Nuages sans frontières devant l’Académie Française

De délicats nuages, ce lundi, pour la commémoration de Tchernobyl

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De délicats nuages réfléchissants. Gonflés à l’hélium. Dansant, virevoltant devant l’Institut de Le Vaux, l’architecte Louis XIV par excellence. Un peu de poésie dans un monde de Classiques ? Un peu de légèreté, assurément, devant tant d’ordres architecturaux.

Mais dans le vent, les nuages tournent. Et découvrent des inscriptions inattendues, roses. #un monde propre. Derrière, au niveau du Pont des Arts, une grande bannière rappelle Tchernobyl. Le gris métallique était truqué.

Utopie ? Contre-utopie ? Subtile inversion des signes, à tout le moins. On ne pouvait dire avec plus de grâce la séduction d’une énergie dite propre, et dont le revers hideux reste invisible… jusqu’à la catastrophe.

 

 PS : L’indistinction des signes se laissait d’autant mieux apprécier, ce soir-là, qu’à quelques dizaines de mètres, dans un contexte tout aussi classique, la conjonction des contraires s’opérait dans une vulgarité des plus étonnantes. Pressée de s’organiser avant même la clôture de l’exposition qu’elle accueille encore pour quelques jours, la Monnaie de Paris avait collé aux œuvres les plus tragiques de Jannis Kounellis – déchirantes en vérité – les blanches prémices d’un buffet des plus raffinés. Ah, l’extrême délicatesse ! Sans l’ombre d’un doute, nous étions bien à l’Hôtel de la Monnaie.

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