Des Etats Généraux pour l'Ecole !

On savait le décret sur les rythmes scolaires mauvais: voici maintenant qu'en l' « assouplissant », le nouveau ministre de l'Education va lui permettre de «  s’adapter aux expérimentations ».

Nos enfants, vos enfants, nos élèves, sont des cobayes, cela nous le savons depuis longtemps. Voici donc maintenant que ce ministre-là,  socialiste, oh comme ce mot devient honni, donne carte blanche aux maires pour organiser la territorialisation de l'école, en d'autres termes la mise à mort de l'école de la République. Il se trouvera bien entendu des esprits critiques pour dire que cette école-là a vécu, qu'elle n'a jamais rempli son rôle, etc ...L'institution scolaire n'a jamais été exempte de critiques et nous soutenons qu'il faut une réforme des rythmes scolaires. Mais certainement pas celle-là, bricolée « en haut », sans aucune concertation avec les enseignant-es, considéré-es de plus en plus mal par leur institution, confortant par là une « opinion publique » fabriquée de toutes pièces à qui on a appris que nous étions toujours en vacances, toujours en stage, jamais là...et qu'un pouvoir courageux allait rendre compétitifs, productifs, rentables …

Que va permettre « l'assouplissement » du ministre Hamon ? Je cite ici des extraits du billet de François Cocq, secrétaire national du Parti de Gauche que l'on peut retrouver ici : « Demi-journées au choix, regroupement possible des activités périscolaires sur une seule demi-journée, Benoît Hamon fait comme si de telles décisions étaient indépendantes des contenus et des savoirs et préfère les déléguer à des projets éducatifs locaux ! ».

Cet « assouplissement », joli mot qui fleure bon la lessive mais qui s'écrit en réalité « déréglementation » va de plus autoriser l’allongement de l’année scolaire à la carte, en rendant variable le nombre d’heures hebdomadaires de cours. Darcos et Chatel l'avaient rêvé : Benoit Hamon applique la flexibilité libérale du temps de travail à l’Ecole en annualisant les heures !

En 2004, Darcos avait organisé le vol du temps scolaire en raccourcissant la semaine. Ce temps-là est passé par pertes et profits. A qui va-t-on faire croire que les activités périscolaires organisées au petit bonheur et au bon vouloir de retraité-es et d'étudiant-es en mal de fin de mois (et on les comprend ! ) vont remplacer l'indispensable travail de transmission que le professeur organise dans sa classe ?

Moins de temps pour apprendre et pour comprendre, c'est toujours plus d'inégalités entre les enfants. Morceler le temps, multiplier les « intervenants » c'est nier le rôle de l'enseignant, de ce passeur, qui passe un si grand moment de son temps « libre » à penser ce travail de transmission, grandement mis à mal par « l'école du socle », laquelle organise le nivellement par le bas des savoirs en les fragmentant et en les réduisant à d' horripilantes « compétences ».

 

A Marseille, le « Jean Claude Gaudin nouveau » s'enorgueillit d'un bilan catastrophique en matière d'école depuis dix huit ans. Dire ici que l'on se moque du monde est un doux euphémisme. Appliquer tel quel le mauvais décret Peillon était chose impossible et on avait entendu tout et son contraire de la part de l'équipe municipale sortante pendant la campagne. Seule la liste Front de Gauche « Marseille à gauche » avait clairement pris position et annoncé des Etats Généraux de l'Ecole. Monsieur Hamon vient de faire un joli cadeau à la nouvelle équipe : carte blanche pour organiser à sa sauce la semaine et l'année scolaire …

 

Plus que jamais, réclamons ces Etats Généraux pour l'Ecole !

 

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