Ella Kelian (avatar)

Ella Kelian

Conseillère Politique et Présidente Think Tank LightUpHumanity

Abonné·e de Mediapart

2 Billets

0 Édition

Billet de blog 20 août 2025

Ella Kelian (avatar)

Ella Kelian

Conseillère Politique et Présidente Think Tank LightUpHumanity

Abonné·e de Mediapart

Iran : monarchie et démocratie, l'antinomie n'est pas un projet

« La monarchie dégénère ordinairement dans le despotisme d’un seul homme » disait Montesquieu, l’histoire lui donne amplement raison, et la monarchie Iranienne en est l’exemple le plus sanglant.

Ella Kelian (avatar)

Ella Kelian

Conseillère Politique et Présidente Think Tank LightUpHumanity

Abonné·e de Mediapart

Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

Illustration 1
Nazisme et Monarchie Iranienne, l'idylle des despotes.

Alors qu’une vague de colère populaire déferle en Iran contre un régime privant d’eau et d’électricité la population afin d’utiliser les privations des plus essentielles des ressources comme ultime moyen de soumission sur les Iraniens, la descendance monarchique tente de s’imposer en recours dans l’opinion internationale, sans doute avec l’idée que “le mal se soignerait par le mal“, ou en l’espèce avec l’idée de soigner la barbarie absolue par la terreur totale…


Autant dire, que Reza Pahlavi ne saurait être une alternative, ni un recours, tout au plus, il est une relique politique “shatanique“, portée par les mêmes réseaux qui ont garanti à son père plus de 37 années de corruption endémique, de tortures généralisées et d’exécutions, et malheureusement ses récentes déclarations tentent à confirmer que « good blood cannot lie ».


Avant de développer ce volet, il faut tout d’abord parler du contexte permettant de faire entendre le léger miaulement du Chah dans les médias, celui n’existe qu’au bénéfice de la situation d’affrontements intensifs entre l’Iran et Israël, et dans la mesure où l’extrême-droite israélienne entend pouchasser le régime théocratique iranien, pour certes éloigner la menace nucléaire pesant sur l’État hébreux, mais surtout pour installer en Iran, un Pouvoir d’ingérence favorable à toutes les collusions d’intérêts envers la communauté juive, qui cela dit en passant, n’est pas très rancunière vis-à-vis de la monarchie iranienne quand on sait que le grand-père de Reza Pahlavi a été porté au pouvoir par les Britanniques en 1921, puis
destitué deux décennies plus tard par ceux-ci en raison de son ralliement à l’Allemagne nazie, et dont la photo dédicacée par Hitler lui-même à son endroit ne laisse aucune place au doute concernant la proximité de la monarchie iranienne avec le dictateur génocidaire allemand, ainsi, soit la communauté juive actuelle est amnésique, soit elle a un grand sens du pardon.


Ce qui n’est pas le cas du peuple iranien qui se souvient très bien du règne de la Monarchie, ce régime du Shah marqué par la torture organisée par l’intermédiaire de la Savak, sa police de l’horreur faisant de l’inhumanité au service du despotisme monarchiste la seule doctrine dans sa mission, alliée à une censure totale interdisant tous partis politiques à l’exception de celui de la monarchie gouvernante, ce qui a fait de l’Iran un pays tristement célèbre pour ces milliers de prisonniers politiques, pourchassés, torturés et exécutés.

Faut-il avoir quitté les rives de l’humanité pour être nostalgique du règne du Shah et suicidaire pour envisager le risque de réhabiliter la monarchie !

Mais heureusement, le désir de ce fumeux retour de la monarchie n’est que mirage, si Reza Pahlavi s’auto-proclame en recours, dans les faits, personne ne l’a sollicité pour ce rôle, et encore moins élu, il n’est que le fantasme éveillé d’une poignée de sympathisants et diaspora lointaine, n’ayant jamais mis un pied en Iran, mais qui y voient un eldorado potentiel en s’imaginant bénéficier de la corruption monarchique, dont chacun sait que celle-ci pour sa part n’est jamais une vision de l’esprit.

Pas une vision de l’esprit non plus, la romance entre le fils du Shah, se rêvant lion, et les Gardiens de la Révolution (CGRI), romance qui est bien réelle lorsqu’il leur tend la main, tout en tendant l’autre aux Bassidj, dans un désir de grande et honteuse “transition démocratique“ furibarde ou comment insulter les mémoires des milliers de victimes qui ont payé de leur vie la “réalité démocratique“ des chers amis de Reza Pahlavi cherchant à transformer dans ses discours le terrorisme de ses alliés en néofascisme light.


Cette volonté qu’il qualifie “d’audacieuse“ à la tribune, dans la “vraie vie “ s’appelle “criminelle“ !


Mais lorsque la monarchie contemporaine a pour conseillers-politiques des apparatchiks issus du régime iranien actuel, synchronisant régulièrement ses campagnes de désinformations avec la cyberarmée des mollahs, comment imaginer que Reza Pahlavi puisse proposer autre chose au peuple iranien que de changer les mots pour continuer sans encombre la persécution de celui-ci ?


Et c’est précisément parce que la Monarchie n’émane pas du choix du peuple, que la Monarchie n’a aucune chance, et fort heureusement pour l’Iran, de revenir aux responsabilités !


Le peuple iranien ne souhaite pas se contenter de renouveler le costume de ses tyrans, quand bien même Reza Pahlavi ayant fréquenté autant les casinos que les stylistes lors de son exil à Las Vegas, où il a dilapidé sa fortune plutôt que de soutenir financièrement la lutte de son peuple pour la Démocratie, le peuple iranien sait bien que sous le costume de l’affairiste faussement patriotique aux larmes factices de compassion pour le martyr du peuple iranien, il n’y a qu’une seule réalité:


« L’ambition Monarchique est la négation de la Démocratie, c’est le refus du gouvernement du peuple, par le peuple, et pour le peuple »


Monarchie et Démocratie sont toutes simplement antinomiques !


Personne en Iran ne veut du Shah, mais tout le monde en veut au Shah, personne n’efface des décennies de tyrannies, de persécution faite au nom de cette même Monarchie, ce pourquoi le peuple iranien n’a qu’une seule ambition : « La souveraineté du peuple ! »


Et qu’un seul slogan : « Ni Chah, ni Mollah ! »

Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.