Plainte contre Estrosi : « Les étonnantes conclusions des enquêteurs »

L’enquête préliminaire contre X..., ouverte en janvier 2013 à la suite d’une plainte pour « détournement de biens publics », déposée par un militant écologiste contre le député et maire UMP de Nice, a été classée sans suite le jeudi 7 novembre. Le plaignant pointe du doigt « les étonnantes conclusions des enquêteurs ».

L’enquête préliminaire contre X..., ouverte en janvier 2013 à la suite d’une plainte pour « détournement de biens publics », déposée par un militant écologiste contre le député et maire UMP de Nice, a été classée sans suite le jeudi 7 novembre. Le plaignant pointe du doigt « les étonnantes conclusions des enquêteurs ».

En juillet 2012, Mediapart révélait qu’un bulletin de l’Association des amis de Nicolas Sarkozy avait été glissé dans un courrier de remerciement de Christian Estrosi, adressé aux milliers d’électeurs de sa 5e circonscription des Alpes-Maritimes, aux frais de l’Assemblée nationale. Une initiative normalement proscrite par le règlement du Palais Bourbon.

MM. Estrosi et Sarkozy © Reuters MM. Estrosi et Sarkozy © Reuters

L’enquête préliminaire a conduit la police judiciaire à interroger Christian Estrosi en qualité de témoin le 7 octobre dernier. Son directeur de cabinet, Pascal Condomitti, ainsi que la responsable de la permanence UMP de Nice, Michèle Borfiga-Demma, ont également été entendus par les enquêteurs.

En se mélangeant les pinceaux entre les différents cantons auxquels cette lettre a été adressée, tous trois ont reconnu les faits en évoquant toutefois « une erreur matérielle » imputable, selon eux, aux bénévoles qui ont préparé le courrier à la permanence niçoise.

Selon leur version, deux envois étaient prévus ce jour-là. L’un destiné à remercier les électeurs de la 5ème circonscription des Alpes-Maritimes (à la charge financière de l’Assemblée), l’autre adressé aux adhérents UMP du département (payé, cette fois-ci, par l’Association des amis de Christian Estrosi). C’est au cours de la mise sous pli que l’erreur aurait été commise.

Dans leurs conclusions, les enquêteurs ont estimé que « la version fournie par les représentants de l’UMP semblait crédible », ajoutant : « Si ces envois avaient été réalisés sciemment par les responsables de l’UMP de Nice, ces derniers s’exposaient à un dépôt de plainte visant Christian Estrosi. Ce n’était sans aucun doute pas le but recherché. »

« C'est sûr, ce n'est jamais le but recherché que de se faire prendre le doigt dans le pot de confiture !, réagit le plaignant, Jean-Noël Falcou, militant d'Europe Écologie-Les Verts (EELV) et membre de l’association anti-corruption Anticor. Ce qui “semble crédible” aux enquêteurs ne repose que sur des déclarations alors que j'avance des faits que M. Estrosi reconnait lui-même. C'est l'interprétation de ces faits qui pose un problème. Ce classement d'une soi-disant erreur “à l'insu de son plein gré” ne me satisfait pas du tout. Je n'en resterai pas là. »

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