Médiapart et le journalisme, faits de société, parti pris

 

Le journalisme est l'activité qui consiste à recueillir, vérifier ou commenter des faits pour les porter à l'attention du public dans les médias. (Wikipédia)

Ce n'est donc pas réfléchir à la place du public ni encore moins ne pas vérifier les faits et/ou ne publier qu'une partie des faits.

C'est pourtant ce que fait Médiapart depuis quelques temps, je prends pour exemple deux articles récents et polémiques : les événements Corse (agression contre des pompiers puis agression contre un lieu de prière) et l'article sur les "violences policières" à Pantin hier.

Dans le premier cas, il s'agit d'un parti pris et il est donc plus compréhensible que le journaliste, en l'occurence Edwy Plenel, disserte sur sa position, il n'en reste pas moins qu'il a choisi et tenté de justifier qu'il n'était pas utile de parler de l'agression des pompiers alors même que c'est à l'origine de ce qui s'est déroulé, choix qui n'a pas manqué d'être discuté. Mais en raison d'une espèce d'islampphilie ambiante, l'agression des pompiers a été balayée, ce n'est pas une cause, ce n'est pas important, les pompiers apprécieront, le débat est faussé mais ce n'est visiblement pas un souci.

L'article sur les violences policières lui est un réel article, il n'est pas affiché comme parti pris. Le titre et le chapeau donne le là, une femme a été victime de violences policières. Indignation du journaliste, indignation de nombreux lecteurs en début de matinée, les flics sont tous des salauds etc ... Or en lisant l'article on réalise que d'une part on n'entend que la version de la femme qui se dit avoir été victime de violence mais vient à l'appui une vidéo. Pensant avoir à faire à une vidéo à charge, je la visionne, une fois, puis deux, puis trois sans toujours ne rien comprendre à ce qu'est censé prouver cette vidéo. Vidéo de 15 secondes, non authentifiée, ni datée par ailleurs, ou l'on aperçoit des policiers, certes interpeler plutôt violemment des personnes mais il est totalement impossible d'identifier qui que ce soit et surtout on apprend alors que cette vidéo amateur a été filmée à la fin de l'intervention, quid de ce qu'il s'est passé avant, aucune importance, le but étant de tomber à bras raccourcis sur les flics, le déroulement des événements n'a aucune importance. Enfin, dans la journée, le Procureur donne sa version des faits, bien entendu on s'attend à ce que l'auteur de l'article rajoute la déclaration du Procureur dans l'article et bien non là encore les dires d'un procureur n'ont aucun intérêt.

Avec de tels articles, la rédaction fait le choix de privilégier la polémique à l'information, fait le choix d'attaquer sans donner tous les éléments, fait elle le choix de donner au plus grande nombre de lecteurs ce qu'ils veulent lire, on est en droit de se poser la question.

Ce n'est pas ce que j'attend d'un Média dit indépendant, ce n'est pas du journalisme, autant Médiapart est au sommet dans ses investigations, autant en matière de politique et de faits de société ce n'est pas du journalisme. Médiapart a-t-il vraiment les moyens de couvrir en temps réel les fais divers ? Je ne pense pas, si ce n'est en publiant un article rempli d'inexactitudes et sans vérifications, ce n'est donc pas du journalisme.

Et quand dans des commentaires on essaie d'expliquer que justement l'article est à charge et non objectif, le mépris et les insultes fusent, Médiapart a dit que donc c'est forcément la réalité, plus aucune distance avec ce qui est écrit, aucune analyse.

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