Marthe Bolda : le corps du devenir

Quelque chose mange le corps au présent, qui est le corps arraché aux fins et dont le ressourcement, cependant, est aux fins.

 

 

L’arrachement à la terre de ce corps, dont la terre est la matière rêvée des mythes, des chants et des poèmes chtoniens, est arrachement au devenir.

Ce qui sourd du devenir est la marche contrariée de l’entravé radical, l’acharnement à cheminer de celui que son pas rapporte au cycle matériel qui, le dévorant, le ressource à un sang dévoré par l’arrachement du geste.

Ce pas entravé par sa matière même, entre physique séminale et téléologie, fin de partie fertile, c’est une danse, c’est la danse pure, celle du mythe où l’arrachement du sujet distingué entre en dialogue avec l’immobilité nébuleuse de l’unité de l’être.

De ce pas empêché par sa matière même qui est une nuit portant au jour un jour cheminant vers son embrassement , Marthe Bolda, artiste camerounaise née en 1970, dit la chorégraphie et cette trace, ce résidu radical qui figure l’émulation de l’inflexion, de la cadence, du salut au monde et de la matière indistincte où ils se fondent et s’abolissent.

Voici un corps, celui de Marthe Bolda, danseuse et peintre, que mange et sacre passeur de beauté à la longe, son éternel devenir

 

 

Contact : boldatali@yahoo.fr

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