Qui aura le contrôle de La Poste ?

Un grand remaniement actionnarial se dessine à l'horizon pour le contrôle de la Poste.

Des échanges et des négociations ont lieu entre l'État et la Caisse de Dépôts (CDC) afin de déterminer qui aura cette mainmise. Selon Quotidien, « les négociations en cours pourraient constituer une nouvelle étape, en amenant l'Etat sous la barre des 50% du capital détenu en direct, tandis que la Caisse, institution financière publique placée sous le contrôle du Parlement, monterait à 60% environ ». Ce revirement de situation pourrait permettre à la CDC de rapprocher CNP Assurances et la Poste afin de donner naissance à un important pôle financier.

La Poste et un de ses fameux Renault Kangoo La Poste et un de ses fameux Renault Kangoo

Le contrôle des déviances

 

Depuis des années, la Poste cherche à obtenir des actions importantes du groupe CNP Assurances afin d'élargir son champ d'activités. Et dans ce cadre, elle détient environ 18% du capital de la société d'assurances. C'est la principale raison pour laquelle la Caisse des Dépôts tient impérativement à contrôler la Banque postale au détriment de l'Etat. Actuellement, la Poste est détenue par le gouvernement à 73,7% grâce à l'Agence des Participations de l'État (APE) et à 26,3% par la CDC. Le groupe détient environ 41% des parts de CNP Assurances, ce qui en fait l'actionnaire majoritaire de la société d'assurance. Il lui sera donc possible de maîtriser les risques et l'influence industrielle sur la Poste.

 

La CDC est un groupe qui a toujours œuvré dans le sens de l'intérêt général. Je pense que si le gouvernement contrôle la poste et a une grande influence sur elle, les conséquences seront énormes. Le principal objectif des gouvernements est de renflouer les caisses de l'État, et ce même si les conditions de vie de la population deviennent encore plus compliquées. Si le gouvernement arrive à gérer entièrement la Poste, les parts de CNP Assurances que détient le groupe seront utilisées pour augmenter les coûts et rendre le système encore plus capitaliste.

 

Les négociations se poursuivent, mais une issue n'est pas encore trouvée. Le gouvernement propose un contrôle partagé tandis que la CDC veut un contrôle exclusif. Les choses traînent, alors que le calendrier est serré. Au plus tard le 30 juin, le groupe doit annoncer la décision au cours des négociations. Mais la commission de surveillance doit forcément donner son aval. Et cette condition bloque la CDC. J'ai la vague impression que le gouvernement ne se bouge pas assez pour donner suite à la requête du groupe.

 

Les critères d'évaluation

 

Le directeur général de la CDC compte examiner le développement des participations en considérant trois critères : « l'intérêt à long terme de l'entreprise pour ses salariés et ses clients, l'intérêt général et l'intérêt patrimonial de la Caisse des Dépôts ». Il n'y a plus aucun doute, la CDC est la candidate idéale pour prendre le contrôle de la Banque postale. Contrairement au gouvernement, l'institution financière agit toujours dans l'intérêt de la Nation. Sa présente action s'inscrit également dans ce cadre.

 

Dans les rangs du peuple, le changement d'actionnariat de la Poste pourrait faire des remous chez les syndicats. Les associations de consommateurs, quant à elles, devraient manifester dans le sens de la privatisation par la CDC. Tous les cadres et employés de la société d'assurances doivent être convaincus du bien-fondé de cette démarche afin qu'ils instaurent une collaboration avec les travailleurs de la Banque et de la Poste. Toutefois, la réussite de cette opération n'est pas envisagée avant le printemps 2019. Pour que cela arrive, il faut nécessairement un article de loi. En définitive, les obstacles restent encore nombreux sur la voie de cette institution financière qui cherche à construire un important pôle public financier.

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