Enzo Lolo
Abonné·e de Mediapart

48 Billets

0 Édition

Billet de blog 24 oct. 2021

Suspendue, sans salaire ni allocation, dans le silence de la société

Je publie le texte que m'a fait parvenir Camille C, soignante suspendue.

Enzo Lolo
Abonné·e de Mediapart

Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

Suspendue, sans salaire ni allocation
dans le silence de la société

Le 15 septembre 2021, ma vie a basculé

Je m’appelle Camille C.

Je suis psychologue.

J’exerce depuis vingt-huit ans dans le service public auprès d’enfants, d’adolescents et de leur famille.

Le 15 septembre, la cadre de santé m’a remis une lettre de la direction dans laquelle elle me signifiait ma suspension.

Comme mes collègues non vaccinés, j’ai dû quitter mon poste, mes patients et mes collègues vaccinés le matin même.

Le 15 septembre, brutalement, toutes mes thérapies ont été stoppées.

Certains des enfants dont je m’occupe souffrent de pathologies lourdes, d’angoisses massives. Eux et moi étions en plein travail. Ce travail basé sur la confiance tissée lentement au fil des années a explosé en plein vol.

Mars 2020, premier confinement

Afin de ne pas rompre la continuité des soins, mes collègues et moi avons proposé de télétravailler, faire des entretiens par téléphone, de rencontrer des patients à l’extérieur. La direction l’a accepté.

Avril 2020

Avec des collègues, je me suis portée volontaire pour effectuer sans masque (car il n’y en avait pas encore) des permanences.

J’ai également effectué des entretiens auprès de familles en situation de traumatisme avec masque, (dès leur arrivée dans les services) et distanciation sociale.

Certains de mes collègues ont été contraints de travailler en étant positif au Covid.

Septembre 2021

Comme mes collègues qui ne se sont pas soumis au passe sanitaire, bien que testée négative au Covid19, je n’ai plus le droit de travailler.

Comme tous mes collègues non vaccinés, je suis interdite de télétravailler.

Alors que dans ce contexte de crise sanitaire les enfants sont en grande souffrance psychique et ont besoin de soins, que dans les structures psychiatriques telles que les CATTP et les CMP, la liste d’attente augmente, alors que les mesures de distanciation sociale (masque, gel hydro-alcoolique, et distance de plus d’un mètre) sont respectées, le gouvernement fait le choix de privilégier l’obligation vaccinale aux dépens de l’obligation de la continuité des soins.

Est ce la seule solution ? Pourquoi ne pas proposer, par exemple, des tests salivaires à tous les soignants vaccinés-non vaccinés ?

Comment comprendre les choix du gouvernement ?

Ces dernières années les mesures prises concernant l’hôpital ont déjà fortement impacté et compliqué le travail des soignants et mis en difficulté les patients. Avions nous besoin de cela ?

Comme la majeure partie des non vaccinés au covid19, je ne suis pas opposée aux vaccins d’une manière générale. Mais ceux proposés actuellement en France utilisent un procédé de fabrication inédit et trop de paramètres sont encore inconnus.

Les autorisations de mise sur le marché sont provisoires, les essais cliniques encore en phase 3, et ce jusqu’à 2023.

Nous n’avons pas encore beaucoup de recul sur ce vaccin. On nous dit qu’il permet d’éviter les formes graves et les hospitalisations. Nous savons maintenant que le vaccin n’empêche pas la circulation du virus, les vaccinés peuvent en être porteurs, le transmettre, en être malades.

Par ailleurs, quid des effets secondaires à court, moyen, long terme pour tous ?

Pourquoi le gouvernement n’a-t-il pas incité à la vaccination uniquement la population à risque de forme grave et celles et ceux qui désiraient être vacciné·es ?

Pourquoi en France seuls les vaccins ARN sont disponibles alors qu’il en existe de plus classiques, comme le chinois ou le Valneva par exemple ?

Pourquoi aucun médicament pour soigner n’est encore sur le marché ?

Pourquoi ne pas respecter le choix de chacun ?

En tant que psychologue, mon travail consiste à être à l’écoute de l’autre et à l’aider à être à sa propre écoute. Dois-je renoncer à m’écouter ?

Dois-je aller contre ma propre volonté, signer une déclaration de consentement éclairé avant de me faire vacciner avec un vaccin à ARN messager, dans le seul but de ne pas perdre mon emploi ?

Dois-je me soumettre à une loi votée le 5 août dont je ne comprends pas la logique ni l’intérêt ? Dois-je obéir à un gouvernement à qui je ne fais aucunement confiance et qui va jusqu’à m’imposer d’injecter dans mon corps un produit dont le procédé est inédit et dont je ne connais pas la composition complète, d’autant que j’ai peu de risque de faire une forme grave ?

A qui appartient mon corps ?

Dois-je me soumettre à ces directives incohérentes ? Ne plus penser ? Renoncer à ce qui fait l’essence de mon travail ?

Comment pourrais-je me faire vacciner et reprendre les séances avec mes patients sans renoncer à ma vérité, celle qui me guide dans mon travail avec les enfants et leur famille ?

Quel choix ai-je ?

Combien d’enfants, d’adultes, ont vu leurs soins suspendus, leurs prises en charge arrêtées brutalement ?

Combien ont vu leur famille, leur cercle d’amis, leur syndicat, leur équipe de travail se fracturer sur la question de l’obligation vaccinale et du passe sanitaire ? Ce dernier bafoue les lois du secret médical et du droit inaliénable au travail.

Combien de collègues sont allés tendre leur bras, contre leur volonté, la mort dans l’âme, pour pouvoir reprendre le travail ?

Est ce la mission d’un gouvernement de diviser son peuple ou au contraire, n’est elle pas de le rassembler ?

Vaccinés, s’il vous plaît, respectez notre choix comme nous respectons le vôtre.

Soutenez-nous. Unissons nous. Nous avons besoin de vous.

Guidés par le principe de précaution et la balance bénéfice / risque, nous, non vaccinés et/ou farouchement opposés au passe sanitaire, subissons de la part du gouvernement une violence innommable.

Nous sommes suspendus.

Sans travail, sans salaire, sans allocation, sans aucun droit…

Comment payer nos factures, assurer l’éducation de nos enfants… Imaginez-vous notre détresse ?

Asphyxiés socialement dans le silence des grands médias, punis, comme des criminels pour refuser une injection encore en essai thérapeutique,

Qui va finir par nous entendre ?

Bienvenue dans le Club de Mediapart

Tout·e abonné·e à Mediapart dispose d’un blog et peut exercer sa liberté d’expression dans le respect de notre charte de participation.

Les textes ne sont ni validés, ni modérés en amont de leur publication.

Voir notre charte

À la Une de Mediapart

Journal — Migrations
Husain, Shahwali, Maryam... : ces vies englouties au large de Calais
Qui sont les vingt-sept hommes, femmes et enfants qui ont péri dans la Manche en tentant de rallier la Grande-Bretagne ? Il faudra des semaines, voire des mois pour les identifier formellement. Pour l’heure, Mediapart a réuni les visages de dix de ces exilés, afghans et kurdes irakiens, portés disparus depuis le naufrage du 24 novembre.
par Sarah Brethes (avec Sheerazad Chekaik-Chaila)
Journal
2022 : contrer les vents mauvais
« À l’air libre » spécial ce soir : d’abord, nous recevrons la rappeuse Casey pour un grand entretien. Puis Chloé Gerbier, Romain Coussin, et « Max », activistes et syndicalistes en lutte seront sur notre plateau. Enfin, nous accueillerons les représentants de trois candidats de gauche à l'élection présidentielle : Manuel Bompard, Sophie Taillé-Polian et Cédric van Styvendael.
par à l’air libre
Journal
LR : un duel Ciotti-Pécresse au second tour
Éric Ciotti est arrivé en tête du premier tour du congrès organisé par Les Républicains pour désigner leur candidat ou leur candidate à l’élection présidentielle. Au second tour, il affrontera Valérie Pécresse, qui a déjà reçu le soutien des éliminés Xavier Bertrand, Michel Barnier et Philippe Juvin.
par Ilyes Ramdani
Journal — Justice
La justice révoque le sursis de Claude Guéant, le procès des sondages de l’Élysée rouvert
La justice vient de révoquer en partie le sursis et la liberté conditionnelle dont l’ancien bras droit de Nicolas Sarkozy avait bénéficié après sa condamnation dans le scandale des « primes » du ministère de l’intérieur. Cette décision provoque la réouverture du procès des sondages de l’Élysée : le tribunal estime que Claude Guéant n’a peut-être pas tout dit lors des audiences sur sa situation personnelle.
par Fabrice Arfi et Michel Deléan

La sélection du Club

Billet de blog
Le bocal de la mélancolie
Eric Zemmour prétend s’adresser à vous, à moi, ses compatriotes, à travers son clip de candidat. Vraiment ? Je lui réponds avec ses mots, ses phrases, un lien vidéo, et quelques ajouts de mon cru.
par Claire Ze
Billet d’édition
2022, ma première fois électorale
Voter ou ne pas voter, telle est la déraison.
par Joseph Siraudeau
Billet de blog
L'extrême droite a un boulevard : à nous d'ériger des barricades
Un spectre hante la France… celui d’un pays fantasmé, réifié par une vision rance, une France qui n’a sûrement existé, justement, que dans les films ou dans les rêves. Une France muséale avec son glorieux patrimoine, et moi je me souviens d’un ami américain visitant Versailles : « je comprends mieux la Révolution française ! »
par Ysé Sorel
Billet de blog
Ne lâchons pas le travail !
Alors qu'il craque de tous côtés, le travail risque d'être le grand absent de la campagne présidentielle. Le 15 janvier prochain, se tiendra dans la grande salle de la Bourse du travail de Paris une assemblée citoyenne pour la démocratie au travail. Son objectif : faire entendre la cause du travail vivant dans le débat politique. Inscriptions ouvertes.
par Ateliers travail et démocratie