Des villages, près de Soueida…

La guerre civile en Syrie a violemment atteint hier la région druze, jusque-là plutôt préservée des combats. Images de villages (d’autres, les mêmes ?) en guise de deuil.

Des attentats. Des prises d’assaut. Plus de deux cents morts, hier, à Soueida et dans les villages de la région. La guerre frappe au cœur de ce Djebel druze qui sut, depuis le dix-huitième siècle, protéger la minorité religieuse venue s’y réfugier. Mais ces villages, à qui diront-ils quelque chose ?

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De Soueida, « la noire », qui tient son nom de la roche volcanique qui la constituait historiquement, je ne retrouve guère de photographies. C’est qu’il s’agissait d’abord d’y vivre. De goûter jour après jour la générosité de ses habitants. Aujourd’hui encore, je ne peux mettre Soueida dans l’atroce jeu de la politique et de la guerre syriennes. Je revois seulement mes amis, mes étudiants. Je pense à eux.

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Des villages, je garde quelques images, vides de toute présence la plupart du temps, plutôt sombres. On y voit cette roche si dure. Les merveilleux murets, comme de dentelle volcanique. Les maisons entremêlées de ruines, plus que les constructions nouvelles, sans apprêt. Le surgissement aussi, au cœur de cette austérité, de structures nettement romaines. Un temps long, bien au-delà de toutes les guerres.

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Les images sont roses, vertes, marrons… C’est ainsi que les développait, il y a vingt ans de cela, le photographe de Soueida. Cela nous enchantait. Et cet irréalisme, aujourd’hui, dit peut-être un peu celui du meurtre, surgi avec tant de violence en des lieux si éloignés du présent.

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De ces villages, je me souviendrai toujours des fêtes de noces où me conviait un de mes étudiants. On y dansait, loin des sonos de la ville, sur les derbakés et les flutes. Je n’en ai nul cliché. Il faisait nuit. Et pour moi, c’était le plus beau des jours.

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Puissent les nuits des noces revenir sur les villages du Djebel druze.

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