Quelque chose comme la plaie du Christ par le miniaturiste Jean le Noir ou sa fille Bourgot.
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Et si cette blessure de l’étoffe, si cette exception à la règle nocturne illunée par la face, en toute logique mimétique, était l’événement, le clou, l’acmé, l’objet auquel la perception, épuisée par le va et vient entre respect du pacte irénique et ravissement par l’oscillation des traits était, pour finir, tenue de se rendre, comme au banc de sable le naufragé des robinsonnades ?
Et si l’invagination rouge du bras droit de Paul était tout l’enjeu de la rencontre qu’il propose. Et s‘il s’agissait pour lui de poser un regard pour qu’on s’en détournât vers cette muqueuse étrange.
L’in cute de Paul Caliari s’ouvre à l’irruption d’un sang qui est sa catastrophe, son coup, son prix.
Il y a, à fleur du front, du regard, de l’austérité apophatique du costume, à fleur de la peau du cadre, du sang qui roule.
Paul s’est peint en cénotaphe d’un sang qui guette, qui observe, d’un sang objecté, d’une conscience irriguée par une phusis vigoureuse.
Au reste, après la fraise, la tête aussi repose sur un linéament sang, à y bien regarder. L’on s’est peint en puissance décollée. Le corps supporte une tête qui s’y est ajustée depuis le sang et tout cela est gorgé de sang, de sang bien frais. Cette vie-là est double : elle est de la nuit physique sous de la brume incandescente d’âme. Mais la dualité est une de par le sang.
Nuit du corps, jour du front, sang partout, sang de tout lieu.
Paul Caliari est un animus, une anima, une virtù.
Partout, dans le sujet mi-parti, circule l’intensité du sang pur, de l’humeur claironnante : sous le sel matériel du posant, sous l’argent lunaire du considérant.
Celui qui vous connaît, celui qui vous sourit, celui qui vous méprise et que vous terrifiez, celui-là est plein d‘un sang par lequel il vous voit en voyant. Et ce sang lie en lui la manche et la conscience, la station et la connaissance, l’apparition et la recherche, la rencontre et l’herméneutique.
Paul Véronèse s’aliénant pose au regard sa question. Il est venu, à trente ans, peut-être un peu plus, la poser.
Celui que du sang bonde, afin que la solidarité entre le poids de corps et l’élan noétique s’allient, que peut-il bien connaître et craindre tout ensemble ? Que peut-il à la fois redouter et dauber si ce n’est son revers, son objection, l’étrangeté de son étrangeté ?