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Billet de blog 7 décembre 2016

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Commune de Paris. Séance du 15 mai 1871. La Commune déchirée.

Les membres de la minorité, s’étant rendu le 15 mai pour la séance de l’Assemblée, avec l’intention de trancher la question du Comité de salut public, la trouvèrent désertée par la majorité. La minorité constatant que la séance ne pouvait se tenir, rédigea la «Déclaration de la minorité de la Commune.»

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Camille Lamache lit un article du Journal Officiel de la Commune du 14 mai 1871.


«Paris, le 15 mai 1871.
«Les membres appartenant à la minorité de la Commune avaient résolu de lire, à la séance qui devait avoir lieu régulièrement le lundi 15 mai, une déclaration qui aurait, sans doute, fait disparaître les malentendus politiques existant dans l’Assemblée.
«L’absence de presque tous les membres de la majorité n’a pas permis l’ouverture de la séance.
«Il est donc de notre devoir d’éclairer l’opinion publique sur notre attitude, et de lui faire connaître les points qui nous séparent de la majorité.
«Les membres présents :
«Arthur Arnould, Ostyn, Ch. Longuet, Arnold, Lefrançais, Serraillier, Jules Vallès, G. Courbet, Victor Clément, Jourde, Varlin, Vermorel.
«Déclaration
«Par un vote spécial et précis la Commune de Paris a abdiqué son pouvoir entre les mains d’une dictature, à laquelle elle a donné le nom de Comité de salut public.
«La majorité de la Commune s’est déclarée irresponsable par son vote, et a abandonné à ce Comité toutes les responsabilités de la situation.
«La minorité à laquelle nous appartenons affirme, au contraire, cette idée, que la Commune doit au mouvement révolutionnaire politique et social d’accepter toutes les responsabilités et de n’en décliner aucune, quelques dignes que soient les mains à qui on voudrait les abandonner.
«Quant à nous, nous voulons, comme la majorité, l’accomplissement révolutionnaire de la rénovation, politique et sociale; mais contrairement à sa pensée, nous revendiquons, au nom des suffrages que nous représentons, le droit de répondre seuls de nos actes devant nos électeurs, sans nous abriter derrière une suprême dictature que notre mandat ne nous permet pas de reconnaître.
«Nous ne nous présenterons donc plus à l’Assemblée que le jour où elle se constituerait en cour de justice pour juger un de ses membres.
«Dévoués à notre grande cause communale, pour laquelle tant de citoyens meurent tous les jours, nous nous retirons dans nos arrondissements, trop négligés peut-être.
«Convaincus, d’ailleurs, que la question de la guerre prime en ce moment toutes les autres, le temps que nos fonctions municipales nous laisseront, nous irons le passer au milieu de nos frères de la garde nationale, et nous prendrons notre part de cette lutte décisive, soutenue au nom des droits du peuple.
«Là encore, nous servirons utilement nos convictions, et nous éviterons de créer dans la Commune des déchirements que nous réprouvons tous  car nous sommes persuadés que, majorité ou minorité, malgré nos divergences politiques, nous poursuivon tous le même but:
«La liberté politique;
«L’émancipation des travailleurs.
«Vive la République sociale!
«Vive la Commune!
«signé :
«Ch. Beslay; Jourde; Theisz; Lefrançais; Eugéne Gérardin; Vermorel; Clémence; Andrieux; Serraillier; Ch. Longuet; Arthur Arnould; Victor Clément; Avrial; Ostyn; Fränkel; Pindy; Arnold; Jules Vallès; Tridon; Varlin, Gustave Courbet.»
«En votant pour le Comité de salut, je me suis réservé le droit de le juger.
«J’use de ce droit em ralliant à la “Déclaration de la minorité de la Commune”. Je veux avant tout le salut de la Commune.
«Léo Fränkel.»


«Si j’avais pu assister à la séance du 15 mai, j’aurais signé la “Déclaration de la minorité de la Commune”. J’en accepte tous les termes. Après avoir vu fonctionner le Comité de salut public, contre l’établissement duquel j’ai voté ainsi que mes collègues, je reste convaincu que les réminiscences de 93 n’auraient jamais dû entrer dans la Révolution sociale et prolétarienne inaugurée le 18 mars.
«Salut et fraternité.
«Le membre de la Commune, délégué au XVIIe arrondissement,
«B. Malon.»

Illustration 2
Commune de Paris, Arnould, Ostyn, Longuet, Theisz, Jourde, Arnold, Lefrançais, Vallès, Courbet, Fränkel, Andrieu, Avrial, Tridon, Vermorel, Pindy © Eloi Valat

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