"ce que fait ce procureur porte un nom, c'est une obstruction à la Justice"

Dixit Maître Gillot, avocat de la Comptable. Dans l’affaire Bettencourt, nous avons dépassé le stade du « procureur ami » simplement complaisant avec un pouvoir exécutif auquel il est hiérarchiquement soumis.

 

 

La juge, Eva Joly dénonçait la semaine dernière un « procureur aux ordres » de L’Elysée, et force est de constater que les faits viennent chaque jours lui donner raison.

Après avoir obtenu des « rétractations » du témoin principal, notamment en ce qui concerne ses accusations directes à l’encontre de Nicolas Sarkozy.

Rétractations obtenues, il faut le rappeler, par des officiers de la Police Judicaire venus lui mettre « la pression » chez elle, en pleine nuit, sans la présence de son avocat.

Après avoir déniché des témoins contradicteurs, et après avoir en violation du secret de l’instruction, laissé filtrer le jour même lesdits témoignages et « rétractations » dans la presse,

Après avoir fait du zèle en mettant quatre personnes en garde à vue sans la moindre conséquences judiciaires,

Le procureur Courroye fait maintenant obstruction à la Juge Isabelle Prévost Desprez, en lui refusant l’accès aux fameux enregistrements clandestins et ce contre la décision de la cour d’appel de Versailles qui vient d’autoriser la juge à mener ses propres investigations.

Aucun journal cependant, pour faire état de cette mascarade, à part Médiapart.

Il est édifiant de constater que même le journal Le monde se contente de titrer de façon timorée « Le procureur courroye conserve la main sur le dossier » et d’employer le conditionnel en écrivant que le procureur Courroye « aurait ainsi refusé vendredi de fournir à la juge la retranscription des enregistrements pirates » citant ainsi Médiapart qui pourtant se donne la peine de publier des extraits écrits de la décision du parquet de Nanterre qui est elle catégorique.

Le verrouillage de cette affaire d’Etat se fait donc à tous les niveaux, judiciaire, médiatique, et politique, puisque force est de constater qu’il est peu de voix dans l’opposition pour s’élever contre ces manœuvres.

L’ avantage de cette affaire Bettencourt, c’est qu’elle constitue un excellent étalon de mesure. On peut maintenant jauger avec précision l’indépendance de nos médias, l’intégrité et le courage de nos hommes politiques, le degré d’indépendance de notre justice, et le sens de l’honneur de nos intellectuels.

Finalement, c’est un peu comme dans une guerre où chacun doit choisir son camp, avec ses collaborateurs, ses résistants, et pas mal de gens qui s’en foutent.

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