Communiqué du collectif des Libertaires contre l'Islamophobie 26 aout 2016

Un été de haine: ripostons à l'islamophobie et au racisme d’État!

Communiqué du collectif des Libertaires contre l'Islamophobie: 
26 aout 2016

Un été de haine: ripostons à l'islamophobie et au racisme d’État!

Nous assistons ces derniers jours à une recrudescence des actes islamophobes et racistes. La cause directe de ces agressions, c’est le débat stérile à propos du "burkini" qui a mené à des arrêtés municipaux interdisant cette tenue de bain. Les verbalisations désormais concerne les femmes portant le hijab à la plage : les photos de la femme verbalisée et contrainte à retirer son voile à Cannes ont choqué au delà des frontières de la France. Pourtant, ça n'a pas empêché nos réactionnaires notoires de continuer dans la même direction. Encore une foi le corps des femmes est soumis à un contrôle de l’état, quand elles ne sont pas tout simplement victimes d’agressions.

Le prétexte donné à ces politiques réactionnaires, c’est la lutte anti-terroriste ; le "burkini" serait un vêtement « incompatible avec les valeurs de la République » selon Manuel Valls. Ce débat apparaît suite aux tueries de masses d’Orlando et de Nice revendiquées par Daesh, apparemment de manière opportuniste. Il apparaît aussi dans un contexte où l’état d’urgence a été prolongé de 6 mois, et où les perquisitions arbitraires chez les musulmans un peu trop « visibles » reprennent de plus belle. L’objectif de l’Etat et de ses médias n’est pas d’apaiser le débat mais de répondre à des logiques belliqueuses.
A côté de cela, on dépolitise la question du terrorisme en occultant complètement le contexte géopolitique dans lequel Daesh prospère, occultant nos graves responsabilités guerrières et impérialistes faisant croire que ce n’est qu’une question de religion, ce qui suffit à justifier l’islamophobie, l’état d’urgence, et la perte des libertés individuelles.

Il faut aussi se rappeler que ces polémiques stériles permettent de minorer les informations telles que la promulgation de la loi El Khomri qui a provoqué un énorme mouvement social ces derniers mois ou par exemple la proposition de loi par des sénateurs de gauche afin de cumuler plus de mandats.
De plus, les élections présidentielles approchant à grand pas, ces débats futiles nous rappellent dangereusement la campagne islamophobe de Sarkozy en 2012 et ne laissent présager rien de bon pour l'année qui vient.
A l’islamophobie d’Etat, s'ajoute la négrophobie d’Etat comme on a pu le constater avec la mort d’Adama Traoré lors d’un contrôle d’identité par des gendarmes. Malgré les révoltes que ce n-ième crime raciste a provoquées dans les quartiers populaires, le procureur s’obstine à mépriser la famille d’Adama en ne dévoilant pas les circonstances exactes de sa mort.
Le climat raciste s’exacerbe au sein même des populations, comme en témoignent la mort de Zhang Chaolin à Aubervilliers, les agressions de Roms à Marseille ou l’assassinat d’un imam aux États-Unis.

Si ce climat raciste doit tous nous préoccuper, c’est parce que nous avons conscience que le racisme profite aux capitalistes, les discriminations soumettant à la précarité et divisant les classes populaires, mais il profite aussi aux élites politico-médiatiques qui construisent leurs carrières sur ces tensions.
C’est pourquoi nous appelons tous les acteurs du mouvement social et notamment anti-loi travail à rompre le silence et à s’engager sur les questions qui touchent plus violemment les quartiers populaires comme l’islamophobie et les violences policières.
- Stop à l'islamophobie et à toutes les violences racistes, et en premier lieux le racisme d’état et ces crimes policiers!
- Stop à la politique guerrière et impérialiste de la France, et levée de l’état d'urgence!
- Finissons-en avec le capitalisme, l’État et les instruments politiques et économiques de ceux qui profitent constamment du racisme et des discriminations.

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