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Billet de blog 7 déc. 2021

Happy Dreams Hotel - Sur les traces d’un « Kafka » kurde

Alors que nous parlons des conditions épidémiques mondiales depuis 2019, fermetures, rencontres à distance avec nos plus proches parents, ami.es, rencontres et impossibilité de se rencontrer, réjouissons-nous d'un tout nouvel événement théâtral d’un jeune artiste kurde en exil : Happy Dreams Hôtel d'Aram Taştekin au Théâtre Berthelot – Jean Guerrin à Montreuil.

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Happy Dreams Hotel - Sur les traces d’un ‘Kafka’ kurde

par Engin Sustam

Alors que nous parlons des conditions épidémiques mondiales depuis 2019, fermetures, rencontres à distance avec nos plus proches parents /ami.es, rencontres et impossibilité de se rencontrer, réjouissons-nous d'un tout nouvel événement théâtral d’un jeune artiste kurde en exil : Happy Dreams Hôtel. Aram Taştekin se met en scène dans cet environnement chaotique, aux côtés de Neşet Kutas (percussions), au Théâtre Berthelot – Jean Guerrin à Montreuil.

Il propose un voyage littéraire et imaginaire dans le temps dramatique d’un vécu mélancolique (du passé au présent). L'action se déroule dans la vie quotidienne et ordinaire de Diyarbakir. Le spectacle est mis en scène et écrit par Elie Guillou d’après l'histoire d’Aram Tastekin.

Dans ce spectacle mêlant mouvements, chorégraphies et dialogues, nous avons pu apprécier la performance d’un jeune artiste tâtonnant dans une langue qui lui est étrangère. Mais il ne s’agit en aucun cas d’une expérience théâtrale brouillonne, mais plutôt d'une performance inspirée. En effet, les mots s’entrelaçant avec la musique et les dialogues créent un espace performatif et une action de mémoire mutilée à partir des histoires d’enfance de deux hommes à la recherche d’un pays lointain.

À l’encontre d’un certain cliché, le travail de l’artiste s’articule autour de pratiques, de son expérience et de ses stratégies singulières, en rupture avec l'exotisme. Les propositions scéniques de ce jeune talent tirent leurs forces d’une esthétique décoloniale, de ses arrangements entre le vécu, le regard, l’exil et la performance artistique.

Il a capturé son histoire personnelle dans son spectacle sur l’oppression politique de la subjectivité kurde en Turquie, laquelle a toujours été là mais que personne ne raconte jamais dans le champ de l’art du spectacle. C’est l’exil qui lui permet de matérialiser cette histoire fragile devenant une scène d’art. L’artiste marche sur les traces d’une géographie inédite où les rêves sont envahis. Il essaie de récupérer ses rêves dérobés qui deviennent une narration expressionniste jouée par un çîrokbej théâtrale (‘conteur’ en kurde).

Les monstres kafkaïens qui hantent nos rêves reviennent sur la scène. La pièce fantastique et fictive d’Aram Taştekin opère sa magie à Montreuil après un retard dû au Covid. Son spectacle est magique dans tous les sens : en voyageant entre les langues (kurde, turque, français), il revient sur son enfance, commencée par son exploration d’autres mondes, et nous entraîne dans son propre monde enfantin. Il utilise le pouvoir transformateur du théâtre pour nous mettre sur scène.

De retour dans sa ville natale rurale pour le spectacle et se rendant à un Kurdistan anéanti, l’artiste se concentre sur une enfance sans nom grandissant dans un territoire ‘inexistant’ sur la carte du monde. C’est pourquoi il raconte pendant une conversation avec sa mère qu'il voulait devenir astronaute pour aller sur Mars. Car, il veut créer une image de l’exil de ce pays ‘imperceptible’ comme durant le scène du spectacle qu’il imagine l’artiste [extrait du spectacle] : « Maman, je vais créer un Kurdistan libre là-bas. » alors que « Au Kurdistan, pour un sourire, on dit « un morceau de révolution. »

Taştekin tisse son spectacle presque comme s’il chevauchait sur les ailes d’un rêve enfantin. En plus de sa performance artistique, le rythme musical ascendant accompagné d’Erbane (Tambour kurde) est un appel à une autre nuit du Kurdistan.

Si l’artiste traite avec un sentiment de tristesse l’utopie et les réflexions actuelles d’une vie en exil, il n’en oublie pas la joie affective et l’esprit humoristique bakhtinienne.

Sa performance théâtrale est le souvenir d’une société sans état presque sortie de la guerre et de la destruction conflictuelle. Dans la pièce, qui raconte une enfance qui s’effondre dramatiquement face à une guerre sans nom, on découvre son monde enfantin volé par les appareils de l’État.

Son spectacle a une diversité ironique, décoloniale et jette un regard humoristique sur les phénomènes correspondant à son contexte politique kurde à travers sa performance. Taştekin essaie de thématiser son vécu enfantin et son aspect artistique sur les conditions sociopolitiques des Kurdes qui subissent une violence militariste. « Happy Dreams Hôtel » a eu un succès sans précédent dans le milieu de l’art théâtrale en exil et en France autour du jeu carnavalesque et de l’imaginaire enfantin.

Nous avons quatre caractères ou prototypes fictifs sur scène, son enfance et ses cousins dans les différentes temporalités et espaces vécus. Les dialogues avec ses deux différents cousins [celui qui est allé à la montagne kurde dans son enfance -c’est-à-dire à la guérilla et celui qui l'accompagne à Happy Dreams Hotel d’Antalya puis le rejoint à la guérilla], mettent l’accent sur l’image des personnages de sa génération qui se prépare depuis l’insurrection urbaine des années 1990 et qui a atteint son apogée de récit aux années 1990.

La performance rencontre l’image enfantine brisée, caractérisée par une distorsion irréaliste et un sentiment de danger imminent. L’artiste déploie les gestes comme réalisation du vécu enfantin, engage ici performativement le mouvement physique du corps et de vocabulaires instantanés avec son accompagnement. Nous voyons que la création théâtrale proprement artistique reflète l’expérience pathologique singulière d’un artiste (expérience de la guerre « réelle » prismatique) et l’inscrit de manière problématique sur la scène culturelle et sociale en Turquie.

Le principe de la scène, dans son temps imaginaire et ses cadrages étudiés, transcrit la réalité sociale d’un questionnement politique et d’une subversion artistique, tente de casser l’iconographie des vécus et les tabous politiques occultant la réalité vécue. L’artiste ne tombe pas dans le piège nostalgique de l’exil, il fait de l’exil une condensation, et se retrouve face à son passé traumatique. Ce traumatisme devient un jeu bakhtinien qui est immédiatement branché sur la politique kafkaïenne de l’imaginaire kurde.

Cette subversion dramatique mène à un langage humoristique qui porte sur le rôle du lecteur carnavalesque de l’impossibilité d’être kurde au milieu de la violence institutionnelle en Turquie illustrant l’indépendance satirique sur la réception politique. Avec toutes les images, scènes, performances affirmatives, l’artiste joue le drame de l’impossibilité kurde et de l’indestructibilité de l’affect d’une société brisée par la tragédie coloniale.

Dans son univers d’artiste, la sensation de cette impossibilité d’appartenir à un peuple sans état, s’associe à celle de relativité des vécus frappants et de la vérité traumatisante. C’est comme si nous sommes dans un pays imaginaire perdu et tout semble être pris dans l’éclat d’une lanterne magique à travers le filtre du temps des nuits kurdes. Ce qui s’est passé ainsi, les dialogues, les rythmes d’Erbane déversés sur la scène sont comme un fantôme flottant dans la noirceur de la scène face au despotisme des vécus pathologiques. Cela nous rappelle la fantasmagorie folle qui défie les lois de la normalité décrit dans le livre ‘Histoire du communisme racontée aux malades mentaux’ de Matéi Visniec.

Dans sa performance théâtrale, qui se concentre sur les bouleversements sociaux dans la vie des Kurdes dans la période récente avec une vue singulière, l’artiste a utilisé le style du théâtre folklorique avec sa recette créative spontanée par des dialogues (des découpages de la temporalité et de l’espace), bien qu’il ait agi avec la technique de montage classique de la comédie occidentale : un humour bien kafkaïen. La performance flotte dans une dualité sur plusieurs niveaux, stigmatisation et approbation, objectivité et subjectivité, réalité et fiction, réalité et absurdité.

On est ici face à une performance qui exprime la marche d’un rabaissement parodique dans son temps sur les vécus : la découverte de Coca Cola dans une ville touristique en Turquie (à Antalya où le racisme ‘anti-Kurde’ ou anti-migrant persiste), le découpage pathétique entre deux prénoms originaux et officiels : [extrait du spectacle]

« Aram à la maison kurde et Ikram à l’école’ (un espace panoptique) comme son père lui rappelle avec un discours discret sur la route vers le village « Aram, dans ce pays, nous les Kurdes, on a deux prénoms : le prénom du village et le prénom de l’Etat. Le premier c’est en Kurde, le deuxième c’est en Turc. Quand tu parles avec des Kurdes tu t’appelles Aram ; quand tu parles avec l’Etat, tu t’appelles Ikram. T’as compris ? ».

La vie d’un enfant né pendant une guerre sans nom où le soulèvement d’une subjectivité brisée se montre, signifie en quelque sorte une tragédie bifurquée et assez politique qui transgresse les lois du contrôle étatique dans les établissements (expérience théâtrale dans son enfance à l’école avec un enseignant nationaliste devant les soldats) et nous montre des vécus spleenétiques par le biais d’une performativité théâtrale : (rappel d’une pièce théâtrale pendant son enfance à l’école).[extrait du spectacle]

« Quand je me réveille, toute l'armée turque rigole de moi. Dans le vestiaire, un garçon me demande : - Hey Machabbée ! Tu reviens demain ? - Non. J’ai décidé d’arrêter ma carrière. »

Ceci donne une critique ainsi sur la fragilité symphonique de l’invisibilité kurde et sur la situation des exilés « périphériques ».  L’artiste critique toujours les clichés dans la culture populaire et les tabous avec un humour noir artistique. Il s’attaque à certaines questions des tabous républicains et nationalistes turcs pour montrer comment la pathologie nationaliste s’exerce sur les corps enfantins en Turquie, ceux des cérémonies nationales sur la première guerre mondiale, la chute ‘traumatique’ de l’Empire Ottoman et ainsi la ‘fameuse’ victoire de la guerre de Çanakkale face aux grecs, français et anglais. 

Ceci est exactement un enjeu carnavalesque du dialogisme dans la performativité de l’artiste où le prénom kurde, l’existence kurde dans une histoire turque de guerre déploient une manifestation du langage satirique face au récit officiel de la Turquie, brisent le triomphe des tabous et des règles nationalistes turques.[extrait du spectacle]

« Le prof : « Les enfants : en 1917, le fondateur de la République de Turquie, Atatürk, a écrasé les Français dans une bataille. C'était laquelle ? Canakkale ! Voilà. Cette année, on va jouer la bataille de Canakkale. Les garçons, vous jouez les soldats. Les filles, vous jouez les infirmières. Et moi, je joue Atatürk. ». Mon cousin me dit : « On va jouer pour Ataturk ? Nous ? » Moi, je suis pas sûr. Je veux pas jouer pour Ataturk mais je veux être Yilmaz Guney. « Peut-être on peut jouer les soldats français ! »

En effet, le personnage Aram prononce une collectivité verbale grotesque qui passe obligatoirement par la politique, est aussi une forme de renversement et une déviation de la norme incarnée par l’institutionnalisme et le pouvoir de la culture majeure : la colonie et l’interdiction de la langue kurde.  L’artiste visualise dans ce travail une réflexion politique, engagée en désopilant le discours du pouvoir (par la satire, la blague, la dérision ; le regard délibérément souriant) sur la notion emblématique de ‘terroriste’ (le vocabulaire trompeur) nommant un peuple invisible. Cette démarche de stigmatisation s’affiche dans une scène parodiant ‘un astronaute kurde sur Mars’. [extrait du spectacle]

« Il y a dix jours, la maman de notre stagiaire, elle a collé l'affiche de notre spectacle devant le poste militaire. En sortant, le soir, le commandant militaire s'est arrêté : « Hmmm, un Kurde sur Mars... c'est impossible, il y a un message caché ! C'est une métaphore ! Il ne va pas sur Mars, il va sur la montagne ! C'est de la propagande de guérilla ! » Il a dit à ses soldats : « Ça, c'est un spectacle de terroriste ! » Et au check-point les soldats ont menacé tout le monde avec notre affiche : « Ça, c'est un spectacle de terroristes ! Si vous y allez, attention à vous. » Et tout le monde : « Quoi ? Un spectacle de propagande ? On ne savait pas ! Vite, vite réserve ! »

Le spectacle en tant qu’image émouvante et devient une critique de représentation d’un artiste qui transforme l’exil comme la scène théâtrale en utilisant la réception de l’absurdité ou du fétiche symbolique du nationalisme turc (le foulard emblématique kurde : vert, rouge et jaune, etc.). Les dialogues et tragédies des artistes sur scène nous entraînent sur scène à la surface de cette pièce performative composée d’histoires vraies, de souvenirs d’ombres et d’images projetées.

Le comédien kurde a créé une pièce parfaite qui encapsule les mouvements de chaque souvenir de son enfance, ajoutant une aura distincte à chacun sur la scène noircie. L'environnement sombre, la photo de Yilmaz Güney et la musique rythmée accompagnant la pièce sont également tout à fait remarquables. Le metteur en scène kurde Yilmaz Güney, décédé en exil en 1984, est ressuscité 36 ans plus tard sur une scène de théâtre jouée ainsi en exil.

Avec Happy Dreams Hôtel, nous poursuivons une performance décolonisée sur les vécus pathologiques issue de la guerre et du conflit militaire qui, au-delà de son efficacité esthétique et de sa fonction théâtrale, valorise une contre-culture kurde sur la scène. Tristesse, traumatisme, ironie, deuil, exil, désir et mots se fondent dans la performativité de l’artiste.

L’artiste dérive de la tradition nostalgique dans son spectacle, s’attache à la machine de l’exil qui devient éternellement un desexil. Les mots, gesticulés émotionnellement dans les viscères corporels de la performance, étouffent dans leur esprit pour s’articuler à travers un corps mutilé chargé par l’oppression politique et le refus identitaire. Ce refus et cette oppression finissent par prononcer la liberté émancipatrice dans des dialogues significatifs.

Le spectacle de Tastekin crée une esthétique de la résistance d’un Kafka kurde qui a visité les rues de la ville de Diyarbakir à travers la mémoire et le conflit. Rassemblant l’histoire de la violence et de la comédie, l’artiste propose une performance originale et intrigante qui amènera le public à penser différemment sur l’invisibilité, l’oppression et la disparition. ‘Happy Dreams Hôtel’ n’est pas seulement un hôtel, c’est un endroit où nous avions l’habitude de cacher nos rêves, la magie d’un pays ‘lointain’, l’étoile d’une étrange conversation avec ce pays imaginaire. Dans quels rêves sommes-nous, Happy Dreams Hôtel est-elle l’histoire des immigrés et de ceux qui ont la voix réduit au silence ?

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