Mensonges et tromperies élevées au rang de l'art

Comment en Startupenéchionne, on use et on abuse des mensonges et des tromperies, élevées au rang de l'art.

Brève du vingt-sixième jour du mois d'août de l'an de très très grande disgrâce vingt et un.

Jamais mensonges et tromperies ne furent pratiquées avec autant d'art que sous le règne de Notre Délicat Pipoteur, qui aimait lui-même à donner l'exemple. Des gazettes révélèrent ainsi que la Sainte-Vaccine ne lui aurait point été administrée au mois de mai, comme il l'avait fait savoir urbi et orbi, mais au lendemain de son discours du douze du mois de juillet, par lequel on avait appris qu' une guerre sans merci serait faite aux Hérétiques et que les Béats seraient récompensés par le truchement du sauf-conduit hygiénique. Les Conseillers trépignèrent que tout cela était faux, qu'il

y avait eu des erreurs d'écriture et que Sa Sérénissime Candeur avait bien reçu l'onction en même temps que la Reine Dame Bireguitte.

Parmi les courtisans, celui qui excellait à l'art du mensonge et de la tromperie était sans conteste Monseigneur le duc du Dard-Malin. Dans l'affaire de l'officier des Gens d'Armes, inconsidérément promu à un grade élevé alors que tout indiquait qu'il en était indigne, la gazette de Monsieur Plénus révéla que le duc, pour défendre son protégé, n'avait eu aucun scrupule à tordre les faits, oubliant fort commodément ses précédentes déclarations et chargeant sans vergogne la pauvre moitié de cet officier, alors même que la Justice l'avait blanchie de toute accusation. Quant à madame la marquise de la Courge, qu'on avait connue si diserte sur cette question, elle était muette. Elle avait fait dire par ses gens qu'elle prenait les eaux. La cause des Riennes, qu'on avait pourtant élevée au rang de grande cause de la Startupenéchionne, ne valait pas qu'on se fâchât avec monseigneur le duc, qui avait l'oreille du Roy.

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