble déjà trop loin, écrasés encore une fois par le jeu des appareils déconnectés des aspirations collectives. 

 

L’Écologie n’est certes pas l'apanage d'un parti mais elle l'est encore moins du  Parti Socialiste qui a encore bien du chemin avant de pouvoir affirmer  une traduction en actesde la transition écologique. Certes les mots sont louables et notables, à  l'exemple de la lutte récente contre les perturbateurs endocriniens, le  virage vers le bio et l'agriculture de proximité, l'amorce d'une  transition énergétique plus "durable". Pourtant les sujets épineux comme l'agenda de sortie du nucléaire, la sortie de la dissuasion par la bombe nucléaire pour passer à un traité d’interdiction des armes nucléaires, la mise en place effective et rapide de la proportionnelle  intégrale ou la fin des politiques productivistes ne sont absolument pas réglées. Certes les promesses sur le fond sont sans doute intéressantes sur le papier, mais alors comment un accord à deux sans garanties concrètes, derrière le PS, pourrait déboucher sur une majorité parlementaire solide de changement ? D'autant plus que la victoire de Benoît Hamon comme Président de la République ne semble pas être l'hypothèse la plus probable...

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Et pourtant un vote sera présenté aux militant.e.s de la primaire de l'Ecologie sur un accord déjà marqué d'une date fatidique de péremption, celle du 23 avril.

 

Bien qu'il y a huit mois, lors de notre Congrès, l’écrasante majorité  des militant.e.s avaient fait le choix de couper le cordon ombilical  relié au PS, la majorité au bureau exécutif de EELV, vient de valider avant tout vote un accord sans aucun rapport de forces afin de  sauver quelques sièges de parlementaires. On ne peut pas ressasser sans  cesse que l'on ne montera pas une nouvelle fois dans la soute du vieux  car diesel du PS et y monter. C'est à se demander si aucune leçon du  passé et de l’échec de 2012 ne semble avoir été tirée.

 

Nous ne devons pas être dupes, Jean-Luc Mélenchon et Benoît Hamon ont mis un point final à leur discussion, laissant EELV seul à la table des  négociations. Alors oui, les écologistes sont responsables et  ouvert.e.s, ils/elles ont d'ailleurs il y a quelques jours rappelé être très majoritairement favorable à un accord à trois, nécessaire dans le  contexte actuel, fondé sur un projet de transformation écologique et  social. Mais qui peut croire qu'un tel projet de refondation sociétale puisse se construire en  deux semaines dans les couloirs de Solferino ?

 

A force de répéter que la présidentielle n'est pas pour nous, nous avons  tendance à oublier que depuis 1974, un.e candidat.e écologiste a  toujours porté notre projet, favorisant sans cesse la lente transition  de notre société. Nous avons beau marteler que la personnalisation  politique, voir la recherche d'un homme providentiel ne sont pas dans  notre ADN, certain.e.s laisseraient à penser que nous aurions trouver le messie en la personne de Benoît Hamon.

 

Pourtant le PS n'a pas changé, certes l'élection de Benoît Hamon marque un rejet citoyen.ne.s des cinq années qui viennent de s’écouler. Mais doit-on  rappeler le TSCG, l’ANI, le CICE, la Loi Travail, l’état d’urgence, le  débat nauséabond  sur la déchéance de nationalité ? Et que peut on dire de la dangerosité  d'une politique internationale réduite aux relations commerciales,  de la promotion du CETA comme du TAFTA , voir de l'excellence française  dans la vente d'armes même aux États les moins fréquentables et à une absence de stratégie autre que des interventions militaires de court terme ? Rémi  Fraisse, Fessenheim et plus globalement le mépris de toute politique  écologique ? Adama Traoré, Théo, l’abandon des quartiers populaires, les politiques d’austérité qui ont détruit le tissu associatif et le lien  social, et tant et tant d’autres choses encore ? En politique, comme  chez les éléphants, il est toujours primordial d'analyser les promesses  au regard des actes passés.

 

Comment peut-on alors, espérer la mise en œuvre d'un projet radical de  transformation social et écologique quand des député.e.s investi.e.s par le PS sont ceux et celles qui ont voté les politiques que nous  déplorons, à l'exemple de Mme El Khomri, Mr Valls ou Mr Le Roux ? 

 

Au sein d’EELV, le ralliement à Benoît Hamon a déjà commencé à diviser le mouvement,  et conduit d'ores et déjà  nombres de militant.e.s vers d'autres candidat.e.s. Bien que  l’histoire ne soit pas écrite, une refondation est déjà à l’œuvre. Alors pour nous c'est non à un accord à 2 avec le PS sans la France  Insoumise. Nous refusons tout assujettissement au Parti Socialiste, et  combattons ses idées sociales-libérales. Nous voterons non à la parodie de démocratie qui nous est imposée.

 

Au contraire, nous agissons ici et maintenant pour une alternative  écologiste, sociale et citoyenne. L'écologie politique ne disparaîtra  pas. Une recomposition est nécessaire et dessinera un nouvel horizon désirable et soutenable. Nous y sommes prêt.e.s et commençons le travail !  

 

Françoise Alamartine, Mathieu Bechu Diaz, Chekra Kaabi, Elise Lowy, Thierry Pradier, Stéphane Lavignotte ...

 

Pour signer : signerecologie@gmail.com

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