Comment l’ONF dégrade la forêt et le climat

Simple promeneur en forêt de Fontainebleau, je constate récemment l’abattage de 100 magnifiques arbres dans un secteur. 100 chênes c’est 7 millions de feuilles et dix millions de litres d’eau qui ne seront plus pompés du sol et diffusés dans l’atmosphère chaque année et une quantité tout aussi significative d’oxygène en moins et de carbone en plus dans l’atmosphère...

A travers deux promenades récentes en ce mois de mai 2018 en forêt de Fontainebleau, puis en forêt de Ville d'Avray, j'ai constaté qu'un nombre important de grands chênes, hêtres principalement et autres espèces avaient été abattus ou étaient marqués pour l'être.    

J'ai ainsi croisé le 8 mai avec tristesse pas moins de cent fûts allongés en forêt de Fontainebleau à proximité d'un site d'exploitation de l'ONF.

Ces 100 grands arbres (qui ne sont qu'un petit sous-ensemble de ce que le l'ONF abat) représentent un total d'environ 70 000  fois 100 ,(source Archibald Quartier ) soit 7 millions de feuilles. L'arbre nous apporte oxygène et humidifie l'air à travers les échanges se faisant à travers les feuilles, c'est également à travers les feuilles qu'il capte le carbone.  

Donc, quand l'ONF abat dans ce cas précis 100 arbres centenaires pour faire "vivre la filière bois", il supprime environ 5 à 7 millions de feuilles d'un coup et toujours selon le même auteur environ 10 millions de litres d'eau ne sont plus vaporisé dans l'air chaque saison et restent ainsi dans le sol. De même le CO2 n'est plus capté dans les même proportion et l’oxygène n'est plus fabriquée dans les mêmes proportions. Donc le sol reste trempé et l'air plus sec. Le climat change et la foret se dégrade encore plus avec un effet boule de neige.   

La replantation de quelques petits arbres sur la parcelle dites de "régénération" en place des géants abattus ne donnera qu'un faible nombre de feuilles les premières années. Le bilan global sera très négatif pour l'air que nous respirons et pour l'avifaune. Mais l'ONF voudrait nous faire croire qu'avec un arbre replanté pour un arbre abattu nous sommes dans un modèle durable. C'est bien évidemment faux, car de 7 millions de feuilles nous passons à quelques centaines soit à bien moins de 1% sur ce périmètre pendant les premières années.  Et comme chaque année les abattages se perpétuent, le bilan tourne vite à une déforestation masquée de la forêt française rendant la forêt de moins en moins vivante comme l'explique Peter Wohlleben  qui montre que les arbres communiquent entre eux et que les anciens ont un rôle prépondérant pour soutenir les plus jeunes. Moins vivante,  moins bonne source d’O2, de captation du CO2 et d'humification de l’atmosphère... 

Quel monde voulons nous ? Une forêt vivante ou des champs d'exploitation de bois. Moi, je choisis clairement le premier et je pense que nous n'avons pas mesuré l'impact sur le climat de cette politique d'abattage et de soit-disant parcelles de régénération que nous sert l'ONF sur ses panneaux.

D'autres lecteurs sont-ils sensibles et peuvent ils m'apporter leur réponse à cette question de la dégradation qualitative de nos forêts ?

Est-ce qu'une enquête publique pourrait être menée sur ce problème ?

Pouvons faire confiance à l'ONF à partir du moment où cette organisation a des buts productifs et commerciaux ?

Pourquoi la forêt n'est-elle pas gérée par une organisation de conservation indépendante publique ?     

Voir aussi : Non,la chine ne pille pas la forêt française

Voir également ce qui se passe en Pologne à Bialowieza .

Note: il ne faudrait pas minimiser ce qui se passe en Europe, même si cela est moins grave que l’abattage de la foret vierge en Amazonie et en Indonésie. 

 

fûts de chênes abattus par l'ONF à Fontainebleau fûts de chênes abattus par l'ONF à Fontainebleau

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