Comment se fait le transport du bois au Congo

L'économie du Congo est basée sur plusieurs secteurs d’activités dont, le bois. Plus de 40 % des exportations de bois du Congo sont destinés à la Chine et environ 80 % du bois d’œuvre est destiné au marché européen. Cependant, comment est transporté le bois depuis les forêts jusqu’au lieu d’exportation ?

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Le transport du bois au Congo par voies navigables

On assiste depuis quelques années au développement des circuits d’exportation du bois au Congo. Certains circuits transitent par le Cameroun et la RDC, parce qu’en période d’étiage, le transport fluvial n’est pas possible. Cette période s’étend de mars à mai.

Le transport du bois par voie navigable se fait depuis les régions de production forestière dans le Nord-Congo et dans le sud du Cameroun, jusqu’au Congo Brazzaville. Ce transport est assuré par la DVNPTV (Direction des voies Navigables, Ports et Transport Fluviaux).

Les produits forestiers transportés par voie fluviale ont pour destination Brazzaville. Ensuite, ils sont portés sur le Chemin de fer du Congo Océan, avant d’atterrir au Port de Pointe-Noire. De là, le bois peut être exporté.

Par ailleurs, le transport fluvial du bois n’est pas assuré uniquement par la DVNPTV. On retrouve également quelques sociétés forestières et plusieurs sociétés privées qui effectuent ce transfert.

À Maluku, en amont du fleuve Congo, on retrouve à 35 km environ, un espace de stockage de radeaux de grumes, qui attendent leur acheminement vers le port, ainsi que leur chargement sur des wagons. Arrivés au port de Brazzaville, certains bois sont déchargés au profit de la consommation locale. Il s’agit des produits comme : les sciages, le bois d’énergie, les contre-plaqués, etc.

Le transport du bois par le Chemin de fer Congo Océan

Avec sa longueur de 510 km, le Chemin de fer Congo Océan s’étend de Brazzaville jusqu’à Pointe-Noire. Il assure le transport du bois qui provient du Nord-Congo. Il s’occupe également du transfert dans certaines régions dans le sud du Congo, depuis les gares de Bouansa, Dolisie et Loudima.

Les grumes sont les produits forestiers les plus transportés. Cependant, on retrouve aussi les bois transformés dont quelques-uns destinés à la consommation locale dans le Congo-Brazzaville et d’autres dont l’exportation se fait par Pointe Noire.

Lors du transport, l’acheteur émet une feuille de route, pour chacun des wagons affectés. Cette feuille de route permet au CFCO d’établir une déclaration d’expédition. Celle-ci sera utilisée comme base pour la tarification qui se calcule en fonction de la capacité déplacée. Depuis 1998, le trafic de bois par le CFCO est resté interrompu et n’a pu reprendre depuis 20 ans. Une interruption qui a été causée entre-temps par les troubles politico-militaires.

Il existe une autre voie ferrée de 285 km, qui relie Loudima au district de Mbinda. Elle permet d’évacuer les bois qui sont produits dans le sud-ouest du Congo, précisément dans les régions de Makabana et Mossendjo.

Le transport du bois dans le secteur informel au Congo

Dans le secteur informel, le bois est destiné uniquement à l’artisanat et à l’usage domestiques. Il se spécialise donc dans la production et la commercialisation du bois de service, du bois d'énergie, des produits ligneux et des produits non ligneux. Il n'existe donc aucune trace réelle de l'apport de ces activités dans l'économie du pays.

Néanmoins, des études fréquentes permettent d’estimer la consommation annuelle en bois de certaines agglomérations du Congo à 500.000 t. Il s’agit des agglomérations urbaines du Congo comme : Pointe Noire, Brazzaville, Nkayi et Dolisie.

Par ailleurs, on retrouve trois associations professionnelles regroupant chacune des entreprises forestières. Cependant, elles sont toutes mal organisées. Il s’agit de : UNIBOIS, UNIFOR et UNICONGO. Elles s’occupent également du transport et de la commercialisation du bois au Congo. Toutefois, elles ne produisent pas vraiment d’informations statistiques sur leurs activités.

Emile Ouosso

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