Je n’ignore pas et je ne souhaite pas ignorer :

 - Que la construction européenne a pour fondement théorique et pratique, toute considération bue, la quête d’une paix durable entre les peuples d’Europe et qu’elle est, en cela même, un bien commun cher et intangible ;

 - Que  l'indépendance de la parole internationale de la France n’en passe ni par une hostilité réflexe  aux États-Unis d’Amérique ou à l'Allemagne conservatrice  ni par une attirance morbide pour le gouvernement de la Russie ni par le goût de formes romantiques vintage de leadership national latino-américaines en situation d’échec patent ni par un  complotisme inepte cantonnant aveuglément les rapports de force internationaux à la dimension énergétique ;

- Qu’aucune réforme constitutionnelle ne saurait rompre en visière des pratiques politiques économes de considération de l’intérêt général ;

 - Qu’une présidence ne saurait s’exercer à plein titre que depuis la fabrication ouverte et généreuse, aux plans national et local, d’une majorité donnant voie à la capacité gouvernementale ;

 - Que les vertus et talents tribuniciens ne sauraient valoir capacité à exercer le gouvernement d’une démocratie confrontée à des situations internes et externes et complexes et dangereuses ;

- Que les vertus et talents tribuniciens ne sauraient valoir réalisation effective des promesses qu’ils portent ; que le temps est venu d’une congruence de l’exercice du pouvoir à la pétition d’intention électorale ;

- Que de l’aspiration à la paix, l’Histoire a amplement dit qu’elle pouvait fonder le meilleur et le pire ;

- Que la question des déficits publics et du financement d’une nouvelle politique de la demande et de l’investissement humain et écologique était une question ;

- Que la question de l’hospitalité aux migrations nouvelles était une question ;

- Que la question d’un nouveau pacte national relatif à la laïcité était une question ;

- Que la politique artistique et culturelle méritait qu’on en dît un mot, incarnât-on la culture ;

- Que la question de dépassement de l’émancipation par le travail était une question ;

- Qu’aucune victoire de la gauche ne saurait faire fond sur des coups portés à quelque composante que ce soit de la gauche ;

- Que le candidat Benoît Hamon a su mener une campagne digne, fine,  inventive et courageuse ;

- Que la radicalité sectaire des nervis d’un candidat lui est absolument imputable.

Je ne l’ignore pas, je ne souhaite pas l’ignorer et, ne l’ignorant pas, ne souhaitant pas l’ignorer, j’ai décidé, au regard du danger moral, civique ou démocratique en présence :

- De voter Jean-Luc Mélenchon le 23 avril;

 - D’appeler mes amis hésitants, d’appeler ceux qui aiment mes œuvres et qui hésitent, qui qu’ils soient, où qu’ils soient, à voter Jean-Luc Mélenchon le 23 avril.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Rigolant