Quand regarder TF1 fut délectable

Il a fallu attendre tard pour qu'enfin la candidate du FN cède la place à Jean Luc Mélenchon.

120305-Mélenchon-Parole-de-candidat-Tf1-1h03.flv © creartsgc
Il a fallu attendre tard pour qu'enfin la candidate du FN cède la place à Jean Luc Mélenchon. Il a fallu l'écouter, et c'est toujours instructif, déverser sa loghorrhée, et la voir tenter sans succès de prendre un ton aimable pour répondre à l'une des ses interlocutrices  présidente d'une association qui lutte contre la discrimination à l'emploi des personnes d'origine étrangère. N'obtenant naturellement aucune réponse à sa question légitime, la dame continuait calmement de la lui reposer, tandis qu'en face on s'agitait, on ramait, on luttait contre la réponse méprisante "toi pas comprendre, moi te dire retourner chez toi!", le sourire factice se muait peu à peu en rictus...

Ouf ! enfin ça s'est arrêté, elle a quitté le plateau et Mélenchon a alors occupé l'espace, que dis-je, il l'a rempli d'une force vive, souriante, il a fait rire (mention spéciale pour l'oeuf ! ) , il a été courtois, et aussi vindicatif quand il le fallait. Quand l'autre s'agitait maladroitement et fébrilement, montrant ses limites, récitant ses fiches, Jean Luc Mélenchon a donné une fois de plus une leçon de communication et non de com', en un mot comme en cent, il a fait un cours, avec aisance, chaleur et humanisme.

Une leçon de politique. Alors, on peut bien entendu ne pas être d'accord avec le programme du FDG, on peut préférer pour je ne sais quelles raisons l'eau tiède, les sparadraps et les rustines, mais au moins faut-il reconnaitre que ce candidat-là est le seul à hisser la campagne à un haut niveau d'intelligence, redonnant par là au spectacteur son statut de citoyen-pensant, le rendant acteur et actif.

Et je m'étonne du peu de cas que la rédaction de Médiapart fait de cela. Prendre part, c'est bien cela que font les lecteurs de ce journal. Prendre part, c'est à cela que convie le candidat Mélenchon. Prendre part à la politique qui est notre res publica, et prendre part de l'énorme gâteau dont se gavent seuls une poignée de privilégiés.

"On ferait beaucoup plus de choses si l'on en croyait moins d'impossibles" . Condorcet .

 

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